HazLopEau. — Soc. franç. de derm. et de syph
3. E. ARNING. — Demonstration von Lepra-Präparaten, Comptes rendus du LIXe Congrès allemand des naturalistes et des médecins, 1886, p. 322.
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Prodromes. — Après cette longue période d'attente, commence la période d’invasion qui se manifeste par un certain nombre de troubles bien mis en relief par Leloir*. Ces prodromes sont marqués par de la fièvre intermittente, qui se montre sous forme d'accès fugitifs; un sentiment d'abattement, de faiblesse générale; une tendance au sommeil; des troubles digestifs; de l'oppression; de la sécheresse du nez et des épistaxis; des maux de tête; du vertige; des sueurs profuses ou une sécheresse spéciale de la peau dans certaines parties du corps; parfois de la séborrhée avec chute des poils; du prurit, de l’hyperesthésie cutanée; des courbatures, des douleurs rhumatismales: de l’anémie et des troubles menstruels.
Éruption. — Puis apparaissent sur la peau des macules érythémateuses et la maladie s’accuse en prenant une des trois formes sous lesquelles on a coutume de la décrire, la lèpre tubéreuse ou nodulaire, la lèpre anesthésique ou nerveuse, la lèpre mixte.
Lèpre tubéreuse. — Dans la lèpre tubéreuse, sur les macules se développent des nodosités hémisphériques, d’abord rosées, qui foncent ensuite, prennent une teinte vieux cuivre et finalement virent au jaune pâle. Ces tubercules siègent surtout à la face, qu’elles déforment en lui donnant le masque léonin, et sur les membres du côté des extenseurs. Ils ont une consistance dure, rénitente et ne présentent aucune tendance à la suppuration. Ils peuvent s’effacer, disparaître, puis se montrer à nouveau soit à la place qu'ils occupaient antérieurement, soit ailleurs. Dans quelques cas, ces efflorescences cutanées prennent un caractère subintrant; l’état général du malade devient très mauvais. Il se déclare de la diarrhée, accompagnée d’un état typhique et la mort survient rapidement, conséquence de cette lèpre à forme galopante. Mais ce sont là des cas excessivement rares et la maladie dure, en général, près de dix ans avec des alternatives d'amendement et d’aggravation des phénomènes morbides. Le malade est ordinairement emporté par une maladie intercurrente telle que la tuberculose ou la pneumonie.
1, Henri LELOrR, — Traité pratique et théorique de la lèpre, Paris, 1886.
Lèpre nerveuse. — La lèpre anesthésique débute aussi par des macules, qui se transforment en taches bistres ou brunes (taches hyperchromiques) parfois décolorées au centre, ou en taches de vitiligo (taches achromiques). Ces macules, comme les tubercules en général, sont anesthésiques. Il existe en outre des zones d’insensibilité en plaques ou en bandes, d'autant plus marquées qu'on s'éloigne du centre vers les extrémités. Ces troubles s’accompagnent d’atrophies musculaires, de paralysies et de lésions persistantes telles que le recroquevillement des doigts (mains en griffes). L’insensibilité alterne avec des périodes de névralgies très douloureuses. La peau se sclérose, les os se résorbent. Il se produit des amputations spontanées des extrémités, des maux perforants palmaires et plantaires, des érythèmes bulleux et des ulcères. La durée de la lèpre anesthésique est un peu plus longue que celle de la lèpre nodulaire. Le malade est, dans ce cas encore, emporté par une maladie intercurrente qui, cette fois, est rarement la tuberculose, mais fréquemment la pneumonie.
Lèpre mixte. — La lèpre mixte ou encore complète comme l'appelle Leloir, participe des deux formes décrites ci-dessus. Ce sont les cas les plus nombreux. Les malades présentent à la fois des zones d’anesthésie et des nodules lépreux. La lèpre tubéreuse peut devenir anesthésique et vice versa.