‹ La lignée des poètes français au XIX siècleChapitre 3 sur 40 · MARCELINE DESBORDES-VALMORE · texte numérisé non relu

MARCELINE DESBORDES-VALMORE

/TE floi^ cofUgmi tn A. de Vigny par U calfHê ^ souverain de la pensée {ce Père la Pensée, comme disaii Barbey d*Aurévilly), iépanche en cette oeuvre poignante entre toutes de la grande Marceline, sans que les larmes effacent pourtant le rythme délicat, inot^ jusque-là {peut-être un écho en Chénier), <Fune pensée de femme. Sa douleur — si poignante qu'elle Jût — reste émmente éCart et de naîvetéy et ira joindre une autre source de vie dans le Verlaine de Sagesse. Oh / ces sources souter' raines f si fraîches, de f intérieur î Comme dans le conte arabe, la larme pénètre le abamant qui entoure cette nouvelle eau, la plus précieuse, de sa muraille finement tailla. A mante, mère : ses sentiments sont relevés par cette âpre distinction, cette manifestation la plus haute de la beauté, suivant £. A. Poe : la tristesse, le navrementdes madones dans les primitifs.

'pARDONNEZ-MOI, Seigneur, mon visage attristé, ^ Mais, sous le front joyeux, vous aviez mis les larmes Et de vos dons, Seigneur, ce don seul m*est resté.

C'est le moins envié, c'est le meilleur, peut-être.

Je n'ai plus à mourir à mes liens de fleurs. Ils vous sont tous rendus, cher auteur de mon être,

Et je n'ai plus à moi que le sel de mes pleurs.

Les fleurs sont pour l'enfant, le sel est pour la femme ;

Faites-en l'innocence et trempez-y mes jours. Seigneur, quand tout ce sel aura lavé mon âme,

Vous me rendrez un cœur pour vous aimer toujours.

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