I. LA LIBKHTÉ. — U MBKRTK KT LA PSYCUOLOGIE Ho
môme les rejeter dans l'inconscient. Lorsfjue cette tacti(iue de la volonté réussit, parfois après de longs efforts et des luttes héroïques, « rinclination faible » est devenue au contraire «la plus forte >, et nos dispositions sont changées. Donc, s'il est vrai de dire que nous agissons toujours conforménient à nos dispositions ou à nos tendances les plus fortes, il est faux que ces tendances soient nécessaires ou nécessitantes, puisque nous sommes maîtres, au moins dans bien des cas, de les modifier, et que nous pouvons entrer comme un facteur important dans leur formation et leur évolution.
< Nous voulons toujours comme nous pensons >; cela est vrai sans doute, mais sur une foule de questions contingentes, nous sommes à peu près les maîtres de penser comme il nous plaît. Voilà pourquoi la force des mêmes motifs varie d'un homme à un autre homme, et, pour le même individu, d'un instant à un autre instant. C'est que la force des motifs ne vient pas seulement des motifs pris objectivement, mais de ce que notre volonté propre y ajoute en les faisant siens, et en les déclarant meilleurs, non pâsen eux-mêîïies et d'une façon abstraite, mais meilleurs pour nous dans les circonstances actuelles. Nous pouvons donc céder au motif le plus fort, tout en n'obéissant qu'à nous-mêmes et à notre libre choix.
Le lecteur peut déjà entrevoir l'explication que nous concindonnerons bientôt du fonctionnement de notre liberté. """ ''" Mais nous nous en tenons pour le moment aux faits '""' psychologiques, sans chercher davantage à les expliquer. Nous nous bornons à répliquer à nos adversaires que leurs systèmes reposent sur des vues a priori., et qu'ils contredisent formellement les faits de la conscience. L'explication de ces faits, si importante, viendra en son lieu. Rechercher co^mnent ces faits sont
la (lisrih'sion.
possibles, comment nous pouvons ainsi raisonner et vouloir librement ; nous faire une idée claire du fonctionnement et de l'essence même de notre liberté, ce sera l'objet d'un chapitre spécial où nous rapprocherons le fait psychologique des données positives de la métaphysique. Car c'est la métaphysique seule qui peut nous donner la clef du mystère, supposé qu'il soit accessible à l'esprit humain. Pour le moment, bornons-nous à constater les faits de la conscience,et à trouver en eux la contradiction et la condamnation du déterminisme psychologique.
Lesidée=- Cette action nécessitante des motifs en général ou
forces ^
Fmiinéé ^" motif le plus fort, soutenue par tous les partisans du déterminisme psychologique ancien et moderne, a trouvé un nouvel et habile défenseur dans l'inven teur de la théorie des idées-forces.
Pour M. Fouillée, l'idée n'est pas seulement un but, une direction finale donnée à l'activité propre de notre volonté, mais elle serait cette activité ellemême ; au lieu d'être seulement cause finale, l'idée deviendrait cause efficiente de nos volitions ; et partant nos volitions deviendraient nécessaires comme nos idées, puisqu'elles seraient identiques. Les raisons spécieuses de cette théorie, aujourd'hui à la mode, méritent bien quelque examen.
^niière' La première assertion des partisans de l'idée-force, uoT' c'est que toute idée meut ou est essentiellement mo-
criiique. ^^.^^jg Qg^g assertion est-elle bien exacte?
Sans doute, il y a un grand nombre de représentations cinétiques, (\m provoquent le mouvement. On connaît l'effet produit sur les nerfs par la musique, telle qu'une marche militaire qui imite le mouvement, et par là même le provoque. L'air d'une danse est