‹ La lèpre est contagieuse [electronic resource]Chapitre 52 sur 57 · UN CRIME NATIONAL · texte numérisé non relu

UN CRIME NATIONAL

« Il existe maintenant dans ce royaume un état de choses qui cause beaucoup d'appréhension et d'alarme aux personnes réfléchies. Jusqu'ici la presse de cette contrée a gardé le silence sur ce sujet, espérant que les autorités arriveraient par la force légitime des lois à triompher du mal. Mais c'est ce qui n'a pas eu lieu. On a laissé les lois devenir lettre morte; et, maintenant, il n'y aurait pas profit, mais bien danger à déguiser plus longtemps le fait que l'horrible maladie de la lèpre s'accroît parmi nous. Ce fait est aussi connu des officiers du gouvernement que de chaque membre de notre population. Non seulement dans les districts peu habités, mais ici, dans la métropole, les lépreux à presque tous les degrés de la

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maladie sont libres d'aller oh. bon leur semble, et de se livrer à toutes les occupations communes sans obstacle ni empêchement.

« On dit qu'appeler la publicité sur un pareil état de choses « produirait au dehors l'impression « la plus défavorable, et tournerait au détriment « de la réputation et des intérêts de ces îles. » Nous pouvons répondre à cela que les choses sont arrivées à un tel degré que ce serait commettre envers le monde civilisé la plus grande injustice et la plus grande inhumanité que de cacher plus longtemps la condition véritable du pays. Pouvonsnous, sous un masque hypocrite, inviter le commerce sur nos rivages et chercher à tromper les confiants touristes qui voyagent parmi nous, lorsque nous savons parfaitement que chacun de ceux qui viennent ici court le risque d'emporter avec soi le virus de cette implacable contagion? De même que, durant le moyen âge, les germes de la lèpre étaient emportés de Palestine par les chevaliers et les templiers qui accouraient en foule à Jérusalem pour la défense du Saint-Sépulcre, puis, disséminés à travers l'Europe, demandèrent des siècles pour leur extirpation ; ainsi la maladie, cela est tout à fait inévitable, serait transportée d'Hawaï dans toutes les contrées en rapports avec nous. Si on permettait que le déplorable état de choses actuel continuât, ce serait en vain qu'on empêcherait notre presse locale de parler : les

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