‹ La libertéChapitre 23 sur 85 · DapoDt-White, liv. XLIV · texte numérisé non relu

DapoDt-White, liv. XLIV

sur le partage égal des successions , et tout ce que rÉtat fait pour Téducation publique. En hygiène , il agit par la limitation des heures de travail (lorsqu'il les limite) 9 par la loi sur le travail des enfants, par les quarantaines et les cordons sanitaires , par la proscription des logements insalubres , etc. En industrie, il fait des routes , des canaux, des chemins de fer; il fabrique lui-même le tabac et la poudre ; il fait des tapis à Beauvais , des glaces à Saint-Gobain , des porcelaines et des cristaux à Sèvres, des canons et des machines à Indret et à Brest. Pour les beaux-arts, il a des bibliothèques, des musées, des écoles, des pensionnaires, des commandes. Que ferait l'industrie privée, livrée à elle-même et chargée de pourvoir à toutes les nécessités sociales? Elle songerait à ses intérêts : d*où les entreprises médiocres, incohérentes, mal exécutées, à courtes échéances. En éducation, le charlatanisme , des résultats hâtifs , superficiels ; en travaux publics, des constructions sans solidité, sans durée; partout la préoccupation des gros et prompts dividendes, le dédain du beau et du définitif ; point de ressources, ou des ressources achetées par l'agiotage , qui dépense inutilement la moitié des forces qu'il déplace.

Les adversaires de l'initiative individuelle vont même jusqu'à soutenir que l'État peut seul procurer le progrès. C'est l'État qui augmente le nombre des lois pour augmenter la moralité ; qui sous Henri IV plante des mûriers , fonde des fabriques de soie et de

drap 9 relève Tagriculture, creuse le canal de Briare; qui BOUS Louis XIV sillonne la France par des routes magnifiques, ouvre des ports, construit des arsenaux, joint les deux mers par le canal du Midi ; qui sous Louis XVI , avec des finances délabrées et un pouvoir déjà croulant , conquiert sur l'Océan le port de Cherbourg, etc., etc.

Nous pourrions répondre à ces arguments, que si, pendant une trop longue période de notre histoire , rÉtat seul fait le bien , c'est qu'il a4*éduit tout ce qui n'est pas lui à ne rien faire. En Hollande , en Angleterre, où Ton se reposait sur l'activité individuelle, n'y avait-il pas de^ progrès ? Il y en avait plus que chez nous : donc l'expérience est pour l'individu eontre l'État. On dit que c'est lui qui a fait les écoles primaires en 1833 : il est vrai; mais on oublie que pour fonder une école, même une école gratuite, il fallait un diplôme et une permission ^ On dit que c'est encore lui qui a fait les chemins vicinaux*. J'en conviens; mais il faudrait ajouter, que ni les communes , ni le conseil général du département n'ont de véritable initiative en matière de travaux publics. Quand on croit le louer de l'activité qu'il déploie, on ne le loue en réalité que de l'activité qu'il supprime.

1 . La permission a été remplacée depuis par un certificat de moralité, loi du 28 juin 1833, art. 4, et par un droit déterminé d'opposition, accordé à Tadministration académique, au préfet et au parquet, loi du 15 mars 1850, titre U, chap. n, art. 25, 27 et 28.

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