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TROISIÈME EXÉCUTION. — LE JOURNALISTE DE ROZOY

De Rozoy est le premier homme de lettres que Ton ait condamné à mort pour ses écrits. Il ouvre la ijiarche des nombreux journalistes bâillonnés par un gouvernement soi-disant libre et qui voulait toutes les libertés, — excepté cependant la liberté de

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la presse, la liberté de la parole, la liberté de l'opinion et quelques autres libertés.

De Bozoy, tour à tour rédacteur de Y Ami du Roi et de la Gazette de Paris, avait mérité le surnom de Stentor de la royauté. La véhémence de son style, l'éclat ardent de sa conviction, la témérité de sa polémique, avaient fait de lui le premier champion de la cour. Les Jacobins le haïssaient et le redoutaient d'autant plus qu'il leur avait dérobé leurs propres armes afin de mieux les combattre, c'est-à-dire leurs formes acerbes, leurs propos violents et leur tactique de déconsidération personnelle. Il attaquait corps à corps ses adversaires, et, après une lutte sanglante, il ne leur laissait pas même un haillon d'honneur ou de probité pour se couvrir. C'était un maître journaliste, d'ailleurs, qui regardait la dignité comme frivole en ce temps de guerre civile, et qui ne voulait pas laisser aux feuilles des sansculottes le privilège de l'impertinence. Il jugeait que l'heure des civilités de Fontenoy était passée, et que, dans l'étroit défilé où s'était placée la monarchie, le meilleur parti pour elle était de chercher à se frayer un passage, l'épée à la main 1

Aussi la Gazette de Paris, surtout vers les derniers temps, était-elle devenue d'une lecture trèsirritante pour les patriotes, qui ne se faisaient pas faute d'imputer au roi lui-même les paroles souvent imprudentes — il faut en convenir — de De Rozoy. La verte façon avec laquelle il traitait le peuple

occasionnait des soubresauts au parti révolutionnaire, a Oh 1 la vile race, s'écriait-il en parlant de la population parisienne, que celle dont on peut tout faire en la nourrissant de papier, en l'amusant avec une cocarde, en lui donnant des fêtes où Ton crie : rivent les brigands l »

De Rozoy ne traitait guère mieux l'Assemblée ; on en jugera par cette fable d'un très-bel et d'un très-fier accent, où il parle des scélérats du Manège ;

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