‹ La liberté morale (volume 2)Chapitre 82 sur 101 · LA GRANDE MORALE · texte numérisé non relu

LA GRANDE MORALE

au fond et elle avait une audace que les docteurs mystiques n’eurent jamais ; elle ne dispensait personne de tendre à la perfection. Il n’y a pas là deux ordres de vertus, pas plus qu’il n’y a deux morales, celle des chrétiens vulgaires et celle des chrétiens d’élite.

Enfin la petite morale a des procédés et la grande morale n’en a point. Cherchez dans l’Évangile quelque chose qui ressemble à « l’exercice de la présence de Dieu » ou aux autres méthodes chargées de discipliner nos âmes! Vous n’y trouverez qu’une seule discipline: la repentance, la foi, l’amour, la prière, l’obéissance, la lutte énergique contre le péché, et, pour redire le mot, la vie.

Et voilà pourquoi la grande morale nous rend libres, tandis que la petite nous asservit. Les sentiments simples et forts sont les seuls qui affranchissent. Il s’agit de monter, en regardant à Dieu et avec son secours ; làhaut le soleil brille, les devoirs .s’éclairent, les questions de conduite se résolvent aisément, et nous nous faisons à nous-mêmes cette bonne casuistique de la conscience qui ne trompe jamais.

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