‹ La Légion étrangère de 1831 à 1887Chapitre 63 sur 117 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

i:n AFniQUE (18G2); au Mexique (18G3).

Travaux «rorj^niiisalinii du noiiv(*aii régiment. — Le colonel «Icaïuiiiipros proml le roinraandnmeni du régiment. — Déclamlion do giirrrr au Mexique. — Pétition des offiriers du Régiment élranfT'M-. - - L«' régiment forme drux bataillons qui sont envoyés au ^ïoxique. — Ordres de détails avant l'euibarquement. — Arrivée à la Vera-Ouz. — Le régiment est cliurgé de la polico dans les Terres chaudes. — Fièvres paludéonnes et vomito-negro. — Combat de C.'iMieiou»'. — Rrill.Mul (ail d'arnu'S et dél'eusJî liérmquo drs IjCgionnair«'s. - \,\\ mnu \\\\ (JaiurrouM sera iusr.rit sur lo ili*apeau. — Lo roloiinl .leainiinj^'rns est noinuié au rommand«Muent supérieur de la Vrra-Cruz. — Prise do (loslaUa par le capitaine Saussier. — Situation rritiquo. — Il trompe rpum'uii c»t regagne Passo-del-Maclio sans p« rl«»s. — Mi.rt du «ouïniaudaut Ligior. - Formation de compagnies franelips. — Kilos sont licenciées. — Formation do la contre-guérilla Dupin. — Inertes du régiment depuis son débarquement à lu Vera-Cruz.

Les premiers jours de rannée 18G2 sont consacrés à Tapplicatioii du décret du 14 décembre 1861, licenciant le 1*"' régiment étranger et à l'organisation du nouveau régiment. Les honnnes qui profilent des avantages que leur accorde la circulaire ministérielle du 30 décembitî sont renvoyés dans leurs foyers par anticipation. Le 29 janvier, ou incorpore les militaires venant du 1*' régiment, ainsi (jue Ips ofliciers. Le nouveau régiment reçoit 4 capitaines, 4 lioulen.inls et 7 sous-lieutenants venant du 1" régiment, ces oUlciers sont mis à la suite et sont replacés au fur et à un sure des vacances qui se produisent.

Comme l'année précédente , le régiment occupe les mêmes posles et les compagnies sont disséminées partout où la main-d'œuvre militaire est nécessaire.

M. le colonel Jeanningros prend le commandement du régiment en rempLicement du colonel Butet, nomnu^. commandant de place à Oran.

A la lin de l'année, un fait grave se produit. Apprenant que les zouaves vont faire la campagne du Mexique, les officiers subalternes du régiment adressent à l'iilmpereur, sans passer par la voie hiérarchique, une pétition tendant à obtenir l'honneur de faire cette nouvelle campagne.

Le général commandant la division est obligé de rappeler les plus anciens officiers de chaque grade à l'observation dos règlements'.

Kn passant son inspection générale, le général Deligny promet de prendre bonne note des vœux du régiment et de les appuyer fortement près du niinisti*e de la guerre.

1863. — Colliî doniarcho est conronnôn de su<ti:cîs : le 19 janvier 18G3, le colonel recevait Tordre de relever immédiatement les détachements et de préparer deux bataillons qui devaient se tenir prêts à partir pour le Mexique.

D'après l'ordre du ministre, les troupes x)*'ii'tantes devaient être à l'elfectif de 2,000 hommes et comprendre

2 bataillons à 7 compagnies, la compagnie IIR el la musique. Chaque homme devait être pourvu de tous ses effets d'habillement, d'équiponicnt, d'armement et avoir le sac an grand complet. De plus, il devait être emporté une réserve d'effels d'habillement pour une année : 3 chemises,

3 paires de souliers, 3 paires do guêtres ; un demi-approvisionnement de grands bidons, grandes gamelles, etc.,

1. 1.0 mémo fait s'est reproduit lors do la guerre du Tookia ;*il n'y eut lias «i'umcieni de punis, mais le régiinonl n*ost pas parti. Autres temps, aulros mœurs.

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etc.; un dixiôino do leiilosabris nt de domi-coiiverluivs. Tous ces colis devaient rtre embalU'S aven soin et susceptibles d'ôtrc transportés par des mulets.

liubîpendnninient d(îs cartouclies individuelles, cliariue liomnic devait emporter una réserve de GO carîouches. Une demi-entrée en cmipa^nio est allouée aux ofTiciers.

Les bataillons emmènent leur© mulets de bât. Les cantines sont prises dans les m igasins de Sidi bel-Abbès. Le nombre des mulets affeclés an régiment est de 37 : 4 sont destinés à l'état-major du régiment, 28 pour les 14 compagnies, 4 pour la eompLibililé et l'ambubuice el 1 pour la caisse» d'outils de rafinnrier.

lios deux bataillons quittent Del-Abbès les 26 et 28 janvier pour aller compléter leurs préparatifs à Mers-el- Kébir.

Le 7 février, le général Deligny en passe la revue^ En quelques belles paroles, il fait ses adieux au régiment, lui rappelle son glorieux passé et lui in<lique sa future liguj» de conduite.

Le 9, le 1" bal ail! on, avec le colonel, s'embarque sur le SaiîU-Louis, Son circîctif est do 21 olïiciers, 7G1 Jiommes de troupe et 3 cantiniè'es.

Sur le Wiujvmn prennent p:issage le lieulenant-colonel et le 2" bataillon à l'eirectif de 27 ofïïciers, 071 hommes et f) cantinières.

L«î f) nnrs, les deux navires mouillent en rade de Fonde France, les liommes sont débarqués pour leur permettre de se nettoyer et de se reposer. Réembarqués le 11, ils arrivent le 25 en rade de Sacrificios et débarquent, le 28, à Vera-Cruz.

liO ré;2:iment est désigm» pour faire partie, avec le 7' do ligne, d'ime brigade de réserve, aux ordres du général Fore y.

C<dui-ei, noinmé eomniatidant en rlief du corps expéditionnaire, avait, ave(î d'énormes difficultés, concentré à Orizaba les diMix divisions destinées au siège de Puebla et

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appelées à venger l'échec du général de Loreucez devant celte ville, le G mars 1862.

Le V décembre 1862, le général Forey avait mis ses colonnes en route et pris pied sur les premiei*s étages des hauts platctiux. I/invostisseniont de Puobla commonrail le 16 mars 1863.

Les communications entre Piiehla et Vora-Cruz, qui servait de base aux opérations des colonnes, étaient toujours inquiétées par les guérilleros ; aussi, malgré les démarches du colonel Jeanningros, qui avait sollicité pour sou régiment rhonneur de concourir au siège de Puebla, le général Forey nommait le colonel commandant supérieur de Chiquihuite et le chargeait de garder les Teri-es chaudes, d'assurer la ligne de communication de l'armée, d'escorter les convois, de protéger les travailleurs do la ligne du chemin de fer que l'on construisait de la Vera-Cruz à Orixaba, de faire des colonnes mobiles et enfin de veiller à la sécurité des détachements et des courriers.

On voit i)ue si la tâclio du régiment était moins brillante que celle des troupes employées au siège de Puebla, elle était complexe et d'une grande utilité.

Le régiment rcsle à la Vera-Crux jusqu'au 31 mars. Il proilte de ce séjour pour compléter sou organisation et former un petit dépôt sous les ordres du lieutenant Lèbre.

Les honunes emploient ces quelques jours pour visiter la ville. Ce qui les frappe surtout, c'est l'accueil plus que froid que leur fait la population. Les Mexicains ne cachent pas leur mauvaise humeur, que seule la vue des baïonnettes françaises empéciie de tourner en agressions et en rixes.

La quantité de petits vautours zopilotes qui sont seuls chargés du nettoyage des rues et de l'enlèvement des immondices exriie au plus haut ]Hiint la curiosité des soldats.

Au dehors de la ville, le pays est plat et sans culture ; pendant la saison des pluies, il devient un immense mare-

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cngc, OÙ régnent constamment les fièvres et le vomitonegro ; aussi, les gens qui Thabitent sont-ils misérables^ d'aspect chétif et souffreteux. Le rio de Cliiquiliuite forme la limite des Terres chaudes ; au delà, se trouve im premier plateau qui est la région tempérée ; Cordova est environ à 900 mètres d'altitude. On trouve alors des ciiamps de canne à sucre, de caféiers, de bananiers, au milieu desquels sont bâties de riches haciendas.

Un autre plateau plus élevé, celui d'Orizaba, s'étend jusqu'au pied des Combres, grande chaîne de montagnes qui soutient la région des Terres froides, on Ton cultive le l)lé ot le maïs à environ 2,200 mètres d'élévation.

Le 1" avril, le régiment se rend à Tejeria. Sous le commandement de son chef, M. Munier, le 2* bataillon est réparti entre la Tejeria et la Soledad, dont le lieutenantcolonel Giraud a le commandement supérieur.

Le 1" bataillon occupe les postes depuis Passo-del- Macho, Chiquihuite jusqu'à l'Atoyac, dont le colonel Jeanningros est commandant supérieur.

Du mois d'avril au mois dn dcccnibrc, le régiment ne cesse de faire escorte aux convois, dans la partie la plus malsaine des Terres chaudes. Décimé par le vomito, le typhus et les fièvres, il continue sa lâche sous un soleil de feu et cela sans faiblesse et sans arrêt V Mais là ne s'arrêtait pas sa mission, il avait aussi à combattre les nombreux partisans qui coupaient les routes et harcelaient les convois.

Lcsl8el20avril, une bande de dissidents, sous lesoi*dres d'Antonio Diaz, vient inquiéter les travailleurs du chemin de fer. Le commandant Munier avec la compagnie devolligi'iirs (l(î son l)<il;iillon, capitaine Dnboscq, et un peloton fie cavalerie, suit les traces du chef mexicain et l'attaque près du village do Jainapa.

1. Dn reste, le Moniteur officiel annonçait & ses lecteurs que les troupes françaises n'avaient rien à craindre du climat des Terres chaudes, dont la gai do avait ùlû laissée au rogimont étranger et aux contre-guérilleros.

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Diaz ost tué de la main du lieutenant Milson ', 8o.s fiartii=ans sont mis en fuite et laissent entre nos mains leurs morts el leurs blessés.

Le 30 avril a lieu le comiuit de Camerone, Tune des plus belles pages des régiments étrangers, un dc^s fastes les plus brillants de l'armée française.

Le capitaine adjudant-major Danjou, MM. les sous-lieutenants Vilain et Maudet, porte-drapeau, à la tête de la 3* compagnie du 1" bataillon, forte de 02 hommes, ont rcru Tordre de se rendre à Palo-Verde au-devant de d»»u.x convois venant de la Vera-Cruz, l'un porteur de 3 millions, l'autre composé de l'artillerie de siège ; convois qui doivent iHre dirigés sur Puebla.

A deux lieues de la ligne de ronununic<ution, l'ennemi, au nombre de : 500 cavaliers réguliers, 350 guérilleros, 3 bataillons d'infanterie, c'est-à-dire 1,200 fantassins et 850 cavaliers sous le commandement du colonel Milan, attend le passage des convois.

Parlih à 1 lienn: du matin, h; 30 avril, de («lii(|niliiiite, \r capitaine Danjou et son déUicbement arrivent à Palo Verde et s'y arrêtent pour faire le café.

Des cavaliers ennemis sont signalés du côté de Cliiqnihuite, le capitaine fait renverser h's marmites, charger le canipemrnl sur les nuilets, il rappelle l'escouade laissée à la garde de l'eau et se dirige sur le village de Camerone.

En arrivant près du village, un coup de feu blesse un honnne. Le village est fouillé, puis la petite troupe continue sa route. \ peine at elle dê[assé les dernières maisons, que de nombreux cavaliers l'assaillent de toutes jMirts ; le capitaine Danjou fait former le caiTé, laisse l'ennomi s'approcher à 60 pas et le repousse par le feu de

I. 1.1! liciileiiuiil Milsoii, («llicior ù la tuile, veiiuil ihi 1*' rûgiineul dlranger. 11 u (|uilli$ l.i U(;ioii eu rciilriiiit «lu yi:xî(|ue. Kti ls;0, 11 ûImU capiUiiic oiilu ilu cauip ilii priticu Frdiluric«Cliarlof. U esl uctuollonioot rolraild coiuine major ol chof d*escadroii8 à la tuitu du rt*giiuool de liutvardsdu corps, n« i.

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deux des faces. Profitant d'un répit qui lui est laissé par la cavalerie ennemie qui est allée se reformer à Tabri de la fusillade; le détachement gravit la route à gauche, escalade un talus, subit une seconde charge qui est repoussée comme la première, puis, cliargeant à son tour, fait une Irouée dans les troupes qui Tentourent, et se dirige vers la maison située au sud de la route.

Cette maison construite sur le bord du chemin a derrière elle une cour de 50 mètres de longueur dont les trois autres côtés sont bordés de hangars ouverts. On pénètre dans la conr par deux grandes portes sur la face ouest.

Kï\ mrnie tiMiips que le capiLiiiie Danjou fait occuper la «our et la chambre située au nord-ouest, Tennenii prend possession de la chambre située à Tangle nord-est, qui communique avec la cour par une fenêtre et a une issue sans porles sur la grande route.

Les deux portes de la cour sont barricadées et gardées par deux escouades ; deux autres escouades gardent la chambre du nord-ouest ; une escouade sui'veille une vieille brèche et le reste de la compagnie défend les toits.

A 9 heures et d(*mie, le capitaine est sommé de se rendre-, il refuse énergiquement et le feu commence aussitôt.

Ail heures, le nombre des ennemis augmente de minute en minute, on se sent perdu, mais le capitaine Danjou fait jurer à ses hommes de se défendre jusqu'à la mort; tous jurent. Quelques instants après, il est frappé d'une balle et tombe sans prononcer une parole.

Le sous-lieutenant Vilain prend le commandement de l'héroïque petite troupe. Vers midi, on entend battre et sonner, on se croit sauvé, c'est le régiment qui arrive au secours de la compagnie. Cette illusion est de courte durée, ces sonneries annoncent l'arrivée de trois bataillons mexicains forts chacun de 300 à 400 hommes.

L'ennemi pratique alors dans le mur qui fait face à la porte, une brèche de 3 mètres de large qui prend à re-

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vers les dérenseurs des portes. Daiis la cliambro nord-est occupée par lui, il perce une autre brèche qui lui douno des vues sur toute la cour.

Là, à 2 heures, fut tué M. le sous-lieutenant Vilain^ I^e commandâinent passe alors au sous-lieutenant Maudel.

On se bat depuis 9 heures et demie, la chaleur est torrido dans cette clianibro encombrée de morts et de blessés. Les hommes n'ont pas mangé depuis la veille, ni bu depuis le matin. Les souffrances des blessés sont atroces, quelquesuns boivent leur sang et môme leur urine.

Vers 2 heures, nouvelle sommation de l'ennemi, même réponse.

L'ennemi accumule alors des broussailles sur deux des faces, notamment sur celle des hangars extérieurs et y met le feu. La fumée envahit la cour, et vient ajouter de nouvelles souffrances à celles endurées par les défenseurs ; malgré cela, les survivants se mainiiennent aux brèches et aux créneaux.

A 5 li(Mii*es, raltaquii est susponduo, lo colonel Milan rassemble ses troupes à l'abri d'une maison voisine et les harangue : il faut , dit-il , en ilnir <ivec cette poignée d'hommes épuisés.

C'est un Espagnol nommé Bartolotte, soldat à la Légion, qui traduit à ses camarades ces paroles an fur et à mesure que le colonel les prononce. On jure de nouveau de ne pas se rendre.

L'ennemi se rue de toutes ses forces sur la maison et y pénètre par toutes les ouvertures. A la porte principale, le caporal Béry, seul survivant de son escouade, est fait prisonnier. A l'angle opposé, les caporaux Fiiuinger et Maquin, les fusiliers Schumaner et Gorski qui, jusqu'alors, ont défendu la brèche avec succès, sont enveloppés et enlevés.

Le sous-lieutenant Maudet s'est retiré avec le caporal Maine, les soldats Katau, Wenzel, Constantin et Léonhart dans les débris d'un hangar ruiné situé entre les deux

portes, il s'y défend encore un quart d'heure, puis, la dernière cartouche brûlée, tente une sortie à la baïonnette.

A sa sortie du hangar, tous les fusils sont braqués sur M. Mande t, le soldat Cotteau se jette devant son oflicier, lui fait un rempart de son corps ot tombe foudroyé.

M. Maudet reçoit deux balles et tombe. Il est mort de ses blessures, le 8 mai, à Huatrisco. L'ennemi se précipite et fait les autres prisonniers. C'étaient les 19 derniers survivants.

Depuis 9 heures on se battait, il était 6 heures du soir.

Deux ollicicrs étaient lues, le 3" mortellement blessé ; 20 sous-ofiiciers et soldats tués pendant Taction ; 7 morts des suites de leurs blessures ; 16 sous-offlciers ou soldats blessés. Telles étaient nos pertes.

Celles des Mexicains étaient considérables ; ils avaient 300 hommes hors de combat, dont 200 Xués.

Dans Tordre général de Tarmée en date du 10 mai, le général Koroy nîud justice à cette lutte de géants, comme il rappelle.

Le sergent Maine est nommé sous-lieutenant, le sergent Sclin'ffner, le caporal Finzinger, le grenadier Werhseil, les voltigeurs Fritz et Brunswick sont décorés. Les caporaux Palmaërt, Mngnin, les grenadiers Cunassec, Schreiblick, Gorski et le voltigeur Riberes reçoivent la médaille militaire.

Par décision du 4 octobre 1863, le ministre prescrit que le nom de Camerone sera inscrit sur le drapeau du régiment.

La belle conduite de la 3' compagnie donne raison à cette parole d'un de nos plus brillants généraux qui, sortant de la Légion, la connaissait bien : « Dans les autres « corps y on peut vaincre ; à la Légion, on sait mourir, »

Le 14 juin, le colonel Jeanuingros est nommé commandant supérieur de la Vera-Cruz et le lieutenant-colonel prend à cette date le commandement du régiment.

Le 27 juillet, le commandant Reynault organise une co-

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lonno à la Soledad ; elle part le 31 et se dirige sur Huatrisco, où se trouvent les dissidents, pendant que le général de Mausbion avec le 7* de ligne arrive par le nord. Mais, prévenus par leurs espions, les Mexicains abandonnent la ville où le 7' de ligne laisse une garnison.

Le 12 septembre, le capitaine Sanssier, qui commande le poste de Passo-dol- Macho, apprend qu'un grand nombre de guérilleros sont réunis à Cotastla, à 12 lieues de là. Appuyé par une compagnie de voltigi)urs envoyée par lo commandant, il se rend directement à CoListla et en chasse Tennemi. Mais celui-ci fait appel aux guérilleros qui battent Testrade dans les environs et vient à son tour bloquer les Français dans leur prise. La situation est critique, le capitaine Saussier use alors d'un stratagème : il fait préparer le passage du Rio-Blanco, comme s'il voulait rejoindre la roule de la Soledad et, pendant que Tennemi se porte sur cette route pour Tattondre, il part par la i*oute de Cordova et rentre à Passo-del-Madio, sans coup férir.

l^endant que le régiment étranger guerroyait dans les Terres chaudes, les événements avaient marché. Puebla était pris, Tarmée française occupait Mexico; le général Porey était nommé maréchal de France et remplacé le 10 octobre par le général Hazaine.

Par son ordre, une compagnie franche était formée. Celle-ci était chargée de vuiller à la sécurité de la route entre Vera-Gruz et Pucnte-Colorado. Elle était composée de 100 volontaires sous les ordres du capitaine Boéchat. Le 7^" de ligne en organisait une semblable.

Un peu plus lird, le général essaie d'organiser avec les prisonniers mexicains de Puebla deux compagnies qui seront afTectées à chaque bataillon et portei'ont le numéro 8. Mais elles sont vite licenciées, les hommes désertant en masse.

Le 2 octobre, une partie du 2' bataillon, sous les ordres du commandant Ligier, qui a remplacé le commandant

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Muiiii r, passé aux liraillcurs algériens, escorte un convoi t\e chemin de fer de la Vera-Cruz à la Tejeria.

Les Mexicains ont enlevé les rails, les premières voitures déraillent, Tennemi clioit^ii le moment où le train s'arrête pour Tattaquer ; les hommes se précipitent hors des wagons et repoussent les assaillants, mais le commandant Ligier est tué au milieu de l'action, ainsi que plusieurs soldats de Tescorte.

Les travaux, les marches, les combats et aussi les lièvres résultant du séjour dans les Terres chaudes ont éprouvé considérablement lo régiment étranger et réduit son effectif, il lui est impossible maintenant de continuer la tâche 4jui lui incombait, d'assurer la sécurité dans les Terres chaudfîs. Jje général en chef décide îilors la création d'une contre-guérilla sous les ordres du (îolonel Dupin; les compagnies ( réoles de la Martinique et de la Guadeloupe sont désignées pour en lairc partie : le régiment ne fournit qu'un oilicier et 10 hommes.

Le régiment est complètement réduit ; il ne reste à la Soledad que deux compagnies de 100 hommes complètement valides; le reste du b.itaillon est à Chiquihuite. Le T' bataillon et les malingres sont à Cordova.

A la (in de Tannée, on forme une section de discipline au fort de Saint-Jean d'Ulloa à la Vera-Cruz. Cette seclion enlève encore* aux cadres affaiblis, 1 officier, 1 sousofficier, 2 caporaux et 2 tambours.

Jusqu'au 31 décembre 18G3, le régiment continue son métier de convoyeur dans les Terres chaudes. Depuis sou arrivée, il avait perdu, soit par le feu, soit par les maladies. Il olliciers et 800 hommes, stir un effectif total de J,*10(J honnnes.

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