SCENE PREMIERE
MÊLANIE, seule, sortant de la maison de son père, avec mystère et précaution.
Mon père est sorti... oh ! s’il savait !... Ce rendez-vous, aurais-jc dû l'accepter?.. Mais comment faire pour résister à ce M. Martial Palô-
mon ?... Il est capable de tout ! hier soir, u*ai-jc pas trouvé ce billet sous mon oreiller I... ( Elle lit.) «Ce 17 août 1816. Céleste Mêlante, si jo » laissais éclater le volcan qui gronde dans mon » cœur depuis que j’habite cette maison en com- » ntuu avec votre père, ce serait du biturno et de » l'asphalte qui couleraient dans tua plume et
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» brûleraient le papier. » Faut-il qu’il m’aime pour trouver des choses comme (al... (Lisant.)
« Le style est l'homme, a dit un ancien du Jardin » des Plantes... Jugez à mon style quel homme je »* saisi... Ne m’objectez pas, Mclanie, de vains » préjugés de modestie et de pudeur... Je foule n tout aux pieds, tout, jusqu'il M. Hochepot, votre » respectable pèrc!...n ( Parti, et d'un ton de reproche. ) Eh bien ! monsieur ! ( Lisant. ) « Ce n’est » pas quand on a, comme moi, bravo en face feu « le gouvernement impérial et sa gendarmerie, j » qu’on peut avoir peur d’un ganiier-culottier... | « cl retiré encore 1 ... Si demain matin, entre dix j » et onze, vous ne venez pas inc rejoindre sous la » tonnelle du jardin, ahl... Mélaoie, je suis ca- , » pable d'une foule de choses que je ne vous dis I » pas... » (Parlé.) Pauvre jeune homme! il est j un peu fou , et il le deviendra toul-â-fait si je ne vais pas A son rendez-vous!... ( Lisant. ) « Mon » respect égalera .. . » (S‘ interrompant tout- à-coup, et remettant précipitamment la lettre dans sa poche en apercevant Hochepot.) Dieu! mon père!