‹ La liberté morale (volume 3)Chapitre 148 sur 196 · LES OUVRIERS DES MANUFACTURES · texte numérisé non relu

LES OUVRIERS DES MANUFACTURES

Encore une servitude par situation dont je ne dois dire que quatre mots et que je me reprocherais de passer sous silence. Le sujet est connu; je l'ai traité ailleurs, je me réserve d'y revenir, mais comment l'omettre entièrement ici?

Les ouvriers des manufactures ne sont pas des pauvres. Lorsqu'ils le sont, c'est en vertu de causes spéciales. Par conséquent, le problème de leur affranchissement se pose dans des termes qui ne sont pas ceux du chapitre précédent.

Leur affranchissement, ai-je dit; en effet, les bases essentielles de la liberté morale sont sapées par l'organisation des fabriques, telle qu'elle existe trop souvent aujourd'hui. On compte, je le sais, de très-honorables exceptions et elles tendent à se multiplier; le fait général demeure cependant et c'est lui que je dois signaler.

La liberté morale des ouvriers exige que leurs forces physiques ne soient pas épuisées, qu'il leur reste du temps pour l'âme, pour l'intelligence, pour la famille. — Or notre loi garantit fort imparfaitement cet intérêt

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