SCENE XI
IIOCIIEPOr, MÊLANIE, MARTIAL.
HOCHEPOT
Nous voilà seulsl (A part.) Commençons. ( Haut et d’un ton sévère à Martial, qui est resté les mains appuyées sur la table, et regarde de côté et d'autre ou est sa chaise.) Martial Palémon I mais asseyezvous donc.
MfeLANII.
Asseyez-vous, monsieur Martial.
MARTIAL
Oui, je sais bien; mais ma chaise, où est-elle?
HOCHEPOT
Comment! votre chaise ! vous ne l’avez pas? (il se lève en avançant un peu sa chaise du côté de Martial) en faisant un mouvement, peut-élreque vous l’aurez...
Il fait quelques pas en cherchant.
martial, prenant machinalement la chaise qu’Ho chepot vient de quitter.
Ah I la voilà !
hochepot, revenant pendant que Martial s'assied.
Aussi, je disais... elle ne peut pas s’élre envolée 1
MARTIAL, assis.
Je vous écoute, monsieur Hochepot... asseyez, vous donc.
HocnspoT, cherchant autour de lui.
Oui, mais ma chaise?
martial.
Comment? la vAtrc aussi! il y a donc un sort? c’est singulier!
mélanib, se levant.
Mon père, prenez la mienne.
martial, de même.
Par exemple! je ne souffrirai pas.
hochepot, les arrêtant.
Non! restez, restez assis... je parlerai debout; ça me sera même plus commode. (Reprenant son ion sévère.) Martial Palémon !...
martial.
Bien! voilà quatre fois qu’il le dit!
hochepot.
Abusant de la condescendance que j’ai eue pour vous...
martial, à part.
Ah! ahl
mélanie, de même.
Ça commence mal.
hochepot, continuant.
En vous louant deux chambres chez moi...
MARTIAL
Quarante-cinq francs par mois.
hochepot, naturellement. 1
C’est le prix. (Reprenant sa gravité.) Comme je l’aurais fait pour mon fils...
Avec des cheminées qui fument.
MÉLAN1E, bas à Martial.
Mais taisez-vous donc!
HOCHEPOT
Je crois que vous vous permettez d’aimer ma fille! je vous avoue que je le crois !
martial, se levant.
Qui est-ce qui a dit ça*?
mélanib, se levant.
C’est moi donc! Aussi, monsieur, vous êtes trop timide, trop discret I Moi, d’abord, j’ai tout avoué à mon père, je lui ai même montré votre lettre! martial.
Ma lettre! (.4 part.) En voilà une bêtise! (Haut.) Eh bien, donc, arrive qui plante! je me moque du qu’en dira-t-on, je me dévoile enfin! et un seul mot va vous découvrir l’état déplorable de mon cœur! votre fille... votre fille me plaît 1 * Martial, Hochepot, Mêlante.
MAGASIN THEATRAL
MÈLANIE.
Et moi, à mon tour, je vous dirai que M. Martial m’a toujours semblé un jeune homme bien aimable, charmant.
martial, modestement.
Oh I
MÊLAKIE.
Qui a tout plein de bonnes manières, et pas mal d'esprit.
martial, de même.
C’est trop, Mélanie !
MÉLANIE
Je ne suis ni aveugle ni sotte 1
* MARTIAL
Trop ! beaucoup trop l
UOCDEPOT.
Bref! vous vous aimez, et vous croyez que moi, I Guillaume Uochepot, comme un père Jobard, quand vous ne vous êtes mémo pas donné la peine | de me consulter, je vais rester là, les bras croisés, les yeux fermés, à vous regarder sans rien dire? Non 1 il n’en sera rien I à mon tour, moi aussi je me dévoile, et je vous dis : Monsieur... et je vous dis: Mademoiselle... (Changeai de ton.) Dans mes bras, dans mes bras, mes enfans! aimez-vous tout à votre aiso, j’en suis enchanté I
Martial et Mélanie se jettent dans ses bras.
MARTIAL
Ah l mais alors c’est parfait; et, puisque vous le prenez comme ça, je vous déclare que je n’aime pas votre fille !
Quoi?
MARTIAL
Je l'adore 1 vous aussi, je vous adore! pas autant qu’elle, ça n’est pas à comparer; mais, c’est égal, je vous serre, je vous serre sur mon cœur...
(il embrasse Mélanie) je vous presse contre ipa poitrine.
Il l'embrasse de nouveau.
hochepot, attendri, les tenant toujours dans ses bras .
Aimez-vous, mes enfans! aimez-vous 1 martial, embrassant encore Mélanie.
Mais, dam t vous voyez... O gros hommo du bon Dieu ! il pleure! vrai! il pleure d’attendrissement ! (Il se dégage des bras d’ Uochepot.) Mélanie, contemplez avec moi la face auguste de votre pèrel Colosse, va !
UOCHEPOT.
Vous la rendrez heureuse?
martial.
Tous les jours do la vie, oui! oui! oui! et moi, vais-je l’être avec une jolie petite femme comme ça!
Madeleine, appelant du dehors .
Monsieur! monsieur!
martial, revenait! tout-à-coup à lui .
Une femme ! à moi l miséricorde ! ça m'en ferait deux ! infernale levée des trois cent mille hommes! |
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