‹ La Ligue à Beauvais: précédé d'une introduction: [1535-1585]Chapitre 23 sur 23 · C. Lescuyer · texte numérisé non relu

C. Lescuyer

Preverel.

A. de Catheu.

N. Delargillière.

Melchier.

Vacquerie.

Amon de Catheu.

Lucien GaniereL Abraham de Lengiet,

Eustache GantereL A. Gimard. ,.i

Simon de Marseille. Letailleur. i

Pierre Lenglès. Legai.

Bertelot de Gatheu. L. Langlet.

Le Mesle. Jean Levasseur.

Patin. Robert Maine.

Pillon. Et le dernier, Antoine Danse,

Ricquier . . a signé pour la foi catholique.

Jean Le Boucher.

Du même jour la compagnie du capitaine Hocquet signé ou marqué au nombre de quatre-vingt-quinze, dont

François Dubuisson. Rigot.

P. Duhamel. Jean de Marseille, etc.

Lefebvre.

Du même jour la compagnie du capitaine de Francastel signé ou marqué de cent soixante-quatre personnes.

Du même jour la signature de la compagnie du capitaine Brocard au nombre de cent seize personnes.

Compagnies des Faubourgs.

Du même jour, de la compagnie du capitaine Cabot aux faubourgs, signé ou marqué au nombre de plus de quatre-vingts.

Du même jour la compagnie du capitaine Blanchard signé ou marqué de plus de cinquante personnes, et de messire An-toine Robbe, curé de Saint-Jacques.

Compagnies priinlégiées.

Nous capitaine, lieutenant, et enseigne de Finfanterie sous la charge du capitaine Le Lantemier, Suivant ce qui a été arrêté cejourd'hui samedi yingt-un janvier 4589 en rassemblée générale faite en l'Hôtel-de-yiHe, après le son de la cloche etc. comme ci-dessus etc. Signé

De Ganonne.

Couvers.

Paumard.

Lebarbier.

Lantemier.

De Bucamps.

Payen.

Simon de Lafontaine

Rigaut.

Danse.

Dufay.

Lefèvre.

Brument.

Tressonnier.

Ck)sse.

Croches.

Mollain.

Villequin.

Delatre.

Clément.

Payen.

Dubuisson.

Delacroix.

Pierre Yacquerie.

Gallopin.

Riquier.

Cardin Canterel.

Jean Hardel.

Caigni.

Fleuri.

Patin.

Vallentin Courcher.

Pillon.

Et autres.

Le tout au nombre de soixante-onze.

Du même jour signatures de la compagnie des harquebou-* siers sons le capitaine Motte, signé

Lucien Motte.

Mabille

Cochon.

Briseu.

Carcirieux.

Pecoul.

DavaL Dufrancastel.

Martine Delacroix. Boileau.

Joron. Le Marie.

P. Auxcouteaux. Delamotle.

Dufrancastel. Roger.

Prévost. Debrai.

Auxcouteaux. Et autres.

En tout au nombre de quarante.

(Manuscr. de M. le Caron de TronssuresJ

nrote no y. (Page 42.)

26 janifier 1689. — Association avec la "ville d! Amiens.

Le vingt-sixième jour du mois de janvier ^589^ en la chambre du conseil de l'hôtel conmiun de la ville d'Amiens^ où étaient assemblés M. Tévêque d'Amiens, MM. les majeurs, prévost et échevins de ladite ville, et autres notables personnages tant de l'église, noblesse, justice, que bourgeoisie, et avec eux les députés des villes d'Abbeville , Péronne, Montdidier et Douions , se sont présentés MM. Nicolas Lemaire , chanoine en l'église de Beauvais, Charles Lebesgue, l'un des pairs de ladite ville, et Pierre Manger, bourgeois d'icelle, députés du clergé et des maire et pairs, manans et habitans de ladite ville de Beauvais, suffisamment garnis de procurations , dont ils nous ont laissé copie, lesquels ont dit que lesdits sieurs de la ville de Beauvais, tant de l'état ecclésiastique, corps et conununautc d'icelle, désirent s'unir et se joindre avec la ville de Paris et celle ville d'Amiens , et autres villes

unies ^ pour la conservation de l'honneur de Dieu, de la religion catholique, apostolique et romaine, et du bien public, et de la patrie, et sont prêts, en vertu de leurs procurations , de contracter et jurer l'union avec cette ville d'Amiens; et après lecture faite desdites procurations, tous mesdiis sieurs majeur, prévôt et ëdievins, slanans et habitans d'Amiens, icelles assemblés ensemble desdits députés des villes ci-dessus déclarés avec lesdits députés de la ville de Beauvais, ont juré unanimem^t et concordablement sur le sacrement de Baptesme qu'ils ont reçu sur les sacrés fonds, de n'en suivre autre parti que celui des, catholiques pour l'honneur de Dieu, conservation de la religion catholique, apostolique et romaine, du bien et liberté puUique, et d'y anployer n<m seulement leurs moyens, mais jusqu'à leurs propres vies, sans adhérer ni lav<H:iser directement ou indirectement au parti contraire et aux ennemis de ladite religion, fauteurs et adhérans, ni porter les armes pour ceux lesquels ont commis les meurtres et assasinat fait naguère aux états tenus a Blois , leurs fauteurs et adhérons , et sur ce que lesdits sieurs députés de Beauvais ont dit qu'ils sont chargés de contracter amitié et confédération réciproquement avec ladite ville d'Amiens, et de prometre tous secours, aide, et support, même de ne faire aucun accord ni contracter aucunement pour le fait de la cause et trouble présent, sans le consentement desdits sieurs majeurs, prévost et échevins d'Amiens, en faisant par eux le semblable, sur ce oui M. Nicolas le Seiilier, procureur fiscal de ladite ville. L'offre et réciprocité requise par lesdits sieurs députés de Beauvais a été trouvée sainte et bonne , et comme telle acceptée par mesdits sieurs et les autres députés et jurés, promise et accordée en ladite assemblée de laquelle ils ont commandé à moi greffier soussigné de ladite ville et communauté d'Amiens expédier le présent acte, signé dcLesseau.

(Idem.J

Mote ifto 9. (Page 45.)

6 février 1 589. — jicte (F Union de Mouy.

Assemblée générale pardevant Pierre de Beaumont pratieien exerçant la juridiction de la prévauté de Mou! pour l'absence du prévost en la balle et auditoire dudit Moui , les curés, manans, habitans dudit Moui dûment congrégés en grand nombre après la messe se sont unis et joint avec MM. les Princes et yrais catholiques fidèles tant des villes de Paris, Beauvais^ qu'autres villes et lieux unis pour la manutention et défense de la religion C. et R. et l'ont juré, dont François Leclerc procureur sindic dudit Moui a requis acte a lui accordé. Signé de Beaumont et Gautier. (Idem,)

iVote no 0« (Page 45.)

\\ février 1689, et jours sidvans.

Signatures des adhérons à la Sainte-Union, de F ordre de la noblesse*

Signé Delarue et Alexandre Boileau , de Seillier, Mousseaux^ Lamothe-Hanache en partie, Jehan du Mets , Gui de Monceaux, François de Monceaux seigneur de Yillers, Dominique Forestier ancien seigneur de Gaudechart , de Bouflers seigneur de Boufiers, de Mailli seigneur de Rumenii , de Garvoisin seigneur d'Achy, Jehan de Mailly, Decorvoisin seigneur de Balleu,

NOTES. i53

Charles d'Ânglos sei^eur de Provinlieu, de Gaudechart seigneur du Fayel^ Pierre Defforis seigneur de Noirémont, Gaspard de Fay seigneur de Châteaurouge , de Saint-Simon seigneur de Grumenil, Delarue seigneur d'Héricourt, Millau capitaine Millan , Louis David seigneur de la Mare d'Âuviilers, Simon David seigneur de TEspinai, Ânnibal Lefebvre seigneur de Montrelet , T. Chenu seigneur de Montchevreuil , du Mets seigneur du Mets Laine, Lemaire seigneur de Parisifontaine , Charles de Sarcus seigneur de Frenillers, J. Lefèyre seigneur de Montrelet , Jacques Dubois demeurant à Francastel , Benjamin Desessart abbé de Montier-la-Selle , Aleonor de Renel seigneur de Baillibaut, seigneur de Saint-Rimaut, de Lafontaine seigneur de Hesche, de Sebouville seigneur de Yignores, Boicer- Yoisé seigneur de Bussi , Rémi Baudchin seigneur de la Vallée, Balboni seigneur du fief de la Briulle , Aubert seigneur de Condé^ Philippe de Mazielle, Lucien seigneur de Rochi, Claude Boulongue ancien Seigneur du Fay. (Idem.)

Requête du Conseil de t Union de Beauvais au duc dAianale^ gouverneur de Picardie , suiide de F Instruction dudit duc d'Jlumale, sur la conduite à tenir envers la Noblesse , pour la recevoir à F Union.

Il plaira à Monseigneur .... ordonner aux maire et pairs de la ville que , appelant la noblesse pardevant eux pour jurer l'Union, ils y garderont le règlement qui ensuit, lequel on dit s'être observé en la ville d'Amiens, k ce que la noblesse soit plus tenue en devoir.

De ladite noblesse se peut faire distinction en quatre parties : La première partie sont les gentilsbonmies lesquels ont toujours été bons catholiques ; ceux-là peu vent être reçus en l'Union

purement et simplement, et la jurer conform^nent à Tinstruction qui nous a été envoyée de Paris.

La deuxième partie est de ceux qui sont aussi catholiques ^ et lesquels ont été jusqu'à présent au service de Henri de Valois, ou ceux qui peuvent même être de ses officiers qui tonte fois sont de retour en leur maison. Avant que de les recevoir^ il est besoin qu'ils soient interrogés, savoir s'ils ne sont point engagés de promesses et s'ils les veulent entretenir, puis leur faire ju-* rer. le serment ordinaire sans toute fois leur bailler aucune charge à présent^ en outre qu'ils se soumettent; en cas de eon* travention leurs corps et biens être confisqués et leurs maisons rasées ; leur enjoindre de se tenir prêts avec leurs armes et chevaux pour marcher quand ils en seront requis.

La troisième partie est des gentilshommes qui noloiremenl sont tenus pour hérétiques, ou bien qu'ils aient fdt protestation de foi , auxquels néanmoins l'on ne peut se fier : avant de les recevoir, les faut aussi interroger s'ils ne sont point engagés de promesse audit Henri , et s'ils les veulent entretenir.

Qu'ils jurent et promettent de ne boujer de leurs maisons ni avoir aqcune communication tant avec ledit Henri qu'autre personne suspectes, et en cas de contravention qu'ils accordent leurs corps et biens être confisqués.

Les promesses faites, faut mettre garnison en leurs maisons, se saisir de leurs annes , et à leur place commettre gens pour monter a cheval et faire serbice selon leur puissance et à leurs dépens.

Et où il se trouveroit des gentilshommes hérétiques ou poliques , qui après les avoir sommé de jurer l'Union , feroient refus de raser leurs maisons si elles ne méritent d'être gardées, et en ce cas faudroit s'en emparer et y mettre de bonnes garnisons, et confisquer leurs biens. Signé Charles de Lorraine , et à coté et un peu plus bas, Heinselin.

fldem,j

Note no lO« (Page 19,)

Sauife-garde déUifrée par le marquis de Bonnivet aux habitons du Mesnil^sur-BuUes et au sieur de Bucamp.

Henri Gouffier ^ marquis de Bonnivet , chevalier des ordres du Roi etc.. certifions à tous qu'il appartiendra que nous avons pris en la sauve garde du Roi et la nôtre les manans et habitans de Méûil sur Bulles parce que le s' de Bucamp maréchal des logis de monseigneur de Crèvecœur notre père est au service du Roi , partant prions tous seigneurs , capitaines et gentilshommes et commandans aux soldats de nos troupes laisser jouir lesdits habitans de Ménil sur Bulles, de leurs biens sans fourrager, voler ni prendre chevaux, en sorte qu'ils fassent leur aoust et en autre endroit ou aurons la puissance ferons le semblable en témoin de quoi nous avons signé de notre main et fait apposer notre scel.

Fait à Breteuil le XP°»« aoust 4589 signé : le marquis de Bonyvet et scellé de ses armes.

Mote ièP 11. (Pa(jfe95.)

En M^9y une rente en blé était encore payée par les châtelains de Mouy au prieuré de Bury, en souvenir de ce service. (Noie communiquée par M. Martin de Bury.J

Note no 1%. (Page ^07.)

Voici le passage textuel de ce fameux décret : Et si forte absolutionem in foro exteiiore impetraret manijestum appareat simulationis ac perfidiw et eversionis

religionisperïculum cum Christianissimi regni aditu, eliam absolutione obtentâ et quovis alto legttimo hœredemortuo vel cedente, Franci prohibere et à pace cum co faciendà abhorrere tenentur. (Mémoires de la Ligue.)

Mole no la. (Page ^09.) Sentence de condamnation desnommés Lesage etDubus*

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, les maire et pairs de la ylUe et commune de Beauvais, et le lieutenant de Monseigneur le capitaine de ladite ville, salut : Sçavoir faisons que vu le procès extraordinaire fait à la requête du procureur de ladite ville k rencontre de Guillaume Lesage, coutelier, natif de Rouen, et Jacques Dubus son gendre, natif d'Angleterre , accusés et convaincus de prodition et trahison contre ladite ville et autres cas résultant des informations de ce faites les interrogatoires plusieurs fois géminés, lesrécolemens et confrontations des témoins, les conclusions dudit procureur et les réponses par atténuation faites à icelles par lesdits Lesage et Dubus, avons lesdits Lesage et Dubus condamnés à être pendus et étranglés tant que mort s'ensuive, par l'exécuteur de la haute justice , en une potence qui pour ce sera dressée au devant de l'Hôtel-de- Ville; el ce fait seront leurs têtes coupées pour être mises au-dessus de ladite potence , et leurs corps mis en quartiers qui seront posés aux quatre grandes portes de la ville , leurs biens acquis et confisqués. Néanmoins, auparavant l'exécution de notre sentence, seront lesdits Lesage et Dubus mis et appliqués à la question pour dire et déclarer leurs fauteurs, complices et adhérens. Ce fut fait et prononcé auxdits Lesage et Dubus , le mardy 25« jour de septembre 4 590.

Mo(e n» 14[* (Page^Â,)

La ville, et surtout la forteresse de Gerberoy, ont joué un grand rôle dans les annales de la province. Ce fut une des places élevées ou fortifiées par Charles-le-Ghauye pour défendre le pays contre les invasions des Normands : c'était une clé de la France lorsque les limites normandes s'avançaient jusque près de Gerberoy. En-H60, Henri II, roi d'Angleterre, l'attaqua et ne put s'emparer du château. Avant de partir pour la terre sainte, Philippe-Auguste fit réparer ses fortifications. Le val d^Arondel, près de cette place, doit son nom à la blés* sure mortelle qu'y reçut ^ en U55 , le comte d'Arondel , général anglais , dont le corps fut porté a Saint-Lucien , puis aux Cordeliers de Beauvais. Pris et repris par les Anglais , Gerberoy fut définitivement reconquis en ^449 par le gouverneur du Beauvaisis, Soyecourt de Mouy, et par Pierre de Bouffiers. En ^472, les Bourguignons, repoussés de Beauvais, prirent et dévastèrent cette ville, que les troubles de la Ligue devaient ruiner plus profondément encore.

La ville , bâtie sur une colline , était elle-même dominée par le château , qui renfermait dans son enceinte la collégiale , l'école, les prisons, le logis du seigneur et une partie des maisons canoniales. On voit encore autour des murs de l'église des pans de mur de la forteresse. La justice du vidamé s'étendait sur -160 fiefs et 400 arrière-fiefs. Depuis ^^95, les évêques de Beauvais avaient réuni ce vidamé à Févêché et en portaient le titre. (Extrait du Précis statistique de M. Graves.)

Mole no IS. (Page 432.) Au commencement du siège du Rouen , le comte d'Ësseï adressa un défi à Brancas de Yiilars qui commandait en chef dans la place. Sa lettre portait en substance, « que s'il vouloit, il le

358 LA LÏGLE A BEAIiVAlS. .

» combaUroit a cheval ou à pied; armé , ou en pourpoint; et » maintiendroit que la querelle du Roi est plus juste que celle i> de la Ligue, qu'il étoit meilleur que lui, et que sa maltresse » éloltplus belle que la sienne, etc. » A celte lettre , le sieur de Villars répondit : « Pour venir à l'article de votre lettre par la- » quelle vous me défiez au combat, vous sçavez assez qu'il n'est » pas en ma puissance de l'accepter pour le présent, et que la n charge où je suis employé m'ôte la liberté de pouvoir parti- » culièrement disposer de moi ; mais lorsque monsieur le duc de » Mayenne sera par-deça, je l'accepte très-volontiers, et vous » combattrai k cheval avec armes accoutumées aux gentils-hom- » mes ; ne voulant cependant faillir de répondre à la conclusion » de votre dite lettre , par laquelle vous voulez maintenir que » vous êtes meilleur que moi. Sur quoi je vous dirai que vous » en avez menti , et mentirez toutes les fois que vous le vou- N drez maintenir, aussi bien que vous mentirez, lorsque vous » voudrez dire que la querelle que je soutiens pour la def- » fense de ma religion ne soit meilleure que ceux qui s'effor- » cent de la détruire, et quant à la comparaison de votre » maîtresse à la mienne, je veux croire que vous n'êtes pas » non plus véritable à cet endroit , qu'aux deux autres. Tou- » tefois ce n'est pas chose qui me travaille fort pour le pré-. » sent, signé Yillars. » Ce défi n'eut d'autre suite que les divers jugemens que portèrent les deux partis.

(Journal de l*Estoile, Notes. — Mezeray,)

Mole n» le. (Page ^80.)

Composition du sieur de Mouy avec la ville de Beauvais,

I. Le sieur de Mouy offre sous le bon plaisir du roi de faire

démanteler Gerberoy elBresles, et les remellre entre les mains de Messieurs de Beauvais.

II. Le château et bourg de Mouy et Châleauverd demeurent en neutralité ; n'y aura aucune garnison , et ne s'y fera aucun acte d'hostilité.

Y. Ne pourra ledit sieur de Mouy, ni les siens, s'aider des bons et récompenses qu'ils ont obtenu du roi défunt ni de celui-ci, ni en prétendre sur ladite ville de Beauvais ou autres particuliers d'icelle.

YI. Ledit sieur de Mouy promet ne faire la guerre, ni les siens, au pays de Beauvais , même approcher la ville de Beauvais plus près de six lieues, u'étoii qu'il passât en corps d'armée.

YIL Promet ledit sieur de Mouy kire sortir les garnisons du Château-rouge, et que la place demeure par ce moyen en la garde de la dame dudit lieu , ainsi qu'il a été accordé.

YIIl. Pour l'exécution desquels articles il sera permis audit sieur de Mouy de faire venir vers lui deux cents hommes auxquels sera baillé passe-port de ladite ville pour aller vers Sa Majesté solliciter l'effet que dessus, pendant quinzaine, pendant lequel temps ne pourront, les garnisons de Gerberoy, Bresles et Mouy, empêcher l'entrée des vivres, bois, vins, bestiaux , grains et fourrages et autres nécessités communes ; lesquelles promesses ledit sieur de Mouy promet accomplir et entretenir par sa foi laquelle il donnera à la ville.

IX. Moyennant ce que dessus, et après les susdites places démantelées, ladite ville de Beauvais promet audit sieur de Mouy qu'ils feront en sorte vers monseigneur de Mayenne, qu'il le mettra sur sa foi pour traiter avec le sieur de Saisseval , de sa pleine liberté, soit par rançon ou échange {Histoire de G«'beroy, par PiUetJ

260 LA LIGUE A DEAUVAIS.

Mote !!<> 11. {Page^Sb.)

Au mois de juillet ^594, les habitans de Gerberoy ne pouvant plus rien payer des tailles écrasantes qu'on leur imposait. Je maire de Beauvais (c'était alors Lucien Boicervoise) y envoya trois compagnies de gens de guerre, espagnols et français^ formant environ six à sept cents cuirasses, avec trois cents paysans qui exercèrent dans ce malheureux pays des brigandages ' incroyables : ils abattirent des pans de murailles qui restaient encore debout, mirent le feu aux maisons, violèrent les filles et les femmes, s'emparèrent des bestiaux et des meubles, et même des berceaux des enfans, disant que les habitans n'étaient que des huguenots. Ils jetèrent tout nu en pleine rue un chanoine âgé de quatre-vingt-dix ans dont ils firent le sujet de railleries barbares autant qu'indécentes; ils entrèrent dans l'église, abattirent k coups d'arquebuses les images des saints, et après s'être emparés des vases et des huiles consacrées, reprirent le chemin de Beauvais, emmenant une grande quantité d'habitans qui furent jetés dans les prisons, d'où ils ne sortirent qu'après la paix.

(Histoire de Beauvais, par M. Doyen.)

Mole m^ 19. (Pa^e 496.)

jécte d* abjuration de Henri IV.

« Moy Henry Roy de France et de Navarre, je crois de » ferme foy , et confesse tous et un chacun les articles conte- » nus au Symbole de la Foy , duquel use la Sainte Eglise Ro- » maine, sçavoir est : Je crois en Dieu le Père Tout^Puis- » sant, etc. Je crois au S. Esprit, souverain Seigneur, vivi- » fiant tout ce qui procède du Père et du Filz , et qui avec le

» Père et le Fils est adoré et glorifié , et qui a parlé par ses » Prophètes. Je crois une Sainte Eglise Catholique et Apostolî- » que. Je crois au Baptême pour la remission des péchez , et » attens la future résurrection des morts, avec la vie du siècle » avenir. Je reçois et embrasse fermement les Traditions des » Apôtres et de la Sainte Eglise , avec toutes les autres consti- » tutions et observations d'icelies.

» J'admets et reçois la Sainte Ecriture, selon et au sens que » cette Mère Sainte Eglise tient et a tenu , a laquelle appar- » tient de juger de la vraye intelligence et interprétation de n ladite Ecriture ; et jamais je ne la prendrai , ni exposerai » que selon le commun accord et consentement des Pères.

» Je confesse qu'il y a sept sacremens de la nouvelle Loy , » vraiment et proprement ainsi appeliez , instituez par Notre » Seigneur Jesus-Christ, etc.

» Je crois aussi et admets les cérémonies approuvées par » l'Eglise et usitées en l'administration solenmelle desdits Sa- » cremens.

» Je crois aussi et embrasse tout ce qui a été défini et dé- » claré par les Saints Conciles , touchant le péché originel et n la justification.

» Je reeonnois qu'en la sainte-Messe on offre à Dieu un vrai, » propre et propitiatoire Sacrifice pour les vivans et pour les » morts, et qu'au très-saint Sacrement de l'Eucharistie est vraiment, réellement et substantiellement le Corps de No- » tre-Seigneur Jesus-Christ avec l'ame et la divinité , et qu'en » icelui est faite une conversion de toute la substance du vin n au sang; laquelle conversion l'Eglise appelle , transubstan- » tiation.

» Je confesse aussi que sous l'une des deux espèces, on prend » et reçoit Jesus-Christ tout entier et son vrai Sacrement.

» Je confesse qu'il y a un Purgatoire ou les âmes détenues » peuvent être soulagées des suffrages et bienfaits des Fidèles.

262 LA LIGUE A BEAliVAIS,

» J'avoue qu'on doit invoiquer les Saints et Saintes /Bienhen- » reux et régnant avec Jesus-Christ^ lesquels prient et offrent » à Dieu leurs Oraisons pour nous , et desquels on doit vénérer » ses saintes Reliques.

» Gomme aussi que Ton doit avoir et retenir les images de » Notre Rédempteur Jesus-Christ , de sa Bienheureuse Mère , » perpétuellement Yierge, et des autres Saints et Saintes , en n leur faisant l'honneur et vénération qui leur apjpartient.

n J'avoue davantage que notredit Rédempteur a laissé a son » Eglise la puissance des Indulgeni^es , et que l'usage en est 9 tres-salutaire au peuple Chrétien.

» Je reconnois la sainte Eglise Catholique , Apostolique et » Romaine , Mère et supérieure de toutes les Eglises ; promets » et jure vraye obéissance spirituelle au S. Père de Rome , suc- » cesseur de S. Pierre, Chef des Apôtres, et Vicaire de Jésus- » Christ.

» J'approuve sans aucun doute , et fais professi(m de tout ce » qui a été décis , déterminé et déclaré par les Saints Conciles » Généraux, et rejette, repréuve et anathematise tout ce qui leur est contraire, et toutes hérésies condamnées, rejettées » et anathematisées par l'Eglise ; en cette foy Catholique (hors » laquelle nul ne peut être sauvé, et dont je fais maintenant » profession) je promets moyennant la grâce de Dieu persister » entièrement et inviolablement jusqu'au dernier soupir de » ma vie ». (Sully. — Economies royales.)

Mole no 19. (Page 499.)

Sauvegarde oit plutôt amnistie pour le maire de Beau^ vais et un çchesdn^

5 août 4595.

Jacques de la Guesie, Conseiller du Roi en ses Conseils

ÎVOÏES. 263

d'état et privé, Procureur géoéral, Commissaire député pour sa Majesté eu cette partie.

A tous eaux qui ces présentes Lettres verront , Salut : savoir faisons que Sire Lucien Boicervoise, naguère maire et pair de la ville de B. Antoine Lelantemier, aussi naguère Pair s'étant demis volontairement de leurs charges pour le repos de la dite ville encore qu'ils n'aient fait leur temps, nous avons jugé telle affection de leur part digne de recommandation, à ces causes suivant le pouvoir a nous donné par sa Majesté les avons mis et mettons en la sauvegarde de sa dite Majesté de la cour du Parlement et la nôtre.

(Manusc. de M, Le Caron de Troussures.)

Noie no %o. (Page 205.)

Discours de Henri IKaux Députés de la ville de BeauucUs.

Messieurs ,

Puisquil a plu a Dieu m'appeler a cette dignité royale que je tiens aujourd'huy, et m'establir en jcelle son lieutenant , pour régir et gouverner son peuple François , je veux en tout et partout l'imiter ; et conmie il n'est pas Dieu de vengeance , et oublie les offenses à luy faittes par nous autres^ en se reconciliant a luy , aussy veux-je , mes amis, oublier tout ce qui a ete fait par vous et autres mes sujets, a rencontre de moy , combien quils m'aient tant offensé que de vouloir attempter a ma propre personne , et s'allier de princes étrangers et de nations étrangères , et ruiner moy et mon état ; vous remettant tout ce qui pouroit avoir ete dit et atteoté a rencontre de

moY et mon elat , sans que jamais il me soavienoe de yos delits passés , et prie Dieu vous pardonner comme je vous pard(Hine y et de ne me jamais aider si jamais je men souviens aucunement^ et que jen prenne vengeance generalle ou parti* culiere. Je vous prie, mes amis, considérer ma douceur et clémence , qui ouvre ses bras pour vous receveoir comme mes sujets et serviteurs. Reconnoissés votre Roy légitime, et non bâtard, que Dieu vous a donné, afin quil vous gouverne avee telle douceur, qu'à jamais Dieu soit beny et loué , et vous et nous ne retombions en ces misères passées , ou il est Jbumellement blasphémé , et sa crainte mise sous le pied , son bon* neur offensé par les violemens , bruslements et autres cruautés et méchancetés, lesquelles la guerre amené, et si elle durait encore longtems , vous verriés le pauvre peuple François en telle ignorance , quils perdroient du tout la connoissance de Dieu, et la mémoire de le servir et honorer; au lieu qu'autrefois l'on a vu de tous tems les François passer toutes autres nations , soit en vertu ou en armes , par les bonnes instructions que mes anciens , Rois de France , leur ont fait donner ; vous voies par faute de faquelle la justice perdue , et les mediants qui n'ont crainte djcelle , vivre selon leurs passions. Croies, mes amis, qu'avec la fidélité que je me promets en vous, je retabliray cette bonne justice, et la rendray florissante par un juste jugement : jetabliray de si bons précepteurs a toute la jeunesse Françoise , que Ihonneur en voilera jusqu'aux confins d'Jnde. Je nay autre désir que votre grandeur ; et pouvés vous assurer que mon travail sera pour vous agrandir et vous faire fleurir sous mon règne.

Jay vu ce matin les articles de votre traité , lesquels jay signé , et vous prie de les recevoir selon ma volonté déclarée en marge de chacun djceux , sans vous arrêter que je nay limité qu'a trois lieues a lenteur de vous , ou jay deffendu a toutes personnes de faire exercice de la religion prétendue reformée.

et que ne voas deviez formaliser , eu égard que vous scavez bien que jay a faire a beaucoup de personnes , et quil faut que je eontente un chacun ; mais vous pouvez vous assurer , et vous promets par mon Dieu, que avant quil soit deux ans ^ moyennant sa grâce , vous vivres , et tous ceux de mes royaumes , sous une seule Eglise catholique, apostolique et romaine, et que je scauray bien manier les Huguenots, desquels jay été . 22 ans chef, avec telle douceur que je les reduiray tous au giron de la vraye-Eglise , remerciant mon Dieu de m'en avoir donné la connoissance , et vous tous devez le remercier et prier de me donner la grâce effectuer ce que dessus. Outre les trois lieues cy dessus , ou je fais deffense de faire exercice de ladite religion, je vous donne encore letendue de mon baillage et siège presidial , ou il ne sera fait aucun presche qu'au lieu on il souloitôtre fait depuis Tedit de Tan ^567. Siest*ce en petit nombre, et crois encore qu'il sen fera si peudexercice , que n'aurez occasion den murmurer; el si d'un plein saut, avec les armes , je voulois abattre ladite religion , ce seroit remettre mes états en plus grand trouble quil n'a pas encore été , et aurois affaire anx Huguenots et aux Espagnols , tellement que ce seroit vous même qui en sentiriez les premiers , car vous scavez de certain que les Huguenots tiennent plus de 200 villes en mes royaumes , et si elles etoient révoltées , il seroit impossible de ^2 et 20 ans les réduire. Je connois leur nature, et suis certain quils se réduiront pour vous faire entendre leur état , et quils ne feront si grande difficulté a se réduire : jay en mon royaume de Bearn deux provinces joignantes l'une a lautre , séparées d'une fort petite rivière , en l'une desquelles ne sest jamais fait , pendant mon règne , aucun presche , ains ont vécu selon l'Eglise catholique , apostolique et romaine ; et dans lautre ne si est jamais dit aucune messe , sans que pour cela les habitans de lune ou de lautre se fussent jamais fait tort dun sol a lautre; et si ay eu telle justice en mes armées que jay me-

nées, que jamais mes soldats nont pillé un homme ^ et les peuples passent en telle sûreté , quils ont porté leur argent a la main. Et quand jauray tout réduit , vous verres mes deui royaumes vivre en toute concorde ; la justice si bien réglée , quon ne fera durer les procès éternellement, conmie on fait aujourdhuy . En mon pais de Bearn , jay si bien réglé les juges, que le plus long procès ne dure que trois mois au plus, et ne sont si hardis de prendre epices des procès qu'a la plus juste raison quil est possible, ce qui est chose bien agréable au peuple; et quand mon état sera paisible, ce sera la première chose ou je mettray la main , connoissant bien que le plus grand soulagement en tems de paix, est la justice bien établie sur vous.

Quant au scrupule que vous dites avoir, que notre Saint Père le Pape ne ma donné Fabsolution , je voudrois que vous fussiés certains de tout ce qui s'est passé entre sa Sainteté et moy, et ceux qui sont auprès de moy, et ceux que jay envoie auprès de luy : je m'asseure que vous vous metteriés hors de doute. Vous vous pouves asseurer que jay part en ses prières et bénédictions , telles quil appartient à son fils aine comme je suis. Et si mon état etoit bien assuré , et que jeusse le moyen de aller vers luy, avec telle compagnie , pour le sauver des menaces du Roy d'Espagne, jen ay bonne envie, sitôt que je lauray rendu paisible ; et vous connoitires qu'il na tenu et ne tient a luy, ainsy quil la fait entendre au cardinal de Gondy, au dernier voyage. Si Dieu me prête vie dix dix ans, vous verree conmie je scais bien soutenir lEglise , et planter sa Sainteté a Rome avec mon epée , et non a la façon de lEspagnol qui le met avec argent. J'accuse mes prédécesseurs dune grande lâcheté, d'avoir laissé perdre ce beau titre detre le pillier du chef de lEglise, et la première nomination quils avoient anciennement du Saint Père a Rome ; mais jay bonne envie de la recouvrer, et de ne rien laisser perdre de votre authoritë fran-

coise. Jay si souvent nouvelles de sa Sainteté /que je n'ay occa-^ sion de laceuser, et vous connoitrés la vérité avant quil soit longtemps, et que je suis meilioùr catholique que lEspagnol^ qui na que son ambition devant les yeux. Il ne me sera jamais reproché que pour m'aggrandir jaye permis la huguenoterle, et fait deffenses de exercer la religion catholique, comme il a fait, quelque grand catholiqUQ qu*on veuille dire quil soit, es états derniers tenus en Flandre; il a permis a tous ceux qui le voudroient reconnoître pour Chef souverain , le libre exercice de la religion huguenotte, avec deffenses de faire exercice d'autre religion. N'est-ee pas la un tour de Roy bon catholique? Et depuis mon avènement k la couronne , il a scu despecher deux Papes en 45 jours, qui n'etoient a son appétit : pourquoy n'aura til pas eu cette hardiesse vers sa Sainteté, puisquil a conmiis telle exécrable méchanceté en sa femme fille de France, sous prétexte de quelque Jalousie? Je vous laisse a penser, et il ny a que le Dieu vivant qui scache combien jay eu de grandes affaires du virant du feu Roy mon frère , et depuis, il ny a homme virant qui scache dire combien jen ay eu dempeehemens ; et on me reproche que jay aposté des étrangers dans le royaume. Combien que jen eusse le pouvoir, je nay jamais porté les armes contre mon feu frère ; je nay été que sur la deffensf ve , et me suis gardé des entreprises qui seroient faittes contre moy. Lon vous a fait entendre que je faisois venir des Turcs : jay toujours eu la crainte de Dieu devant les yeux. Si javois mandé des infidèles, je vous le confesserais, bien quils se soient offert a moy ; et si je navols eu la crainte de Dieu , pour la haine que jay de lEspagnol , attendu le mal quil ma fait, je prendrais une armée de diables pour le deffaire.

Au regard des bénéfices de votre diocèse, croies que je les maintiendray comme les autres de mes royaumes, et que je ne donneray point des bénéfices, quels quils soient, a mignons,

baladins et aatres tels quels gens de qui la Cour de mon feu Irere etoit bâtie, et jamais cela ne me sera reproché, ains a gens qui en seront dignes , et metteray telle reformation , que soit eveque ou quelque prélat que ce soit , fera la chaîne de sa Tocation et résidence actuelle pour vous instruire en lamour et crainte de Dieu ; et vous puis assurer que je nauray jamais mignons , et n'aurez jamais la peine de venir vous plaindre de tels gens.

Pour l'exemption de tailles que me demandés , et que je ne vous charge point a l'avenir dimpôt, subsides, emprunts et autres telles levées ; je ne suis point Roy pour ruiner mon peuple. Vous serez remis et maintenus en tous vos anciens privilèges dun coté et dautre que je connois et vous qui aflèctionnés de servir vers moy et votre Roy, et vous promets que je ne feray autres levées ni emprunts, car vous ruinant cest ma ruine même. Mais sil avient que je sois pressé de mes ennemis je recourreray a vous , et me jetteray en vos bras.

Vous demandés que naiez aucun gouverneur ny garnison,, et quil ne soit bâti en votre ville et faubourgs, châteaux, citadelle ou forteresse. Je vous promets que vous n'aures autre gouverneur que votre capitaine , selon que vous avez de tout tems, et naurez autre garnison que celle que vous voudrés vous même ; et ne veux autre château , forteresse ou citadelle, que le cœur de vous antres, lesquels étant bien remis limon service , jestime quil sera impossible a mes ennemis de l'ébranler seulement. Je nay envie de vous envoler gens darmes ny aucuns de mes gardes, parceque je ne veux aucune garde pour mon corps , que les habitans des villes ou je sejourneray, lesquels par la hantise quils auront auprès de moy, connoitront toutes mes actions : mais, mes amis, je suis mary quil faut quil vous soit reproché que vous avez mis ma ville de Beauvais entre les mains de l'Espagnol mon capital ennemy. Ne deviez vous pas connoitrc quil faut quils soient chassés de France? et

cette belle couronne de préférence que vous avez perdue, il faat que d'autres laient gagnée sur vous, qui de tout tems avez été renommés dette si fidèles serviteurs a vos Roix ! Je déplore pours vous ce reproche, et suis mari si navez emporté cette gloire : toutefois je vous prie de la regagner par bons services que me ferés cy après, et croies toujours que je suis votre Roy, et aiez souvenance de ma clémence et miséricorde que recevez, et que je naye occasion de vous hair.

Or, messieurs, acceptés ce que je vous offre , car je scais bien f econnoitre les bons et méchands ; ceux qui en ont essayé vous le témoigneront, et ceux qui ont essayé de ma douceur et de ma clémence, vous témoigneront le même : je suis bon Roy, et ne me laisse commander par mes sujets comme mes prédécesseurs , ains leur conmiande et veux qu'ils m'obeissent. Le feu Roy craignoit les siens, et en avoit peur; mais moy je ne les crains ny redoutte , et nay peur deux ny de mes ennemis ; et cest la maladie de laquelle jay été guery des la licence de mes ennemis que jay veu devant moy en grande multitude ; mes ennemis savent bien que je n'eust jamais une seule peur dans lame, ains scavent bien que quand ils mont voulu opprimer, je les ay pansé de la main si doucement quils ny sont re^ tournés depuis.

Lon vous a fait entendre quès villes qui se sont rendues sous mon obéissance , jay chassé les habitans de ladite ville , et ruinés tous leur moiens : tant sen faut ; ains en quelque lieu , en quelque ville que jay reduitte , je nay mis autres personnes dehors que celles que les habitans m'ont importuné faire , faisant entendre en leur présence , que sils demeuraient , quils seraient toujours en trouble et sédition ; toute fois ce na ete que pour trois mois, lesquels passés, ils pourront retourner avec leurs femmes en leurs biens , et les ay pris en ma sauve garde. Alors que jarrivay à Mantes , je scavois trois ou quatre pensionnaires de lEspagnol , que jeusse fait prendre si jeusse

270 LA LIGUE A BEAlJVAIS.

créa les habitans; tontefois ne les ay éloigné que pour trois mois , et parce quils m'ont connu , ils sont aujourdhuy aussy affectionnes a mon service qu'aucuns d'eux , et la preuve en est ladite ville de Mante.

Lorsque jentray a Paris, vous scaves que je pardonnay a tous les Seii^e , et leur permis de demeurer sils voulaient y ou de se retirer en Uett de mon obéissance. Je tenais le coutellier qui avoit fait le couteau pour me tuer, lequel le recmmut , et maVoùa que cest qui! navait pas eu occasion de sen servir ; toutefois , ayant plustot la douceur et clemencje devant les yeux , que la rigueur de justice , je luy pardonnay. Pareille* ment aux autres qui confessèrent tout le fait , et leur remis a tous , sous la fidélité quils me jurèrent , et toute Ibis na ele tenu par un petit Boucher prédicateur, que largent espa* gnol poussoit. Vous me demandés que je ne fasse sortir personne de ma ville de Beauvais *. je vous le promet, et pardonne a ceux qui plus mont offensé ; et si Godin me veut reconnoitre comme son Roi , je le reconnoitray comme mon serviteur, et sons sa fidélité , je lembrasseray et le rece?ray en ma protee* tion.

Mote no %1. (Page 208.)

Voici le sauf-conduit accordé par Henri IV au théologal Luquin :

« Est permis à maître Guillaume Luquin de sortir de notre » ville de Beauvais avec deux de ses serviteurs pour se retirer » hors de notre royaume, soit avec les Espagnols qui scmt » maintenant au faubourg dudit Beauvais, ou autrement sans » eux« Nous voulons et nous vous mandons C[ue librement il » puisse vaquer a ce dessein.^ Signé du roi Henri IV.— Gom- » piègne , %4 août '1 594. »

(Manutc. de M, Le Caron rfe Troussures*),

IVote no %%• (Page 210)

Voici les noms des chanoines qui prêtèrent serment : Carré ^ Goulet, Jolly, Pajot, Roard, Vaast, Ducheigne, d'Argens, Dadu , Fasquel, Roger, Dujardin, Mareschal, Boucher, Roussel, Cailloux, Groult, Molle, Aucker, Cailloux, Gamier, Potier, Hainques, Prévôt, Moinet, Dussault.

fGodefroy-Heitnand.J

Mote no %m. (Page 240.)

Serment prêté au roi par le corps de ville y le 6 septembre lô94.

Nous maire, pairs et officiers de la Tille et commune de Beauvais qui par ci-devant avons été contraints de demeurer et exercer nos charges et états en la ville de Beauvais , combien que par lettres patentes, il nous ait été interdit et défendu d'exercer nosdites charges, néant moins aiant plu au roi par sa honte et clémence de nous vouloir conserver en nos biens , charges et états , jurons et attestons devant Dieu , et sur les saintes Evangiles que nous reconnaissons de cœur et d'affection pour notre roi, prince naturel et légitime Henry quatrième roi de France et de Navarre h présent régnant, promettons à sa majesté sur nos vies , biens et honneurs de lui garder la foi et loiauté a?ec toute révérance et parfaite obéissance conmie pour la conservation de sa personne, son Etat et couronne, et môme de cette ville de Beauvais sous son authorité et comman-

272 LA LIGl'E A BËÂUYAIS.^— NOTES. '

dément, exposer nos vies et biens pour son service et 'manutention de son Etat. Promettons en outre de n'avoir jamais conmiunication, pratique ni intelligence avec ceux qui se sont élevez en armes contre S M. et tous autres qui se pourroient Aélever ci-après que nous déclarons ennemis de l'Etat et les nô^ très particuliers renonçans a toutes Ligues, sermens et association que nous pourrions avoir cy devant à l'occasion de la malice des tems faits contre et au préjudice de la présente déclaration. Reconnaissant en toute humilité avoir reçu k grâce spéciale la bonté et la clémence dont il a plu à S. M. user envers nous de quoi nous lui rendons grâces très-humbles , supplians le créateur de toutes nos affections de le nous conserver longuement et heureusement, et lui donner victoire sur les ennemis , pour témoignage de quoi nous nous sommes particulièrement soussignés. Fait à l'hôtel de ladite ville de Beauvais en la présence du sieur de Sesseval capitaine de la ville par nous sieur Pontcarré conseiller du roi en sao conseil d'Etat et privé et commis par sa majesté à cet effet , ie 7« jour de septembre ^594.

(Délibérations de Œôtel-de' Ville. ^594.)

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