UN MOT SUR LA JUDÉE
Il me reste à parler d’Israël. Si j’ai prouvé tout à l’heure1 ses inclinations polythéistes, il n’est que plus nécessaire d’indiquer la cause puissante en vertu de laquelle le culte du Dieu unique a fini par prévaloir chez lui, malgré lui. L’indiquer, ai-je dit; quant à l’étude complète d’un fait aussi considérable, je ne pourrais l’entreprendre sans dépasser de beaucoup les bornes que je dois m’imposer. Ma foi même à l’action directe de Dieu chez les Israélites m’empêche de traiter cette histoire comme une autre et de m’y appesantir.
Il est une cause de servitude que nous avons rencontrée partout dans l’Orient antique : la suppression de la personnalité, au ciel et sur la terre. Nulle part le Dieu vivant ; nulle part, et le second fait se rattache au premier, nulle part l’individu, l’homme en possession de son moi, de sa croyance, de sa pensée et de sa vie.
Il en va tout autrement en Judée. Cela repose le