‹ La Légion germanique (1792-1793).: 1792-1793Chapitre 35 sur 40 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

relatif à la légion germanique, présenté au Comité de Salut public par le représentant du peuple Chateauneut-Randon , membre du Comité de la guerre,

[Cf. sur ce rapjmrt qui devait être fait d'abord par Osselin, puis par Alquier, puis par (juillemardet, et qui fut fait enfin par Gliateauneuf-Randon, notre rhapitre Vlll, p. 198-199.]

Environ un mois avant le licenciement de la légion germanique, le général Dambach, le chef de brigade Heyden, Tadjudant général Dentzler et le commissaire général Schoenebourg, composant partie de son état-major, furent arrêtés et incarcérés et remplacés par d'autres officiers français, étrangers à la langue, à la formation et à la discipline de ce corps.. Leurs équipages de campagne, chevaux et autres objets devinrent en même temps la proie des réquisitions.

Cette légion, comme on le sait, donna des inquiétudes à plusieurs représentants du peuple (i) ; ils en opérèrent le licenciement, et rincorporation en a été faite ensuite, et elle a servi à composer deux demi-brigades et un régiment de chasseurs encore existant et servant très bien dans les armées.

(i) Il est bon de savoir que ces représentants du peuple qui affectaient de rinquiétude pour ce corps étaient Carra, BourboUej Prieur de la Marne» accompagnés de Vincent et Ronsin. Ils étaient délégués par la ('.onveniioD dans le département d* Indre-et-Loire, lors de Tarrivée de la légion à Tours, dans le mois de mai 179.'^ Pendant que ces ddsorganisateurs outrageaient et détruisaient la légion, Afarat, de concert ave^*. eux. empoisonnait Tesprit public sur le compte de ce corps par ses feuilles mensong'Tes.

C'est donc sans fondement et calomnieusement que le bruit se répandit dans le temps qu'elle avait passé avec les rebelles de la Vendée.

Leurs équipages qui étaient à Saumur et qui furent pris par les rebelles, ont donné lieu à Carrier d'écrire qu'il avait fait fusiller beaucoup de porteurs d'habits de la légion.

Mais quoi qu'il en soit, ces officiers cités plus haut et plusieurs capitaines, lieutenants et sous-lieutenants ont été victimes de l'intrigue de ceux qui voulaient leurs places et désorganiser ce corps.

L'arbitraire le plus affreux a pesé sur eux. Ils ont gémi sous le poids de la tyrannie de Robespierre, complices et terroristes véritables.

Depuis le 9 thermidor ils sont en liberté; leur corps, divisé en trois demi-brigades, complétées en officiers, ne leur offre plus leurs anciens droits.

Leur innocence a été reconnue; la plupart ont même été placés, et une dizaine environ réclament justice.

La loi autorise le Comité de salut public à réintégrer, en le proposant à la Convention, les officiers qui auraient été destitués ou suspendus arbitrairement : ceux-ci sont dans ce cas, et le Comité militaire d'abord, ainsi que celui de salut public à qui j'en ai fait^ le rapport, il y a près d'un mois, n'y ont trouvé aucune difficulté, et en ont senti d'autant plus la justice, que la majeure partie de ces officiers étaient des patriotes allemands et hollandais adoptés par les nouveaux principes de liberté de la France, et qu'un contract solennel (taxé même de capitulation) les a employés.

Us sont dans ce moment sans ressources. Sitôt qu'ils seront remplacés, ils auront droit à recouvrer leurs équipages et les arrérages de leurs appointemens aux termes de la loi.

Le Comité de salut public devrait même, en attendant, mettre en subsistance ceux qui n'ont rien.

Quant aux autres réclamations de finances sur l'ancienne formation de ce corps, c'est aux commissions compétentes à les reconnaître et régler avec les pièces justificatives.

Signé : Chateauniuf-Randon,

Membre dn Comité d« la guerre. ,

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