‹ La liberté commerciale et les résultats du traité de commerce de 1860Chapitre 6 sur 48 · EXPORTATIONS. — COMMERCE SPÉCIAL · texte numérisé non relu

EXPORTATIONS. — COMMERCE SPÉCIAL

Augmentation.

Laines . . .

Vins. . . .

Eaux-de-vie

J ai déjà indiqué les résultats de nos relations spéciales avec l’Angleterre : vous avez vu que l’accroissement général du commerce de la France avec le monde entier s’accuse en traits plus éclatants encore; alors qu’il s’agit des relations commerciales entre la France et l’Angleterre, le traité de 1860 se recommande également de ce côté à l’adhésion des protectionnistes les plus déterminés.

Il n’est pas un des principes que les protectionnistes ont l’habitude de mettre en avant, qui ne rencontre satisfaction dans les faits, tels qu’ils se sont produits.

Je vous ai montré quel était le résultat pratique d’un régime qu’il suffit de connaître pour l’approuver, et pour en écarter les critiques violentes dont il a été l’objet. Le mal qu’on lui impute vient d’ailleurs; loin

Bestiaux 20 à 81.5

Beurre et fromage 35 à 72

Œufs n.8 ù 38.9

Fruits de table 15 à 23

Poisson de mer 13 à 21.9

Peaux préparées 32 à 67

Peaux brutes 2 à 20

Ouvrages peau et cuir 59 à 94.9

Chapeaux de feutre 6 à 9.7

Horlogerie ^ ù 8.7

Bimbeloterie, mercerie, tabletterie, petits meubles 95.8 à 202.4

Modes, fleurs artificielles 6.8 à 18.4

Confection, linge, babillemjîiit .... 77 a 120

Papier et ses applications 21 à 32

Potasse, verre et cristaux 27 à 36

Tissus (le soie 333 a 46 1 .

— laine 188 à 301

— lin et chanvre 14 à 31

— coton 21 à 81

IIÉSL’LTATS IH' THAITÉ DE l86o.

de l’aggraver, il en a singulièrement adouci les résultats. L’industrie française, au lieu de décliner, a grandi depuis huit ans, tout s’accorde à le prouver, et l’importance de notre commerce, et l’utilisation progressive des matières premières, et l’emploi de plus en plus considérable de la houille et du fer.

Quelle a été la cause principale du malaise dont se plaignent certaines industries?

Elle tient en partie au succès rapide qui a suivi l’application du traité de 18G0. Relevez le nombre des métiers dans les cités manufacturières qui font le plus vivement entendre leurs doléances, et comparez-le à celui des métiers qui battaient avant 1860, vous aurez le mot de la situation actuelle.

On a profité du régime nouveau ; on a accru la production. On a pensé que cet accroissement irait toujours d’une manière progressive : ce n’était pas possible. L’avantage acquis était considérable, mais l’accroissement continuel de la production, la multiplication continuelle des métiers n’étaient pas un acte de prudence ni un acte de prévoyance. On a augmenté les métiers au delà des besoins du marché : les succès obtenus,les riches moissons recueillies pendant quatre ou cinq années ont encouragé à forcer les moyens de production au delà d’une sage mesure. E!st-ce donc au traité de 1860 qu’il faut se prendre du malaise temporaire subi par certaines industries? Est-ce le traité de 1860 qui est coupable du défaut de proportion de la fabrique ou d’un entraînement trop soudain de l’esprit de spéculation?

Un partisan éclairé du régime de la protection ma adressé une lettre dont je lirai quelques lignes; elles semblent fournir la confirmation précise des indications que je viens d’énoncer :

« Tout en ayant gagné, pendant quelques années, Roubaix (je préfère citer le nom même de la grande métropole manufacturière qui se plaint aujourd’hui), Roubaix se trouve actuellement dans un état précaire ; les fabricants, trop confiants dans la marche croissante de leurs affaires, ont monté des métiers en raison des demandes qui leur étaient faites; maintenant que les transactions sont diminuées, la fabrique produit beaucoup et elle est obligée de restreindre cette production avec un matériel trop considérable sur les bras. »

Le succès acquis a poussé à une multiplication trop rapide des métiers; le marché ne suffit plus, surtout dans des époques de gêne comme celle que nous traversons, pour absorber toutes les marchandises produites; on rejette sur le traité de commerce la responsabilité d’un état de choses qui vient de ce que ce traité a agi d’une manière extrêmement favorable dans les premières années qui font suivi.

La liberté du commerce, j’ai eu l’occasion de le dire il y a plus de vingt ans, agit comme une machine nouvelle, d’une puissante influence*. Elle entraîne avec elle une transformation inévitable de matériel et de procédés, qui cause un trouble lem-

* Éludes d'économie politique et de stalistique, 1848.

HÉSULTATS DO TKAri*É 1»E l86o.

poraire. Nous l’avouerons, ce qui nous a surpris, c’est l’aisance avec laquelle s’est opéré un changement toujours pénible à subir. Si l’on venait, comme de pauvres ouvriers qui peuvent jusqu’à un certain degré rencontrer une excuse dans le défaut de lumières et dans l’entraînement auquel les expose la nécessité de chaque jour, si l’on venait briser cette machine, quel triste symptôme des erreurs vulgaires! Comme les autres machines, celle de la liberté commerciale conduit à faire atteindre le double résultat auquel nous devons viser et qui consiste à augmenter le salaire, tout en multipliant les produits obtenus à meilleur compte. Les conditions meilleures viennent toujours de la même source, du travail économisé, c’est-à-dire du résultat accru, car on ne fait pas du 'travail pour faire du travail, comme on a prétendu faire de l’art pour l’art; on travaille pour produire le plus possible,

J’arrive à l’argument dont on s’est le plus servi et qui me tient le plus à cœur, l’intérêt des ouvriers dans celte grande question.

On ne connaît pas assez la répartition de la population ouvrière de la France. Si les chiffres relevés à cet égard étaient plus généralement répandus, la discussion à laquelle nous assistons se terminerait promptement.

Quelle est la répartition générale de la population française? Voilà ce que j’essayerai d’exposer rapidement.

En comptant par grandes divisions la population

de la France, nous voyons que l’agriculture comprend aujourd’hui à peu près la moitié des habitants.

L’industrie en compte un peu plus d’un quart.

Le commerce occupe et nourrit un million et demi d’hommes sur les trente-huit millions de population.

Les professions diverses intéressant l’agriculture, l’industrie et le commerce, au delà d’un million.

Les professions libérales, près de deux millions.

Les individus vivant exclusivement do leurs revenus sont au nombre de dix-huit cent mille, et les personnes appartenant à la catégorie des professions libérales s’élèvent à peu près à la môme quantité.

Telles sont les grandes divisions de la population française

On a souvent dit : Pourquoi vous jnquiétez-vous des droits de douane qui peuvent améliorer les conditions des producteurs. Vous parlez des consommateurs, montrez- nous donc ce rare phénomène : un consommateur qui ne soit pas en même temps un producteur. Est-ce qu’il ne s’établit pas des compensations?

Vraiment il faut avoir le cœur bien dur pour re-

* Nous publions aux annexes divers lableaux qui donnent, d’après le dénombrement de 1866 , le nombre des patrons, employés et ouvriers des industries textile, extractive et métallurgique, de rimluslrie dcTbabillcment, de celle de ralimentation, ainsi que la désignation cliifTréc de tous les groupes industriels.

RÉSULTATS DU TRAITÉ DE l86o. liO

fuser aux producteurs la satisfaction qu’ils désirent, alors que la compensation doit se faire, des comptes s’établir en équilibre, et que cest la main droite qui payera la main gauche I

Par malheur, les choses ne se passent pas tout à fait ainsi. Si c’était la main droite qui payât toujours la main gauche, je me plaindrais encore de voir les frais de perception peser sur les deux mains, et quelque chose s’égarer en route ; mais je ne crois pas qu’il s’établisse entre la main droite et la main gauche une compensation exacte, qui n’aboutirait d’ailleurs qu a consacrer une illusion pure et simple.

On dit : Montrez-nous un consommateur qui ne soit pas un producteur? Soit. Mais producteur de quoi? Comment? Les divers producteurs partagentils la môme position ? Est-ce que les professions libérales, par exemple, sont intéressées aux droits de douane? Est-ce que ceux qui produisent, et leur nombre s’accroît de plus en plus avec le progrès des lumières et le développement de la civilisation, estce que ceux qui produisent intellectuellement ou se livrent aux travaux les plus rapprochés des œuvres intellectuelles peuvent proGter du droit de douane? Pas le moins du monde! Ecartez cette catégorie, vous savez quelle est considérable.

Les commerçants sont-ils favorisés par les droits de douane? Non, sans aucun doute : le commerce vit de la facilité, de la multiplicité et de la rapidité des transactions. Il soulfre de la douane, il n’en profite pas.

On avait réussi jadis à rallier l’agriculture au dra-

peau de la protection ; elle Ta résolûment répudié, et pour les céréales, et pour le bétail, et pour les autres denrées; elle est revenue à d’autres sentiments, à d’autres idées; elle connaît mieux ses véritables intérêts , elle aussi ne peut profiter que de la liberlé: elle grandit par la facilité des échanges.

Quoi qu'il arrive, lui disait-on il n’y a pas longtemps, quand le prix des grains était bas, les blés resteront à vil prix; dès qu’une demande plus forte réagira, les montagnes de céréales qui s'amoncellent aux bords du Danube, dans la Russie méridionale, en Egypte, vont s’écrouler sur notre pays; la culture deviendra impossible.

La réponse est facile : Les prix ne se sont que trop relevés, mais grâce aux principes qui ont servi de point de départ de la réforme sur les céréales, en Angleterre, et qui se communiquent au monde entier, le pays, s’il souffre aujourd’hui de la cherté du pain, n’est pas du moins exposé aux horreurs de la disette et de la famine. Ce fléau a disparu pour toujours du monde civilisé, par suite de la diffusion des relations commerciales.

Nous pouvons apprécier quel est l’intérêt du plus grand nombre, puisque c’est au . nombre qu’on a voulu faire appel.

Ce n’est pas tout; au milieu de ces millions d’individus qui travaillent dans les diverses industries, ou que ces industries font vivre, quels sont ceux qui peuvent se croire intéressés aux droits de douane élevés? C’est la très-faible minorité. Ce n’est pas la

RÉSULTATS UU TMAiTÉ DE l86o.

vingtième partie de la grande famille de l’industrie française.

D’abord se présentent les manufactures de tissus; je ne suis pas de ceux qui croient que notre industrie se trouve tellement arriérée, qu’elle ne puisse supporter l’air libre de la concurrence. Je crois qu’il y a une grande, une belle industrie qui emploie une quantité considérable de bras, l’industrie dos laines, et qui se trouve assez bien du régime de la liberté commerciale; que dire de l’industrie des soieries, éminemment française? que dire dans chacune des autres catégories de tous les objets de goût qui constituent pour la France, au dire de Colbert, le plus adroit de tous les commerces?

One dire de cette ingénieuse, de cette féconde industrie parisienne qui multiplie, sous toutes les formes, un appel victorieux aux consommateurs du monde entier?

Est-ce que ceux qui désireraient des droits plus élevés sur les produits étrangers, songent à abandonner le commerce du dehors ? Est-ce que l’exportation française, quant aux produits des grandes manufactures, ne se chiffre pas chaque année par centaines de millions ? Sur les marchés du dehors, nous rencontrons nos rivaux à conditions égales; nous ne profitons môme pas de ces droits que quelquesuns voudraient regarder comme insuffisants. Il faut cependant que l’on vende. A quelles conditions? Quel est l’élément sur lequel la réduction doit s’exercer, alors qu’il s’agit, dans un régime restrictif, decon-

LA LIBt:inK COMMERCIALE.

server les marchés étrangers ? II n y a qu’im élément élastique , j ai promis de dire la vérité, je la dirai tout entière, il n’y a qu’un élément élastique sur lequel puisse porter la réduction, c’est le salaire des ouvriers. Le capital se transporte aisément de pays en pays et ne se contente nulle part de conditions moins bonnes; la rente du sol ne saurait être diminuée par le droit de douane; quel est donc l’élément de production sur lequel pèse nécessairement une condition inférieure, si celle-ci existe en réalité*?

Cest le salaire de l’homme, c’est la vie de celui qui travaille; l’observation a été faitcplus d’une fois et vérifiée par l’expérience. Sous l’empire de la prohibition, les industries auxquelles ce régime se trouvait appliqué, présentaient les salaires les plus bas; pai* une fatale contagion, cet abaissement des salaires, amené par le désir de porter les marchandises sur les marchés étrangers, cet abaissement des salaires s’étendait de proche en proche à tous les ouvriers. Ouel est, au contraire, le fait saillant, le fait auquel nous assistons, et que constatent nombre de plaintes que nous entendons retentir, sans nous y associer? C’est l’accroissement des salaires. Le point de départ de l’accroissement des salaires, de l’amélioration dans la condition de ceux qui travaillent, se trouve dans l’application partielle encore, mais enfin dans l’appli-

’ Lu seule m.inufaclurc qui ne puisse past'lre prolégée par la douane, c’est la inanuracliire des bras. Nos ouvriers sont trop pénétrés de l'esprit de la rratornilé humaine pour demander, sauf des cas d’excitation passagère, une barrière contre l’arrivée des travailleurs étrangers. Cela suffit pour que toute hausse ariilicielle du salaire devienne impossible.

HÉSULTATS f)U TKAMÉ DlC l86o.

cation plus large du principe de liberté commerciale. Une observation pareille a été faite en Angleterre.

Une production plus abondante, réalisée dans des conditions meilleures; plus de résultats obtenus avec une moindre dépense de force et de capital; plus de machines mises en œuvre et plus de lumières, telles sont les bases sur lesquelles repose l’amélioration dont tous profitent. La part des ouvriers devient moins exiguë, quand la masse produite augmente ; le salaire se relève au contact de la liberté commerciale.

La condition de l’industrie française est mauvaise, dit-on; cependant les salaires augmentent! La condition de l’industrie française est mauvaise, dit-on, et la production s’accroît! Vous employez plus de fer, plus de charbon, plus de matières premières, et l’on dénonce la condition de l’industrie comme déplorable! Qtie serait-elle donc, si nous avions moins d’acier, moins de fer, moins de tissus, moins de matières premières?

L’abondance de la production, c’est là ce dont on doit s'occuper, c’est là ce qu’il faut favoriser avant tout, parce que la récompense du travail ne descend pas du ciel, elle découle de nos bras. Les résultats de la production se répartissent entre tous ceux qui ont contribué à la créer; suivant que ce résultat sera plus ou moins abondant, la part de chacun sera plus ou moins suffisante *.

‘ Le tarif de douane, destiné à élever le prix du produit créé à l'intérieur, a pour but de donner une subvention véritable. C'est un impôt qui pèse sur tous les consommateurs et qui est perçu au prutit de ceux qui obtiennent un privilège; or nous ne devons payer Timpôtqu'à l'État. Par suite du droit exigé à la frontière, ou arrive à rémunérer ce qui

Les adversaires du régime de i860 disent : Nous ne pouvons produire qu’à tel prix; et l’ouvrier ne pourra-t-il pas dire, en vertu du môme système : Je ne peux vivre qu’à tel prix. Que lui répondrez-vous, si, au lieu d’invoquer la marche régulière, naturelle du développement économique des sociétés, vous voulez imposer des tarifs arbitraires et recourir à des moyens factices? Les tarifs arbitraires et les moyens factices, ce n’est pas seulement sur la production qu’on peut les faire agir, on peut les faire agir aussi sur les salaires. Vous connaissez le danger et vous évoquez des doctrines fausses et périlleuses au premier chef 1 Formuler en principe le droit au profit^ n est-ce pas, en vertu d’une conséquence irrécusable, faire réclamer le droit au travail?

Non, telle n’est pas la vérité ; elle se trouve dans l’application d’une économie plus saine, plus généreuse, plus libérale.

Si l’on prétend imposer d’une manière factice des conditions à la production, j’en ai montré les effets et les conséquences.

Je n’ai pas reculé devant des chiffres arides, j’ai écarté ce qui pouvait fournir la pari la plus brillante de cette discussion, je l’ai écarté de propos délibéré ;

n’est point un service rendu, et, en fin de compte, cette faveur équivaut à un secours. Elle conduit à quelque cliose d’analogue au résultat des aleliei's nalionauj, de triste mémoire, où l’on arrivait à récompenser un effort stérile, pareil au Iread-mill des workiiouscs anglais, où les hommes étaient employés h tourmenter le vide. An lieu de créer ainsi des biens, on les détruit; on gaspille le principal élément de la production, l’activité humaine.

RÉSULTATS DU TRAITÉ DE l86o.

j’ai préféré analyser devant vous les différentes catégories qui composent la population française.

Il est un fait sur lequel je dois encore appeler votre attention, c’est le mouvement accompli par les différentes parties de la population dans ces derniers temps. .

Tout le monde le sait, la portion de la population consacrée à l’agriculture a diminué; — je n’entre pas dans l'examen des causes ni dans l’étude spéciale de cette question. — La portion de la population consacrée à l’industrie a augmenté. Est-ce là un signe de détresse industrielle ’?

L’industrie textile, en y comprenant tous les tissus : la soie et la laine, qui ne redoutent point la concurrence, aussi bien que le coton et le lin, occupe un personnel nombreux ; en dénombrant les familles de ceux qui vivent directement ou indirectement de ces professions, cette fraction de la population industrielle de la France, entrepreneurs, patrons et ouvriers, forme un total de deux millions.

Mouvement de la population {par million d'habilanls).

IftSI.

issa.

tset.

Population agricole

Population 1nduslriellc*comincrcia1e. . . .

Professions libérales vivant de leur revenu.

Sans profession ou non constatée. . . . .

Population

Nombres projwrlinnnels sur

une somme de 10

Agriculture .

Industrie, commerce

Professions libérales vivant de leur revenu.

Sans profession, non classés

L'industrie extractive, mines et carrières, se chiffre par 429,000 individus, hommes, femmes, enfants, vieillards.

L’industrie métallurgique, la fabrication des métaux comptent 151,000 individus, sur lesquels on n’en trouve guère que 64,000 qui exercent directement le travail.

La fabrication des objets en métal, l’industrie du cuivre, ces industries qui ont tant progressé dans ces dernières années, et qui certes ne redoutent pas l’application de la liberté, comptent plus de 120,000 personnes.

L’industrie du bois 286,000 personnes,

La céramique 236,000 —

Les produits chimiques, un des objets dont l’exportation s’accroît le plus, et pour lesquels la prééminence est acquise à la France, 73,000.

L’industrie du bâtiment à elle seule compte 2,261,000 personnes.

L’industrie de l’habillement et de la toilette, industrie très-modeste en apparence, qui exporte et n’importe guère, comprend. 2,108,000 individus.

L’industrie de l’alimentation 1,700,000 • —

Et l’industrie des moyens de transport 426,000 —

Les autres industries comptent un nombre moindre.

J’ai indiqué seulement les catégories principales ;

RÉSULTATS DU TRAITÉ DE l86o.

elles militent toutes en faveur de la persistance dans les voies ouvertes par le traité de 1860 ,

Ce traité, j’ai essayé de vous en faire comprendre l’esprit,* de vous en faire connaître les principales dispositions. Ce qu’on a voulu y trouver ne s’y rencontre nullement. Il ne consacre pas le libre échange; il essaye d’établir des relations commerciales plus faciles et plus fécondes, c’est un premier pas dans une voie salutaire. On doit le défendre comme on salue l’aurore d’un jour meilleur ; les reproches adressés au traité de 1860 tombent k faux.

Il affranchit les matières premières;

Il substitue à la prohibition des droits protecteurs ;

Il conduit à l’extension des moyens de transport et il a provoqué des avances consenties pour renouvellement de matériel.

Les maux dont on a voulu le rendre responsable sont étrangers à la lettre et à l’application de ce traité.

Je finirai comme j’ai commencé, par une citation de Turgot : c’est un des hommes dont on devrait mieux étudier et approfondir les écrits, un des hommes de tête et de cœur dont la France peut le plus s’enorgueillir.

Il écrivait au docteur Josias Tucker, à une époque où l’Angleterre était plus arriérée encore en matière de liberté commerciale que nous ne le sommes maintenant :

« Je vous avoue que je ne puis m’empêcher d’être étonné que dans une nation qui jouit de la liberté

LA LIBERTÉ COiMMERClALE.

de la presse, vous soyez presque le seul auteur qui ait connu et senti les avantages de la liberté du commerce et qui n ait point été séduit par la puérile et sanguinaire illusion d’un prétendu commerce exclusif.

« Puissent les efforts des politiques éclairés et humains détruire cette abominable idole qui reste encore après la manie des conquêtes et l’intolérance . religieuse, dont le monde commence à se détromperl Que de millions d’hommes ont été sacrifiés à ces trois monstres 1 »

Le régime exclusif, la jalousie commerciale, voici un des monstres dont parlait Turgot; il est à demi renversé, ne le laissons pas se relever, ne prenons pas la triste responsabilité de la perte de millions d’hommes qui seraient entraînés sur les champs de bataille pour la défense d’intérêts étroits, de ces intérêts exclusifs, qui peuvent profiter à quelques individus, mais non pas à la nation.

Il faudrait posséder le talent prestigieux de M. Thiers pour tenir des auditeurs en haleine pendant quatre ou cinq heures, afin de développer d’une manière plus complète une matière aussi importante. J’ai dû me restreindre, j’ai pris conseil de mes forces et des limites de votre attention; il a fallu beaucoup élaguer, beaucoup sacrifier.

Je me suis appliqué uniquement aux points culminants de la question ; j’ai montré que le régime commercial actuel avait accru les richesses de la France; j’ai relevé la marche suivie par notre coro-

RÉSULTATS DU TRAITÉ DE l86o.

merce depuis 1860 *; j’ai insisté sur la répartition de la population laborieuse de la France *, afin que vous soyez convaincus que la presque totalité de cette

^ Il est utile de décomposer les éléments de l’imporlatioii étrangère pour se rendre un compte exact de rinfluence qu’elle peut exercer,

A entendre les plaintes qui éclatent, on serait tenté de croire que la fonte, le fer et les tissus du dehors envahissent notre marché dans une progression rapide. Rien de plus inexact qu’une semblable hypothèse; il sufüt, pour l’écarter, d'étudier la marche des importations depuis

Imjwrtalions {valeur eu millions de francs).

tS&H.

ffMI.

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