L’Estoile, Journal de Henri IF, p
3. Voici un passage d’un sermon d’Aubry, prêché le 15 avril t59t : « Mes amis , si jamais ce méchant relaps et excommunié entre dans Paris, il nous ostera notre saincle messe, fera de nos églises des eslables à ses chevaux, tuera nos prestres et fera de nos ornements des chausses et livrées à ses pages. Cela est si vrai comme est vrai le Dieu (pic je vais manger et recevoir. » Le même Aubry, qui était curé de Saint-André des Arcs, fit une procession pour « prier M. Sainct Jacques, le bon sainct, de donner de son bourdon sur la tête à ce diable de Béarnois et de l’escrazer là devint tout le monde. » — « Je voudrais, disait Boucher, l’estrangler de mes deux mains. » Il raillait sa conversion , mettant le doigt sur la plaie : a On l’a vu en la mesme heure huguenot, et en la mesme catholique! et puis le voilà à la messe! et sonne le tambourin! Vive leroj!» — a C’est un paillard, disait-il encore, un relaps, un sacrilège, un brûleur d’églises, un corrupteur de nonnains, sanguinaire, félon, excommunié, violateur des lois divines et humaines. » — « Qu’on aiguise les poignards, » s’écriait un cordelier. — « C’est un blasphème de penser que le pape absolve le Béarnais, disait un Jésuite; quand un ange descendrait pour me dire : « Reçois-lc, » l’ambassade me serait fort suspecte. » Et le cordelier Garin ajoutait, en pleine chaire : « Il croit à Dieu comme à ses vieux souliers. Ne se trouvera- t-il pas un honnête homme qui le tue? »