INTRODUCTION'. XV
nuance dogmatique, depuis ceux qui acceptent résolument le surnaturel jusqu'à ceux qui le nient et qui n'admettent pas même la sainteté du Christ ni la personnalité divine ; tous ces hommes sont pourtant unanimes en ce point, qu'ils repoussent absolument toute prétention de donner à l'Égilse réformée une base doctrinale quelconque. De l'autre, nous rencontrons le parti conservateur, qui renferme aussi dans son sein bien des nuances, mais dont tous les membres se réunissent pour reconnaître qu'une Église doit reposer sur des principes religieux, sur une foi positive, et qu'il est insensé de lui donner pour base le libre examen absolu (1).» Ces deux fractions, se trouvant en présence, ne pouvaient s'étendre: le parti libéral affirmant hautement que la foi est une question personnelle, ne voulut point accepter la déclaration de foi volée par la majorité orthodoxe. Dans la crainte de provoquer un schisme, le gouvernement ne soumit point aux Chambres le projet d'articles organiques voté par le Synode.
Pendant ce temps-là, l'Église de la Confession d'Augsbourg, qui avait su — au lendemain des épreuves de la guerre — mettre une trêve à ses divisions dogmatiques, obtenait des Chambres cette loi de 1879 qui en fait une véritable démocratie religieuse, ayant à sa base le conseil presbytéral et à son sommet le synode général, et ne conservant guère de son ancienne organisation que les inspecteurs ecclésiastiques (2) .
Si nous mentionnons l'ordonnance du 23 mai 1834, les décrets des 12 avril 1880, 25 mars 1882, nous aurons passé rapidement en revue les monuments essentiels de l'organisation des Églises protestantes.
Mais nous ne pouvons terminer cette étude, qui débute par des scènes de persécution, sans protester contre les
(1) Voyez : Le Conseil presbylêral de l'Église reformée de Paris et M. Athanase Coquerel fils, par E. Bersier, 18G4.
(2) Consultez mon Étude juridique sur la réorganisation de l'Église de la Confession d'Augsbourg. — Pour l'organisation ancienne, voyez : loi du 18 germinal an x et décret du 2G mars 1852.