‹ La Leucémie Aiguë Chez L'EnfantChapitre 8 sur 42 · À MES CAMARADES DE L’'HOSPICE DES ENFANTS-ASSISTES · texte numérisé non relu

À MES CAMARADES DE L’'HOSPICE DES ENFANTS-ASSISTES

Affectueux souvenir.

= INPRODUCTION

Depuis la première description française de la leucémie aiguë par GILBERT et P.-.E War en 1899, les cas publiés se sont multipliés et cette affection à allure impression- nante et au pronostic fatal ne passe plus pour une rareté. Si elle est relativement rare encore chez l’adulte, sa fréquénce relative chez l'enfant est reconnue par tous les auteurs. Celte fréquence, l'aspect clinique et évolutif un peu particuliers, les diagnostics spéciaux que la maladie pose chez l'enfant justifient un travail qui s'occupe spécialement de la leucémie aiguë infantile. En outre la question de la cause de cette fréquence au début de la vie semble être un problème intéressant à poser qui pourra peut-être un jour aider à élucider l’étiologie et la pathogénie de cette curieuse affection. En attendant, nous nous bornons à résumer l’état actuel de la question des leucémies aiguës, en l’envisageant du point de vue de l’enfant.

Bien que divers travaux, tant en France qu'à l’étranger, aient déjà été consacrés à cette étude, il ne nous a pas semblé superflu de reprendre ce sujet. Notre Maître, M. LeRgBOULLET, en 1923, a publié avec M. BouranGer-

Pier, une étude complète sur la question, étüde qui | VD 2

nous servira de Rue Depuis, il a eu l’occasion d’observer plusieurs cas de leucémie aiguë et a vérifié chez eux la plupart des caractères qu’il avait mis en relief. Aussi, nous a-t-il encouragé à reprendre cette étude que nous aurions voulu fouiller davantage. Pet

Il ne semble pas d'ailleurs que, depuis les descriptions classiques, il y ait quelque chose à ajouter à l’exposé clinique, à l'anatomie pathologique et à l’hématologie de la maladie. Les points importants qu'il nous a paru possible de développer sont la place nosologique de la leucémie aiguë envisagée avant tout, du point de vue pratique du diagnostic différentiel, et les formes intermédiaires entre la leucémie aiguë et le chlorome, les anémies et l’agranulocytose. Ce n’est pas à dire qu'il n’y ail pas d’autres points essentiels dans l’histoire des leucémies aiguës qui doivent être étudiés actuellement ; bien au contraire, force nous est de reconnaître que nos connaissances quant à l’étiologie et la pathogénie de cette affection sont à peu près limitées. Malheureusement notre travail ne peut apporter de nouvelles lumières sur ces problèmes de première importance ; il se bornera à un résumé aussi clair que possible des données factuellement connues. 3

Au cours de ce travail, nous envisagerons successivement l'historique, l'anatomie pathologique, la symptomatologie et les formes cliniques, le diagnostic, l’étiologie et la pathogénie, le pronostic et le traitement de la leucémie aiguë. Nous ne pouvons prétendre à être complet ; aussi nous n’insisterons que sur les points qui.

nous semblent essentiels du double point de vue de la

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clinique pratique et de l’étiologie dont toute l'étendue reste à faire et qui peut-être pourra utiliser toutes les données et toutes les suggestions. Nous nous sommes elforcé de grouper, après notre exposé d'ensemble, le plus grand nombre possible d'observations de leucémie aiguë infantile, espérant permettre ainsi de retrouver dans notre travail, à défaut de discussions et d’hypothèses nouvelles, une série importante de faits cliniques

pouvant servir de base à d’autres recherches.

La médecine moderne tend de plus en plus à un regroupement des maladies au point de vue, non plus de caractères cliniques, mais de tests biologiques. Les maladies du sang constituent le groupe qui, jusqu'ici, a le plus bénéficié de cette façon de concevoir la nosolo: gie. Tout syndrome sanguin possède ses stigmates hématologiques qui ne laissent pas de doute quant au diagnostic. En ce qui concerne les leucémies aiguës, celles-ci peuvent se définir comme des syndromes se caractérisant essentiellement par la présence dans le sang en quantité très importante des cellules blanches indifférenciées qui sont à l’origine de la genèse des leucocytes. Aussi, l’histoire des leucémies aiguës, si on ne la fait dater que depuis l'acquisition de cette notion, est très

courte.

Le syndrome clinique de la leucémie aiguë reste confondu avec les septicémies mal déterminées jusqu'en 1889, date à laquelle Essrein montre que ces syndromes s’accompagnent d’une augmentation du nombre des glo-

bules blancs, La première description clinique donnée par

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cet auteur est complétée en 1895 par FRoENKEL, qui dé-

crit le leucocyte à protoplasma non granuleux. Tout

d’abord, les caractéristiques de la formule hématologique

ne furent pas reconnues. Enrricn considère les leucé-

mies aiguës comme des leucémies lymphoïdes à évolution aiguë. C'est Gicsert et P. Emile Wen qui, ds 1809, reconnaissent à la leucémie aiguë un aspect hématolo- gique spécial. La thèse de Boudet en 1910 fixe définiti- vement les caractères de la formule sanguine et donne la définition actuellement classique de la leucémie ai-° guë. - NanrA; en 1913, aborde le problème des relations de la leucémie aiguë avec la tuberculose. L'étude hémato-

logique ‘commencée par AUBERTIN, est continue par

-P.Æ, Wen, SABRazës ; d’autres se succédèrent, et l’on

l ; doit retenir les noms de Guinox et Joriy, de Risr et

RiBapeAu-Dumas, de HErTz et PAPPENHEIM, etc.

Actuellement, les cas publiés sont innombrables et

nous n’insistons que sur ce qui concerne l'enfant.

Une modalité particulière de la leucémie, assez spéciale à l'enfance, le chlorome, est connue depuis plus longtemps. Arax le décrit en 1854, WaLpstreIn, puis Dock et. Warruin montrent ses rapports aver les leucémies aiguës en 1883. En 1907, Bensamin et SLUKA rattachent le chlorome à la leucémie aiguë. |

Dès les premières observations, il était évident que la leucémie aiguë est d’une assez grande fréquence chez l'enfant. Guinon et JozLy, BaBonwerx et L. Tixier étudièrent la leucémie aiguë infantile ; ces derniers au-

teurs l’ont même trouvée chez le nourrisson, et L.-W.

Suira en a publié un cas chez un enfant de trois semaines dont la mère avait une formule sanguine normale. En

1905, NogécourT en recueille 17 observations dont une

chez le nouveau-né, 2 à un an, 6 de 3 à 5 ans, 5 de

5 à 10 ans, 3 dé 10 à 14 ans. En 1910, BABONNEIX et L. Tuer l'ont trouvée chez le nourrisson. En 1921- 1922, BROUSSOLE fait une étude clinique et hématologique de cette affection. En 1923, Mile Conpar en a vu quelques cas. En 1923 également, MM. LErREBOULLET et

‘BouLanGEer-Pizer publient une observation très com-

plète et font une étude détaillée de la leucémie aiguë.

Env1924, Mlle GC. Waoui, consacra une thèse à plusieurs

cas recueillis dans le service de M. Nogécourr. En la

même année, CoLARD, dans sa thèse, a relaté quelques

observations inédites prises dans le service de M. Lesné.

Et depuis, diverses observations sont publiées.

heureusement elles ne peuvent être facilement résu-

mées. Comme M. LEREBOULLET y a maintes fois insisté

dans son enseignement oral, après l'avoir signalée avec

M. Bourancer-Pirer, il est rare qu’une observation de

leucémie aiguë infantile soit isolée, on en retrouve au même moment d’autres cas observés et d’ailleurs on ne peut se faire une idée de sa fréquence par les seuls cas publiés, car beaucoup sont méconnus ou restent inédits. C’est ainsi qu'au moment où il observait sa malade en 1923, M. Nogécourr en avait un autre dans son service et M. LEREBOULLET a eu connaissance de 5 à 6 au-

tres cas recueillis en ville. Plus tard, alors qu'il en

Nous aurions voulu pouvoir les grouper toutes, mal- .

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suivait un cas avec M. Sanr-Girons, M. Huger en voyait un autre aux environs de Paris et plusieurs cas étaient simultanément observés. M. LEREBOULLET en suivait un second quelques semaines plus tard. Ce sont tous ces

faits que nous nous efforçons de grouper ainsi.

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