v, 20 et 2i
LE LIBRE EXAMEN
Notez que celte vérité est si limpide , si populaire , que , pour arriver à des interprétations divergentes , il a toujours fallu y ajouter ou en retrancher quelque chose. Ceux qui y ajoutent des traditions ou des théologies , ceux qui en retranchent les passages désagréables , opérant un choix , prenant et laissant , déclarant que telle doctrine les lie et que telle autre ne les lie pas, voilà les gens qui réussissent à ne pas comprendre ce que Dieu a écrit pour nous, ce qui n’a qu’un sens pour les hommes de foi et de prière, ce qui est plus clair que la lumière du jour.
Or le triage n’est pas le libre examen. Quand nous rêvons une liberté incompatible avec l’autorité , alors les vérités fondamentales , évidentes pour les simples, se dérobent à nos yeux. Dès l’instant où notre indépendance exclut l’obéissance , nous nous faisons un christianisme à notre guise après nous être fait une Écriture à notre convenance. Cela va de soi.
Mais les apôtres , qui proclament partout l’autorité divine , n’établissent nulle part aucune autorité humaine. L’Église maintient l’ordre dans son sein et ne reconnaît comme membres que ceux qui s’inclinent devant le Sauveur et devant sa parole ; elle ne dispense personne d’interroger cette parole avec prière et d’y chercher l’aliment de sa foi. « Vous avez été achetés par prix, ne devenez pas les esclaves des hommes 1. »
Il est vrai que nous aimons mieux être esclaves des hommes qu'esclaves de Dieu ; l’autorité divine est celle que nous redoutons par-dessus tout. Protestants et ca-