‹ La liberté morale (volume 2)Chapitre 23 sur 101 · On croit qu’ils étaient aussi les seuls juges · texte numérisé non relu

On croit qu’ils étaient aussi les seuls juges

LA PERSE

le contact des souillures matérielles qui viennent d’Ahriman. Aussi les fidèles portent-ils, en priant et en mangeant, un voile qui empêche les souillures intérieures, telles que l’haleine, de toucher les choses sacrées.

En dépit des précautions, le plus habile se trouve souvent souillé. Alors le mage arrive, avec ses prières liturgiques, avec ses ablutions, et la purification s’opère. — Sous de telles influences, la partie spirituelle et élevée de la religion de Zoroastre ne pouvait que s’effacer bientôt pour faire place au formalisme. Or tous les formalismes se ressemblent, tous font des esclaves.

Si le despotisme n’a cessé de peser sur la Perse, nous en savons maintenant les raisons. Voici un peuple qui, sans tomber dans la langueur des Hindous ou dans l’indifférence des Chinois, n’a su marquer sa longue histoire par aucun mouvement de la pensée, par aucune manifestation du progrès moral, par aucun de ces symptômes auxquels on reconnaît que des hommes sentent, veulent et s’appartiennent. La Perse a eu certaines énergies et certaines vertus; elle n’a eu aucune liberté. Une monarchie limitée par un clergé, voilà sa définition. A voir la taille que les bas-reliefs de Persépolis attribuent à ses rois1, on devine que les sujets étaient peu de chose. Et quelle cour que cette cour du grand roi! Des armées de serviteurs, un harem, et tout au fond, un homme, que dis-je, un homme? un être supérieur, invisible. Il va sans dire que les satrapes

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