XXXII LA LIBRAIRIE
dames consolatrices dont les nobles sentences se déroulaient sur des banderoles.
Il est du moins certain que c'est dans la prison d'Angleterre qu'il eut l'idée surtout, pour se désennuyer, de composer des poésies :
De balader j'ai beau loisir Autres deduiz me sont cassez "...
L'inventaire des livres rapportés d'Angleterre est bien instructif à cet égard.
Les plus anciennes collections de ses poésies portent cette mention de la Prison - et on parait les avoir connues en France dès son retour K Ces poésies se composaient de ballades, de chansons et de quelques complaintes + ; il est donc curieux de rencontrer sur cet inventaire le cahier de ses ballades et un recueil de chansons 5. Il faut encore noter la présence des Cent Ballades dont Charles s'inspira parfois ^.
Les nouvelles de France qu'il connaissait étaient rares ou fausses ^ et il lui fallait attendre la venue, toujours trop longue à ses désirs, de quelques-uns de ses serviteurs de Blois. Toutefois il conservait par devers lui la comptabilité du duché et, dans une layette, les lettres closes qui lui étaient adressées ^. Comme il était le plus souvent mis au secret, il transcrivait de sa main des instructions secrètes qu'il dissimulait, et dont nous avons conservé un très curieux exemple 9. Que savait-il des choses de France ? Peu de nouvelles. Il connaissait certes les malheurs du