Catalogue Joursanvault, t. I, p. 19, n
2. J. Boivin, Mémoire pour Thistoire de la Bibliothèque du Roy. Bibl. nat., ms fr, 22571 fol. 173. — On en trouvera le texte dans la présente publication.
La librairie de Charles d'Orléans. i
taire a été publié assez peu correctement par M. de I.aborde ÇLes ducs de Bourgogne, t. III, n° 6447-6634). Je l'ai coUationné sur l'original.
Cet inventaire forme l'état le plus complet que nous possédions de la « librairie » de Charles d'Orléans K
Toutefois pour suivre l'histoire de la librairie de Charles d'Orléans jusqu'à sa mort (en 1464 on payait encore 2 écus d'or à un écrivain de Blois pour la copie de divers Offices), il fout parcourir les comptes de sa maison réunis par M. de Laborde ÇLes ducs de Bourgogne, t. lll, passiiii), les fonds latins et français de la Bibliothèque Nationale, avec leurs ex-libris autographes, les quittances aux noms des diftérents scribes et enlumineurs qui travaillèrent pour Charles d'Orléans dans la série des Pièces Originales. M. Léopold Delisle a donné la liste la plus complète et l'identification d'une cinquantaine de ces manuscrits (Le CahUiet des Maiiuscrifs, t. I, p. 114, 119). Elle pouvait compter 160 volumes environ.
La librairie de Blois étant devenue librairie royale avec l'avènement de Louis XII, on consultera donc avec profit le répertoire alphabétique rédigé en 15 18, par Guillaume Petit -, chapelain de François I'^''.
Il convient maintenant de donner ici quelques indications sur la façon dont nous avons opéré pour identifier les divers ouvrages du présent catalogue.
Les livres possédés par Charles d'Orléans et qui lui viennent de la bibliothèque de son père portent généralement l'écu d'Orléans (de France au lambel d'argent) parfois supporté par deux loups 5 ; ceux
1. Il a dû servir pour un récolemL-iit de la bibliothèque. Pour l'établir, on a utilisé deux inventaires antérieurs (Voir description d'un Missel, du Boèce avec la note : escript en Vinventaire dont cestuy est deux fois extrait). Et de fait, pour le fonds ancien de la la librairie, le plus souvent cet inventaire se borne à reproduire les descriptions de 1417, et surtout celles de 1427.
2. P. Arnauldet, inventaire de la librairie du cljciteau de Blois en i^iS, dans le Bibliographe moderne, t. VI (1902), p. 145-174, n°= 1-46; p. 305-358, n"' 47-142; t. VII (1905), p. 215-235, n°=' 143-199; t. VIII (1904), p. 121-156, n°^ 200-311; t. IX (1905), p. 375-393, n°^3i2-402;t. X (1906), p. 339-366, n" 405-545 ; t. XI (1907), p. 192-222, n°^ 544-739. Identification parfois contestable des manuscrits à la suite de l'édition du catalogue de G. Petit. — Le texte de répertoire qui comprend 1.626 articles vient d'être publié intégralement dans les Anciens inventaires et catalogues de la Bibliûtljèque national-!, par H. Omont, tome I, La librairie royale a Blois, Fontainebleau et Paris au xvi* siècle, Paris, 1908, in-8, p. 1-154.
3. Dès 1390 ou lit dans un compte la description de robes semées de loups. (De Laborde, III, n" 5497). En 1395 on lui fabrique un cachet avec un loup et un porcépic (Ibid., III, ^5, 89). Cet emblème paraît emprunté au vieux blason municipal de Blois. — Une équivoque sur son prénom et cet emblème formait sa devise // est lou il est (L. Delisle, Cah. des Manuscrits, I, p. 100).
que possédait Valentine de Milan sont parfois à ses armes ' (Milan avec laguivre) ; sur les manuscrits de Charles d'Orléans figure l'écu d'Orléans ; après son mariage avec Marie de Clèves (novembre 1440) l'écu d'Orléans est parfois parti de celui de (de Clèves gueules aux rais fleuronnés d'or de 8 pièces percés d'argent). En 1447, Philippe- Marie étant mort, Charles d'Orléans voulut faire valoir ses droits sur le Milanais. Nous savons même qu'il fit frapper monnaie à Asti ; deux jetons de la chambre aux deniers, l'un antérieur à 1448 est : de France au lambel d'argent, l'autre postérieur est écartelé de Milan ^. C'est vraisemblablement après cette date que nous rencontrons l'écu d'Orléans, parti de Milan, sur les manuscrits qui furent exécutés à son usage.
Mais le signe le plus caractéristique des manuscrits de Charles d'Orléans demeure sa signature autographe, les ex-libris calligraphiés où parfois il nous donna l'histoire de ses livres.
Certains manuscrits enfin ont pu être identifiés à l'aide de l'ancien inventaire de Boivin et de la mention de provenance de la librairie de Blois de Caméra Compotor. Blés., antérieure au 5 novembre 1501 > (Voir p. lxvi).
Est-il besoin d'ajouter que, sans les beaux travaux de M. Léopold Delisle, le précieux Cabinet des Manuscrits, les Recherches sur la librairie de Charles V, le présent travail n'aurait pu être entrepris ? Enfin nous avons profité des recherches poursuivies par MxM. G. Dupont-Ferrier ^, H. Omont et Arnaudet ^ sur la librairie du château de Blois. Sur les personnages Blésois de l'entourage de
1. Nous les connaissons par son contrat àc mariage (1389) et Finveiuaire après décès (1408). Voir Pièces justificatives. — Cf. ms. fr. 811.
2. Note de Vallet de Viriville, BibL Nat., ms. fr. n. acq. 5088. — Nous savons que dès lors il se fit appeler « duc de Milan » (Cronicon Astense, col. 280 dans Muratori, Rer. liai. Scriptcrcs, t. XI). Sa formule de chancellerie fut d'abord : Charles duc d'Orliens et de Valois, conte de Blois et de Beaumont et seigiteid' de Coiicy; dans la suite et à son retour en France : Charles duc d'Orléans, conte de Blois et de Beaumont, seigneur d'Ast et de Couc\. Le registre de sa chancellerie (Arch. nat. KK, 897, f. 155) nous donne pour la première fois (le 6 octobre 1451) la formule : Charles duc d'Orléans, de Milan et de Valois, conte de Pavyc et de Beaumont, seigneur d'Ast et de Coucy.
5. Cette mention de provenance j'ai eu le tort de la désigner parfois par les différentes expressions d'cstaiiipille, de visa. On voudra bien comprendre que cette mention joue seulement le rôle d'un cachet moderne.
4. Jean d'Orléans comte d'Angoulcme d'après sa bibliothèque (1467) dans la Bibliothèque de la Faculté de lettres de Paris, t. III (1897).