‹ La librairie de Charles d'OrléansChapitre 20 sur 224 · XVI LA LIBRAIRIE · texte numérisé non relu

XVI LA LIBRAIRIE

est la prédominance des livres en français : sur les 91 volumes que nous donne la liste de 1417 on compte seulement lé ouvrages en latin. Il faut également attirer l'attention sur le prix et la qualité de ces volumes. Beaucoup sont enluminés, la plupart richement reliés et enrichis de fermoirs '. Les reliures les plus nombreuses étaient de cuir vermeil (du levant)^ parfois découpé et marqueté : le cuir blanc ou vert se rencontre plus rarement. Parmi ]es reliures d'étoffe le velours noir est le plus en usage ; mais on trouve aussi des draps de soie ' ouvrés et à figures, du damas bleu et vert ■^, du velours vermeil, du satin vert k Les fermoirs les moins coûteux étaient ceux de laiton ; mais le plus souvent on les faisait en argent ^, parfois émaillés aux armes'.

Enfin Louis d'Orléans n'hésitait pas à mettre de gros prix dans l'acquisition de ses livres. Un Bréviaire en deux volumes lui avait coûté 200 francs ^; une Chronique de France historiée i35 francs d'or'; un TiteLive, suivi d'un Boèce, 3 10 francs d'or '° ; la Postille de Nicolas de Lire 300 francs ".Il paya jusqu'à 400 francs une Bible Française '-.

Ces traits conviennent bien au grand amateur qu'il fut.

Madame Valentine, fille du duc de Milan, aimait également les livres ' ' : on sait que Honoré Bonet lui dédia son Appari-

i. 10 juillet 1397. Quittance de l'orfèvre Josset d'Esture de 83 fr. 15 s. pour 20 paires de fermoirs d'argent doré émaillés aux armes de Monseigneur (De Laborde, III, n° S 779) ; le 8 décembre Guillaume de Villiers, relieur, reçut n fr. 75 pour avoir recouvert 62 volumes (Jhid., 5794J.

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