‹ La lignée des poètes français au 19e siècleChapitre 9 sur 42 · SAINTE-BEUVE · texte numérisé non relu

SAINTE-BEUVE

Réfléchit l'univers dans sa prunelle en feu,

Et quand Heine, d'un vers joyeux et plein de haine,

Perce les serpents vils de la Bêtise humaine,

On croit voir sur la fange et dans l'impur vallon

Pleuvoir les flèches d'or de son père Apollon.

O Déesse, âme, esprit, clarté, Muse nouvelle, Qui renais du passé plus farouche et plus belle, Toi qui mènes aussi tes enfants par la main, Charmeresse au grand cœur, montre-moi le chemin, {Les Cariatides, La Voie Lactée.)

JI7N r école parnassienne, moule formel, passent ''—^ trois courants, trois œuvres, dont des fragments en lueurs restent dans le conduit diamanté — tout en influence maladive et subtile. Sainte- Beuve, grand poète mort jeune, suicide' en critique, donne la première note trouble du beau courant élégiaque, traversé d'un rayon jaune:

TES dimanches d'Été, le soir, vers les six heures, -^ Quand le peuple empressé déserte ses demeures

Et va s'ébattre aux champs, Ma persienne fermée, assis à ma fenêtre. Je regarde d'en haut passer et disparaître

Joyeux bourgeois, marchands,

Ouvriers en habits de fête, au cœur plein d'aise ; Un livre est entr'ouvert, près de moi, sur ma chaise : Je lis ou fais semblant ;

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