Arch. Nat., K. 535, n° 27, fol
portées d'Orléans à Blois en 1441 '. Cependant en 1448 on avait installé au second étage du Châtelet d'Orléans trois armoires pour recevoir les archives de la Chambre des comptes du Duché, dans la tour du bord de l'eau ^. En 1455 des travaux furent exécutés dans l'ancienne chambre du retrait du duc pour une « librairie neuve » à Orléans \ On maçonna une cheminée en manière de chautfe-pied, une fenêtre de pierre de taille à colonnette médiane, des voûtes. Aux armoires on posa des, serrures et, sur un comptoir fait de neuf, on monta un dressoir garni lui-même de serrure. De la bibliothèque on passait dans une chambre garnie de huisserie où se trouvait le « retrait » du bon duc-*.
Nous ignorons ce que fut à Orléans le séjour de la librairie. Et sans doute, il n'y a pas lieu de voir dans le compte de maçonnerie autre chose qu'un projet. Charles se déplaçait rarement et séjournait peu à Orléans. Il s'y rendait en bateau, en descendant la Loire : cette ville, qui était pour lui la grande ville, le fatiguait > . Le Châtelet, qui avait beaucoup souffert du siège de 1428-1429, fut réparé tardivement et demeura longtemps inhabitable ^.
Quoi qu'il en soit, à la mort de Charles d'Orléans, ses livres restèrent sous la garde de la Chambre des Comptes. Mathurin Gaillart « conseiller, auditeur des Comptes et garde des chartes de Madame » en avait la charge 7. Or lettres et chartes se trouvaient toujours dans le grand coffre de la Tour à Blois '''. Et comment Charles d'Orléans aurait-il consenti à se séparer de ses chers livres ?
I. Aixh. du Loiret, A. 2147; en 1453 les aveux de Blois sont déposés à Orléans (Arch. du Loiret, A. 2161).
-•'.. L. Jarry, Le Châtelet d'Orléans un XV' siècle et la librairie de Charles d'Orléans en i4^S (Orléans, 1873), p. 14.