PROPHYLAXIE
En présence de l’abondance de lépreux sur le territoire et des hypothèses bien contradictoires au sujet de la contamination, les gouvernements colombiens ont voulu garantir. dans la mesure du possible, la santé des habitants.
Il a fallu promulguer des lois et décrets, involontairement inhumains comme celui de l’isolement des malades dans les trois léproseries qui existent à la facon de colonies agricoles :
Agua de Dios
Est la principale des trois léproseries par ses installations hygiéniques, hôpitaux et même par les eaux thermales sulfureuses radioactives qui y naissent.
C’est une ville pittoresque, composée de 150 maisons à peu près et plusieurs fermes : le climat est sain mais sa température moyenne qui est de 29° C., monte jusqu’à 35° C. dans la saison chaude, son niveau par rapport à celui de la mer, est de 390 mètres.
Les maisons sont construites selon le style colonial
et les nombreux jardins qui les entourent, donnent à
la ville une gaîté propice pour les malheureux qui l'habiteni; dans sa visite à la ville des lépreux, le Professeur français Roger a dit : « Agua de Dios est une jolie petite ville, claire, gaie, souriante ».
Cette petite ville renferme quatre hôpitaux » Boyacä », « San Rafael », « Carrasquilla » en honneur du grand léprologue colombien, et le nouvel hôpital « Herrera Restrepo » qui porte le nom de l’ancien Directeur des léproseries, nom bien mérité, car le docteur Herrera Restrepo a su par son altruisme, dans l'intérêt de l'hygiène et commodité des iléproseries, graver son nom dans les cœurs des malades et gagner l’admiration de ses concitoyens.
Les hôpitaux sont munis de salles d'opération, laboratoires, maternité et salle d’autopsie pour l'étude anatomo-pathologique de la maladie.
Un asile « Las Mercedes » pour les jeunes filles . malades, un autre-pour les garçons, deux écoles, une bibliothèque, un théâtre-cinéma, une église, mairie, prison et un bureau de désinfection pour la correspondance qui sort de la léproserie, correspondance qui est exempte de taxe.
Une maison confortable pour le personnel médical, de nombreuses boutiques et un marché qui se tient tous les huit jours sur la place publique où les commerçants du dehors viennent vendre les articles nécessaires aux habitants d’Agua de Dios.
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Les principales critiques que le professeur Jeanselme, dans son intéressant livre « La lèpre », adresse à la lutte contre la lèpre en Colombie sont : « L’absence d'isolement des enfants issus de lépreux; le grand nombre de sujeis sains qui vivent dans les léproseries san profit pour les malades, enfin le défaut de lieux de traitement pour les lépreux en liberté ».
En vérité, l'isolement des enfants issus de lépreux, devrait se faire dans les léproseries de même qu’on fait en France dans les maternités avec les enfants nés des mères tuberculeuses, mesure qui a donné de très intéressants résultats.
Pour les malades qui sont en liberté ou plutôt pour ceux qui sont sortis avec la carte de guérison, il existe déjà des dispensaires dans différentes capitales de départements.
Il y a beaucoup de malades qui vivent avec leurs parents sains et malgré cet état de vie mélangée, les cas de contamination sont rares si l’on observe toujours les règles hygiéniques. Le mariage entre malades est permis et l’on voit des mariages non seulement entre malades, mais aussi entre lépreux et sains.
Nous pensons avec le professeur Jeanselme que cet état constant de promiscuité entre sains et lépreux, : malgré la rareté des cas de contamination observés, doit être réduit le plus possible, car des circonstances