‹ La librairie de Charles d'OrléansChapitre 205 sur 224 · SALLUSTE, JUGURTHA · texte numérisé non relu

SALLUSTE, JUGURTHA

Bibliothèque nationale, ms. lat. 5747.

Ms. de 46 ft". de vélin, moyen format, dans un cartonnage moderne. Il a fait partie de la librairie de Blois dont il porte l'estampille (fol. 46'°) de caméra compolor. Blés ; sur le i"^"" feuillet de garde on lit la cote ancienne : Ex libris hislorialibus pulpilo 2° ad parietem aparté curie castri, Viciera. A. 3.

Au fol. I. commence le texte : Faïso queritiir de natiira gcniis humana... La partie supérieure de cette page, toute entière encadrée d'une fine bordure, est occupée par une assez bonne miniature : on y voit un roi couronné et debout, enseignant trois jeunes seigneurs, long vêtus de robes vertes et couronnés de feuilLiges (les trois enfants d'Orléans ?). Fol. 46"'° Saliislii Crispi liber sccundiis explicit in Jugurlhino.

Oui cupis ignotum Jugurthe noscere letum : Trapeie riipis pulsus ad ima mit.

Au-dessous du distique (fol. 46™) la signature de Charles d'Orléans :

KAROLUS [paraphe]

et quelques notes autographes :

Fol. 4^° Oratio Micipsc, et paraphe complet. Fol. 5^'° Oratio Acherbalis, et paraphe. Fol. T0^° Excmpla Acherbalis, et paraphe. Fol. 13''° Oratio G. Meiiini, et paraphe. Fol. 45^° Oratio Bocchi ad SiUam.

Ce manuscrit a servi pour l'instruction des enfants d'Orléans. Il a été transcrit par Nicole Garbet (cf. le Térence, signé, ms. lat. 7917); plus tard, il servit à Jean d'Angoulême (fol. iS™ voir la petite fleur dont il marquait ses lectures).

SALLUSTE, CATILINA s en latin.

Bibliothèque nationale, ms. lat. 9684.

Ms. de 42 ff". chiffrés de vélin fin et réglé, moyen format, précédés de 4 ff. de garde, cartonnage moderne. Ce manuscrit a fait partie de la librairie de Blois, ainsi que le prouve la cote (fol.4vo de garde) : Ex lihris historiaJihiis pulpito j° ad parietem a parte curie castri, lictera C. 3 et l'estampille (fol. 41'''') de caméra compotor. Blés. Grâce à un réactif M. H. Omont a pu lire deux mentions grattées, en tête du premier feuillet de garde antérieur : Constat domino meo comiti de Angolesmc, et, en tète du fol. 42''o : Karolo duci Aurelianensi spectat codex iste.

11 a été écrit du vivant de Louis d'Orléans ^. Fol. v° commence le texte Oinnis homiiies qui sese stiident... Le haut de la page est rempli par une miniature assez fine à fond quadrillé : on y voit un chevalier armé rédigeant un traité, tandis qu'un homme d'armes emmène son cheval. Dans l'O initial l'écu d'Orléans. Fol. 35''° Salustii Crispi de Catelinario bello liber explicit.

Le manuscrit de Salluste a été complété par diverses additions :

1° Par une pièce de vers latins, d'une main difterente du scribe des Catilinaires et d'une encre plus pâle (fol. 35''°) :

1. Ce manuscrit a fait l'objet d'une notice de M. Antoine Thomas (Les premiers vers de Charles d'Orléans) dans laRoiiiania, XXII (1895), p. T28-135.

2. Très vraisemblablement par Nicole Garbet (cf. le Térence signé (ms. lat. 7917) cl le Salluste qui précède ms. lat. 5747).

Hic infra Sibilla vates alloquitiir illustres doiniiii ducis Aurielianensis genitos, monetquc pro corum per cgrcgios mores exaltation em.

Indole Cesarei fratres solique nepotes Liliferi folii Ludovici parte parentis, • Regificam stirpem Frigio qui ducitis Anglo, Sanguine materno, Ligurum serpentis avite, Formosi nimium pueri, ceu sidéra trina ', Illa ego que salvum duxi secura per ortum Viperee sobolis genitorem urbisque Quirine Magnanimum Eneam, vobis devota Sibilla Magna super vestro vates reserabo profectu, Que regnatores faciant servata potentes.

Vos igitur totas his aures figite dictis : Omnis enim virtus verbis sed latius inquam Excellit factis. Ideo sine corpore princeps Romanus nemo ingenium exercere solebat, Sic equidem memorat generosi historia Crispi. Verum Martis opus actu preclarius omni Hoc ut cepistis vigili perdiscite mente. Hoc agitate simul jugique vigete labore : Sic et enim divus César, sic Scipio clarus, Sic et Alexander Macedo, Fabiusque, Catoquc, Sic Karolus Magnus creverunt maxime regnis. Hinc et vos domini pariter regnabitis alti Enseque victrici magnum lustrabitis orbem. Sed nimium moneo et semper nimiumque monebo Vivere concordes (discordia maxima perdit) Et castos servare thoros et temperare nummum : Nullus avaritia princeps luxuque beatur, His siquidem sordet vitiis ignobile vulgus. Eya agite, illustres pueri ! vos nempe videre Jam videor fama et bella virtute supremos Subdere per magnas patrias fulgere triumphis ! Vos modo magnanimis fortes incumbite factis '.

2° une pièce de vers latins, fol. 36-37, ayant pour titre : Historia ad dilectioiiem Reipiiblice excitativa a Valerio Maximo scripta

1. 11 faut donc que cette pièce soit postérieure à 1400, date de la naissance de Jean, troisième fils de Louis d'Orléans. Sa latinité savante révèle, d'ailleurs, la manière d'Oudart du Fouilloy.

2. Les 5 premiers vers sont publiés dans la Ronuviiii, t. XXII, p. 150.

Lii librairie de Charles d'Orléans. . 7

libro quiiito, iitulo « de gratis erga patriam », taliler sicut sequitur versificafa : (d'une autre encre, signée : ab. 0. d.f.)

Urbs romana potens, claris celebrata triumphis, Atque oratorum modulis vatumque camenis Fulsit, ut egregia tradunt tua scripta, Valeri... (fol. 57ro) HOC ODO de fovilliaco. (Signature autographe.)

3° Une pièce de vers en français, du fol. 37™ au fol. 41, restituée à Charles d'Orléans par M. Antoine Thomas ', ayant pour titre le Livre contre tout péché et dont l'auteur était âgé de dix ans. Ce sont là des vers d'un enfant qui versifie maladroitement encore la morale de son maître sur le péché d'orgueil, d'avarice, de luxure, d'envie, de gloutonnerie, de colère et de paresse. Est-il besoin d'ajouter qu'il en parle par ouï-dire ? Il cite « l'enseignement saint Bernard », Caton, Alain de Lille et « de Godeffroy l'enseignement » 2.

La transcription de cette pièce est de la main de Nicole Garbet (cf. P. O. 1277, 1^° 3 ^t le Térence ms. lat. 7917). Peut-être n'estelle pas de la même époque que la composition de ce morceau. Un explicit semble bien avoir été ajouté au moment où le Livre contre tout péché aura été transcrit. Comment comprendre autrement la souscription datée de l'âge de son auteur ?

Cy define maintenant Ce livre, lequel Dieu donnant, Je, nommé [Charles d'Orlians] > Fiz quant je eus accompli X ans...

1. Elle avait été publiée par Champollion-Figeac (Les poésies du duc Charles d'Orléans... Paris, 1842, p. 410-414) et attribuée à Louis XII ; il n'y est pas question d'Alain Chartier, mais elle paraphrase le Liber paraholaruin d'Alain de Lille. Cf. A. Thomas, Romania, XXII, p. 132-133.

2. Il s'agit de la poétique de Geoffroy de Vinesauf, très souvent copiée au moyen âge et que Jean d'Angoulême a transcrite (ms. fr. 8174).

3. Le nom de Charles, qui se lit aujourd'hui sous un grattcige, était de la même main que la transcription de la pièce. M. Dupont- Ferrier a contesté son attribution à Charles d'Orléans (Jean d'Orléans, comte d'Angoulême, d'après sa bibliothèque, p. 52). 1° Le prénom de Charles a été gratté ; donc, le vers réclamant un mot de deux syllabes, c'est que le scribe devait écrire Jehan. 2° Le Poème contre tout puché développe des idées morales propres à Jean d'Angoulême qui cite même ses auteurs favoris Aristotc, les Distiques de Caton, Saint Bernard et Alain de Lille.

DE CHARLES DORLEANS 99

On s'explique ainsi les excuses que l'auteur allègue de sa jeunesse pour raisonner de la morale; il parle d'ailleurs au passé.

En priant tous ceulz qui orront

Ou ce livret présent liront

du'ilz vueillent prendre tous en gré

Ce que j'ay ycy raconté

Et me pardonnent, je leur pry,

En cecy si j'ay point failly

Car jen'estoiepas si saige

Pour ce questoie jeune d'âge

Que je peusse faire traittè

Oui fus i de grant moralité

Les feuillets de garde 2^° y° contiennent la liste des empereurs romains et des empereurs d'Allemagne et chaque nom est précédé de la date de l'avcnement. Ces listes sont de la main du comte d'Angoulême.

Fol. 2''<'. Liste des rois de France jusqu'à Louis VIII (1225). Franci origine Troiain post eversionen Troie Priamo qiiondam duce inde digresi juxta Traciam super ripam Danubii consederunt...

Fol. 2^0, 2" col. Liste des rois de Rome jusqu'à Tarquin. Regnum Latinorum ut dicunt sub fanopro rege exortum... De regno Latinoriim.

Sur le fol. (de garde) 42''°, on lit deux pièces latines, l'une de la main de Garbet :

Anglorum regno pro morte privata mariti Formoso moribus Ludovici fîlio ducis Aurelianensis Karolo Compendii pulcra Francorum nupsil Ysabellis, filia régis , Anno mille™o CCCC™o Julii sexto Vicesima nona '. Faveant Superi, precor ipsis !

L'autre de celle du comte d'Angoulême :

Ce second argument me paraît de peu de conséquence, ces livres faisant la base de toute éducation. Mais pour quelle raison, suivant le raisonnement de M. Dupont- Ferrier, le scribe n'aurait-il pas récrit le nom de Jehan après avoir gratté celui de Charles ? Et, si l'on réfléchit que c'est Nicole Garbet, le maître d'école de Charles, qui a tenu ici la plume, comment ne pas le croire bien informé d'un prodige de l'enfance de son élève, une fort médiocre production au demeurant.

I. Le mariage de Charles d'Orléans et d'Isabelle de France eut bien lieu à Compiègne, le 29 juin 1406 (Religieux de Saint-Denis, t. III, p. 365 ; Juvénal des Ursins, p. 450.

WBUOTHECA )

Munus fit judex, Fraus est mercator in orbe ;

Nec lex est dominus, nec timor est pueris.

Prudentes ceci, cognati dégénères sunt ;

Mortuus ignotus, nullus amicus amat.

J Ingenium dolus est, amor omnis ceca voluptas ; j Ludus rusticitas et gula festa dies.

( Etas ridetur, mulier pulsatur amore ; [ Dives laudatur, pauperadheret humo.

En résumé ce livre a servi pour l'instruction des enfants d'Orléans et je reconnais encore la main de Nicole Garbet, leur précepteur, dans les annotations marginales (nombreux nota des définitions. Fol. 25''° Notate doinhii mei ! devant la sentence : Ita il! maxima forhina iii minium licencia est neque studere neqiie odisse sed miniiie irasci decef). Plus tard, il fut entre les mains d'Oudart de Fouilloy ', et servit à l'instruction du comte d'Angoulême qui y a joint les listes historiques. Le Livre contre tout péché doit être restitué, comme l'a fait M. Thomas, à Charles d'Orléans et date donc de l'année 1404.

SÉNÈaUE, REMÈDES DE FORTUNE.

Un exemplaire relié de soie vermeille, avec des fermoirs d'or fut donné en 1398, par Louis d'Orléans au duc de Berry (De Laborde, III, n° 5823, 582e et 5827 ; L. Delisle, Recherches sur la librairie de Charles V, 2^ part., p. 251).

SÉNÈQUE, DE REMEDIIS, en latin.

Ainsi décrit dans la « librairie », parmi les livres rapportés d'Angleterre :

Ung livre en latin, nommé de Remediis utriusque fortune^ couvert de cuir rouge.

(De Laborde, III, no 6587.)

SÉNÈaUE, ÉPITRES A LUCILIUS, en latin.

Ouvrage ainsi décrit dans la « librairie », parmi les livres rapportés d'Angleterre :

Item, les Espistres de Seneque, en latin, donné par maistre Jehan Caillau, couvert de parchemin.

(De Laborde, III, n» 6597.)

I. En 1414, Oudart de Fouilloy est encore qualifié de Maître d'école de Jean d'Angoulême (Bibl. Nat., Pierre Orig., 1055 dossier Druille).

SÉNÈaUE, DÉCLAMATIONS, en latin.

Bibliothèque nationale, ms. lat. 779e.

Ouvrage ainsi décrit dans la « librairie », parmi les livres rapportés d'Angleterre :

Ung livre couvert de cuir rouge nommé les Déclamations de Seneque, donné par ledit maistre Jehan Caillau.

(De Laborde, III, no 6582.)

Ms. du xiv^ siècle, moyen format, de 30 fit., écrit à 2 col., dans sa reliure primitive à ais de bois recouverte de velours noir. Il a fait partie de la librairie de Blois dont il porte l'estampille (fol. 30''°) de caméra compotor. Blés., et au v° d'un feuillet préliminaire de garde la cote ancienne : tabula eloquentie quitita in pariete versus hostium liber w.

Fol. i""" Incipit primus liber Annei Lucii Seuecead Novatam Senecam Meli filios declamationum .

On lit au fol. 30 la signature de Thibaud d'Aussigny : De libris Theobaldi d'Auxigny archidiacono Sigalonie '. Puis au-dessous, de la main de Charles d'Orléans : Datus a magistro Johane Caillau michi duci Aurclianen. CHARLES [paraphe.]

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