Voir aux nièces juslificalives
284 LA LÊr.lON KTnANfikllK.
compagnies de dépôt et restent à Puebla avec la conipagni(! hors rang. La G' compagnie du 3' liataiilon comprend dans bon eiTeriif le cadre et la seriion de discipline ainsi qn'nne section formée de convalebcents, de vienx soldats et d'employés non snsceplihh's de faire nn service ai lif.
La 6' compagnie du 4" hatiiillon a l'administration des isolés à Puebla. Pour en Unir avec. ces détails d'organisation, ajoutons que le 1'' aoi^t, s'embarque à Oran un dernier détachement de 400 honmies. A l'avenir les engagés volontaires pour le régiment étranger sont dirigés sur le dépôt du 7' de ligne à Aix, y sont formés en détachements et envoyés au Mexique, par la voie de Saiut-Naz;iire.
(«es opérations d'organisation terminées, le régiment occupe l'Ëiat de Puebla. Son détachement le plus au sud est à Acatlan, il est conmiandé par un chef de bataillon et est rtdié à Puebla par une compagnie installée à Tepeji. Vers le nord, il occupe San Juan de ios Llanos, Zacatlau et TL'Uirala ; à Toucsl, Pucnle et Tosmohiaran.
Tous ces postes sont plus ou moins menacés par les dissidents; ceux du sud par reiniemi qui occupe TÊlal de Oajacca et ceux du nord, par les Mexicains établis dans la Sierra.
En avril 1804, la compagnie do voltigeurs, commandée par le lieutenant Oans, qui occupe Tepeji est attaquée par Chato Diaz, venu dMluajnapan. Tepeji qui est dominé de tous les côtés, n'en est pas moins intelligemment et vigoureusement défendu. Le général de Brincourl, (|ui commande à Puebla, envoie le 15 avril une colonne mobile commandée par le colonel Jeamiingros, au secours de la garnison de Tepeji, mais à son approche, l'ennemi s'est dérobé, fia colonne i*enlre ci Puebla le G juin.
Quelque tenqis après, le régiment fait partie d'une autre colonne qui s'avance jusqu'aux Combres poui assurer le passage de rem[)ereur Maximilien, pendant le trajet de Orizaba à Mexico.
RÉGIMENT ÉTRANllEIl. 285
Au nord de TÉtal de Piicbla, le poste de San Juan de los LlanoB a comme poste avancé une compagnie Olablio an vilhige de Puchingo ; 800 Mexicains, infanterie et cavalerie avec une pièce de douze, viennent attaquer le village. On se bat de 3 heures et demie à 7 heures , Tennemi perd 37 hommes et ne se retire que devant Tarrivceau pas de courre de la garnison de San Juan de los Llanos.
Pendant toute cette période, ce ne sont qu'alertes nombreuses, compagnies en marche, petites colonnes battant le pays sous les ordres des chefs de balaillon de Lruchey, Sanssier, de Brian et Lavollée, qui aclièvcnt ainsi la pacification de l'État de Puebla et rofoulent au loin les guérilleros dissidents.
Vn des meilleurs généraux du parti républicain, Porlîrio Diaz, ocrupc la ville d'Oajacca avec un corps de troupes assez considérable qu'il enirclient facilement avec les ressources de cette riche province. Dans cette position, il menace nos comnmnications avec la V(M\a-Cruz ; de plus, ses partisans viennent inquiéter nos postes ; le général de Brincourt o])tient du maréchal l'autorisation de les attaquer et de les refouler jusqu'à Oajacca.
Oajacca est à 90 lieues de Puebla. On y accède par deux rout's, l'une, partant d(î Puebla, l'autre, de la Soledad. Entre ces deux routes, s'étend im pâté de montagnes très escarpées et par suite d'un abord très difficile ; ces montagnes portent le nom indien de Mistèque.
Deux colonnes sont formées ; l'une, sons les ordres du général de Brincourt, marche par la route de Puebla; l'autre, connnandée par le colonel Giraud, du 7' de ligne, prend la route de la Sobdad. 13 rom[wignie8 du régiment étranpîer font partie de la première colomic qui quitte Puebla le 24 juillet et qui se réunit le 30 juillet à Acallan.
Les chemins qu'a à parcourir cette colonne sont des sentiers d'Indiens qu'il faut réparer tout en marchant. L'avanlparde, sous les ordres du commandant de Brian, y travaille de faron à faciliter le passage de l'artillerie.
286 LA LÉGION ÉTRANCKAB.
Le 3 aoAty la colonne arrive à Huajuapan, mais roimemi se dérobe et va se jeter sur le 7' de ligne, qui le hat à San- Antonio et à Tayotla. Le général de Brincourt laisse le 12 août à Huajuapan, le commandant de Brian comme commandant supérieur avec 10 compagnies du régiment et rétrograde sur Puebla avec le colonel Jcanningros et 3 compagnies de grenadiers. Mais apprenant, le 18 août, quo Porlirio Diaz n'est qu'à 10 lieues de lui, il marche à sa suite et le poursuit jusqu'à 20 lieues de Oajacca, il est obligé de rétrograder sur l'ordre formel du général en chef. Le maréchal Bazaine n'a que fort peu de monde sous la main, la majeure partie de ses forces étant en colonne dans le Nord, il n'aurait eu personne à sa disposition pour soutenir lo général Brincourt en cas d'insuccès. (Cependant celui-ci obtient l'autorisation d'occuper Yanluiitlan, plus rapproché d'Oajacca : le lieutenant-colonel Carteret- Trécourt ' occupe ce poste avec 2 bataillons, le 5 septembre.
Une colonne mobile forte de 4 compagnies de voltigeurs, sous les ordres du commandant Saui?sier, est installée à lluajuapan, pourappuyer le poste de Yanhuitlan.
Les troupes avec des corvées d'Indiens sont occupées à rendre les chemins praticables à l'artillerie de campagne \ mais ces travaux sont dérangés à chaque instant par les attaques des Mexicains qui viennent pousser des pointes rapides sur nos lignes de communication.
Le commandant Saussier, qui tient constamment la campagne avec ses 4 compagnies, parvient à atteindre, à Sic^ihyapan, la bande de Guerrero, forte de 400 chevaux et la défait entièrement.
Mettant à profit toutes ces opérations, le maréchal dirige le 12 décembre, sur Oajacca, une première colonne sous les ordres du général Courtois d'Hurbal, qui concentre à Yanliuitlan son artillerie et son matériel ron-
1. Noinniû liuutuQaiil-colonul du lûgiiiioul un rujuplucumont du liuiilenaut-coloiiel Giruud nommé colonel du 7^ do iigno. Mort guuûrul de divisioo.
IIÉGIMENT ÉTHANGBn. 287
lant, puis se porte en avant avec ses troupes et déblaie la route.
Le régiment presque en entier fait partie de la colonne et arrive le 18 à Etla, à 4 heures d'Oajacca, mais le 3* bataillon, qui a accompagné le convoi, n'y arrive que le 28. A la barranca de las Minas, les voitures ont dû être déchargées et le chargement mis à dos de mulet. Il a fallu atteler 4 et 5 paires de bœufs à chaque pièce de canon, qui est encore remorquée par 50 hommes de corvée, pris parmi les Indiens qui nous sont de précieux auxiliaires.
Le 22 décembre, le général Courtois d'Hurbal pousse une reconnaissance contre les forts d'Oajacca. Les deux Ijalaillons du régiment prennent part à cette reconnaissance et à celle du 27 décembre, qui est faite autour delà place.
1865. — Le maréchal Bazaino voyant l'importance de l'opération sur Oajacca s'accroître de plus en plus, vient prendre lui-même le commandement du siège; il y arrive le 16 janvier. Le convoi de rartillerie de siège est parti de Puebla le 7 janvier, sous l'escorte de 4 compagnies de grenadiers, de la compagnie franche à pied, de la compagnie montée et de 2 compagnies du 2** bataillon sous les ordres du colonel Jeanningros. Cette colonne a des diilicultés à surmonter encore plus grandes que pour le convoi précédent. Il faut parfois employer 40 mules pour tirer d'un bourbier une voiture vide. Le maréchal envoie dépêche sur dépêche pour activer la marche. Ofïiciers et soldats rivalisent de zèle : il faut à chaqne instant prendre la piocluî pour arranger la rf)ute ou ]i(>rtnr sur 1«î dos le cliargeinont des voilures. Plus (fétapes, on marche jour et nuit; lorsque le convoi est arrêté par suite des ditlicultés de terrain, les hommes mangent et se reposent; aussitôt la route praticable, ils se remettent en marche. Enfin, le 30 janvier, le convoi au complet arrive au quartier
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général, à Thacienda Blanca. On a pu faire 90 lieues eu 22 jours.
Les autres compagnies du régiment font pnrtie des troupes qui tournent la ville par l'ouest, occupent lo col de Las très Cruces et poussent jusqu'au hameau do San- Juanilo. Au sud de la place, les travaux sont poussés activement, chaque poste est retranché et relié au poste voisin par une tranchée.
La ville doit être attaquée par les hauteurs qui la dominent au nord. IDllo présente un quadrilatère flanqué aux quatre angles par des couvenls fortiiiés qui font hastion, les courtines sont formées par une douhle ligne de maisons retranchées et de barricades. Des ouvrages permanents ou dos retraucliementb de campagne s'étagont sur les hauteurs. Les points les plus importants sont t'itués à 1,100 mètres au nord et à 270 mètres au-dessus de la place ; ce sont :
î^e Cerro du Dominante défendu par une redoute carrée en terre, puis le 2" Dominante à 400 métros du précédent, eouvorl par un ouvrage en terre et une (lèche non «'ucore terminée. Ces ouvrages sont protégés par des défenses accessoires judicieusement établies : fougasses, cloches remplies de mitraille, trous de loup, fils de fer, lazzos, etc., etc.
Le régiment, partagé en 3 bataillons provisoires, sous les ordres des commandants Guyot de Leuchey, de Brian et Saussier, est placé aux attaques de gauche dirigées contre le Dominante.
La tranchée est ouverte le 1*' février sm* la crôte étroite qui se dirige vers cet ouvrage. Trois batteries armées de 12 de siège, ouvrent le feu contre la place le 4 février. Une gabionnade est étiiblie à moins de 300 mètres du Dominante et transformée (ui une batterie de mortiers dont le lir a une grande ellicacilé quoi(|u'elle soit à 00 mètres en contre-bas du but. L'ennemi couvre le terrain d'attaque d'obus, de mitraille, de balles, qui ne nous font subir que
nÉOlMENT HTRANGEn. 28.>
X):îu de perles. I^e roc .liïleiirant presque pirtout, il esl impossible de pousser les cheminciiicnls plus loin, aussi le 8 au soir, 0:1 drcide que Tassaut sera douué le leiidemaiu au point du jour. Il sera lente par 3 colonnes du régiment étranger sous les ordres des trois chefs de hataillon.
A partir de 3 heures du malin, les compagnies commencent h^ur mouvement ; à ô heures, elles attendent impntiennnent le signal pour s'élanrer on avant, lorsqu*ou entend sonner du quartier général : Cessez le feu, et on apprend que Porlirio Diaz rend la place à discrétion. Le régiment occupe les forts imnédiatement ; nos pertes pendant le siège sont de 55 hommes tués ou blessés. Quelques jours après, le régiment va camper à Thacienda de Monte va.
Le maréchal quitte Oajacca le L5 février, et y laisse le général Mangin comme commandant supérieur, avec le 3" et le 4'' bataillon du régiment.
L(î colonel Jeanningros retourne à Puebla. Le commandant Sanssier avec les autres compagnies du régiment est chargé de la conduite et de la garde du convoi et des parcs d'artillerie que Ton ramène à Puebla et à Mexico.
C'est au siège d'Ojjacca que le commandant Sanssier, ctiinl major de tranchée, soutenait que l'attaque de la ville devait rire dirigée sur un bastion, nommé basiion de la Lanterne, à cause d'une lanterne qui servait de signal à l'eimonii. J^e connnandant voulant se rendre compte, comme il le pensait, que ce bastion était abandonné, part avec nue patrouille, fait sa reconnaissance, abat la lanterne avec sou sabre et tronvjî le basiion inoci:upé par rcMinriiii.
Aussitôt après la levée du siège, le maréchal ordonne (le donner à la compagnie montée, les chevaux qui ont été pris à Oajacca et d'en former un véritable escadron de cavalerie qui sera sous les ordres du commandant de Brian, avec le iV bataillon.
Llin. KTRANOKRB. 19
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Le 3* bataillon prend part aux opérations dirigées par le général de Brinconrt, autour d'Oajacca, contre los bandos mexicaines commandées par Figueroa et cauipé(*s à Huahuta. Le général les refoule jusqu'à Téotillau, au milieu do montagnes presque inaccessibles et n'ay.iul pdur voies de communication que d'étroits sentiers. Ces opérations terminées^ le 3' bataillon est dirigé sur I^uidila et de là sur Mexico, où il rejoint les 1**' et 2" bataillons. L'Klat de I^ueblaest dès lors occupé par les Autrichiens connnandés par le général Tliim.
Pendant ces brillantes opérations, de graves i';vénements se passaient dans le nord-est du Mexique. Jnarez, quoique battu dans toutes les rencontres, no se décourage pas, il rassemble t^es forces et s'appuie sur les Étals du nord. Negrete, un de ses principaux lieutenants à la tiHe des dissidents auxquels se sont joints de nombreux flibustiers américains, s'efforce de rétablir l'autorité de Juarez depuis Parras jusqu'à Matamores, en passant par Saltillo et Monterey.
Les distances qui séparent ces diiVérenls points sont les suivantes : de Matamores à Montercîy, 90 lieues ; de Monlerey à Saltillo, 40 lieues ; de Saltillo à Parras, 50 lieues. Deux routes conduisent de Mexico dans cette région, celle de l'ouest par Saltillo, (fiii passe par Matehuala, dont la longueur est de 112 lieues; l'autre, plus à l'est, passe par Vittoria, Linarès, aboutit à Monterey, en longeant la contrée presque sauvage du Tamaidipas.
Malgré les longues distances à parcourir et dans le but d'affermir le gouvernement impérial, le maréchal Bazaine donne l'ordre au général de Brincourt, qui est à Durando, de se diriger sur Saltillo ; au colonel Jeanningros de s'y porter en partant de San-Luis-de-Polosi et au commandant de Brian, de s'embarquer à la Vera-Gruz et d'aller à Matamores nîjoindnî bî général mexicain Mejia, pour se diriger (le là sur Monterey et Saltillo.
Le commandant de Brian se rend à Puebla, y laisse son
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convoi, se débaiTasse de ses malingres, marche sur Tehuaran, de là, sur AlcuLzingo, où il trouve un détachement du régiment arrivant de France. Il complète son bataillon à 500 lionunes, arrive à la Vera-Cruz le 30 avril, s'emliaixjue sur le Var et débarque le 2 mai à Bagdad, à Teml)ouchure du Rio-Bravo. Son objectif est Matamores, assiégé par Negrete.
Le conunandaut se met en marclic par la grande route qui côtoie le fleuve. Trois bAtiments montés par un détachenienl de marins, transportent les impedimenta du bataillon, Manquent sa marche et s(? maintiennent à sa lianleur. Arrivé à 4 kilomètres de Matamores, le commandant appnîiid que Negrete n'a pas réussi dans son attaque et il iMilre d.uis la ville, à 1 heure de raprès-midi.
De son côté, le colonel Jeanningros organise à San- Luis-de-Potosi, une colonne composée du 2" bataillon du régiment étranger (commandant de la Uayrie * qui a permuté avec M. Guyot de Leuchey, passé aux tirailleui's algériens), la contre-guérilla, un escadron de chasseui*8 d'Afrique et une section de montagne. Le 1" bataillon ((uille Guanajuata le 30 avril et vient remplacer le 2* bataillon à San-Luis.
La colonne Jeanningros quitte San-Luis-de-Potosi le 8 mai; jusqu'à Malehuala, la marche a lieu sans difficulté, mais au delà, on rencontre le désert où Teau no se trouve que dans des étangs formés par des digues (tanquc), qui peuvent ôtre coupées facilement; la colonne est précédée d(3 délachemenls de la contre-guérilla qui éclairent le pays et reconnaissent les points où il est possible de bivonacfnor.
Ijc 31 mai, reimemi est signalé en forces à Saltillo, à la Angostura et <à Agna-Nueva. Le colonel est sans nouvelles de la colonne Brincourt et de la colonne du général Mcjia qui a dû être renforcée par le 3' bataillon.