AUX ILES SANDWICH
apathie au sujet de la maladie ne se trouve que dans les classes les plus ignorantes et inférieures du peuple ; mais, chose étrange, il n'en est rien. Le fait est commun aux basses et hautes classes, à ceux qui ont de l'éducation et à ceux qui n'en ont pas. Nous pouvons apporter en exemple le cas bien connu d'un pasteur de l'une des plus grandes églises de cette ville, homme très intelligent, dans la famille duquel, maintenant même, un parent, qui depuis plusieurs années était ostensiblement lépreux, a trouvé un refuge et vit avec adultes et enfants comme s'il était en parfaite santé.
« Si la fièvre jaune ou la petite vérole régnaient ici, et que les autorités ne fissent aucun effort pour en arrêter les ravages, avec quelle vigueur et quelle indignation ne protesterait-on pas publiquement? Et croit-on que la population anglo-saxonne vivant dans ces îles resterait plus longtemps tranquille et indifférente, laissant sa santé et sa vie ainsi que celle de ses enfants journellement exposées à un mal auprès duquel la petite vérole n'est qu'une plaisanterie, et le choléra une bonne fortune? »
Du même numéro de VAdveriiser, mais d'un article différent, nous tirons le fait significatif que voici : « Un médecin très intelligent, dit l'auteur de l'article, résidant et pratiquant dans ces îles depuis plusieurs années, m'assure que, dans son opinion, les chiens delà contrée, pour ne rien dire
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des porcs, ont certainement la syphilis et probablement la lèpre, aussi bien que les habitants à deux jambes. Quoi qu'il en soit, il n'y a, je crois, pas de doute que nombre de chiens attaqués de maladies dégoûtantes et capables aussi de se transmettre à des êtres humains circulent à leur aise sans que l'autorité s'en préoccupe et jouent librement avec les enfants de leurs maîtres ou des autres personnes. »
Le discours de l'honorable M. Gibson et les observations de la presse ne restèrent pas inutiles : nous apprenons (21 août 1878) que 200 nouveaux malades ont été dirigés sur Molokaï. C'est donc 900 ou près de mille, et non plus seulement 700 lépreux, que renferme cet inimaginable refuge. Cependant nous laissons subsister avec le chiffre de 700 le Tableau récapitulatif des malades, parce qu'il est arrêté à la date officielle antérieure du 31 mars 1878..: •.:
Trinidad,' l'd- novembre 1878.