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Chapitre XY Programme de la Ligue canadienne

LA liberté de l'enseignement était garantie aux catholiques beiges par la loi de 1842.

Jean Macé nous apprend que c'est pour détruire cette loi que la maçonnerie belge fonda la Ligue de l'Enseignement. (1)

Après avoir étudié à Liège le fonctionnement de cette Ligue, Jean Macé trouvant qu'elle pourrait être aussi utile en France pour détruire la loi de 1850, dite Loi Faloux, (2) s'écria : ^' Et maintenant, Je le demande, pourquoi n^ aurions-nous pas en France notre Ligne de l' Enseignement?

Il ajoute un peu plus loin : " Ayant voulu établir en France, ce qui existe chez nos voisins de Belgique, je ne pouvais guère faire autrement que de leur prendre le mot avec la chose."

Jean Macé indiquait ainsi clairement, que le programme de la Ligue en France devait être, comme en Belgique, de détruire la liberté de l'enseignement.

(1 ) Jean Macé, les Origines, p. 339.

(2) «Cette liberté d'enseignement n'était cependant qu'une liberté déjà trits relative. Si les congrégations pouvaient ouvrir des écoles et des collèges, elles n'étaient pas libres d'y donner l'enseignement qu'elles voulaient; mais elles étaient astreintes à subir le contrôle de l'État, pour le choix des programmes, des livres, des méthodes et surtout pour les examens et les dl. plômes qui restaient le monopole de l'État.» (Charles Maiguen : La situation en France. Voir la Vérité (Québec) 1er février 1904. )

Depuis, partout où s'est implantée la Ligue, ce programme a été le sien. Le F.-. Francolin le résumait, en disant : " Partout oià il y a un enfant, partout où il v a une école, on retrouvera la main du franc-maçon, afin que cette parole devienne vérité, " L'école et la maçonnerie ne sont qu'une seule et même chose ".

Le seul article du credo de la Ll'^ue fut dès lors : " Combattre l'enseignement catholique et propager partout l'enseignement sans Dieu, par l'école gratuite, obligatoire et laïque ; et comme moyen d'action, grouper les instituteurs autour d'une association puissante, ennemi irréconciliable de l'Église ; soutenir et surveiller, à la fois ces mêmes instituteurs et les mettre ainsi sous la dépendance de la secte." (1)

Enfin, dans son chapitre " Mouvement extérieur," Jean Macé passe en revue les diverses fondations de la Ligue — la Ligue était alors établie dans quatorze pays — et déclare que, partout, la Ligue a été fidèle à son programme. Fidèle à son programme, la Ligue française l'a été assurément; le dernier appel de son président le F.*. F. Buisson demandant l'expulsion complète et à brève échéance de toutes les congrégations religieuses, en est une preuve éclatante. (2)

Au Canada, le programme de la Ligue de l'Enseignement peut-il être différent de ce qu'il est partout ailleurs ? Non!

(1) J. de Moussac: Hist. de la Ligue, p. 127. Voilà qui explique la tendresse de la Ligue pour nos instituteurs.

(2) F. Buisson: La crise de V anticlcricalisme, octobre 1903.

Fille de la Ligue française, la Ligue canadienne, selon l'expression de Jean Macé, ne saurait avoir d'autre but que celui de sa mère.

Les habiles auteurs du manifeste de la Lisrue canadienne ont, il est vrai, consacré trente cinq pages à déguiser leur pensée véritable ; mais malgré tous leurs efforts à suivre fidèlement les conseils de leur maître, ils n'ont pu s'empêcher de montrer le bout de l'oreille.

" L'instruction est une charge d'État ", telle est la déclaration formelle qu'elle fait à la sixième ligne, de la préface de son manifeste. La Ligue internationale de l'Enseignement n'a jamais eu d'autre programme.

Il n'y a donc plus à douter : non seulement la Ligue canadienne a pris le nom de la Ligue française, mais elle en a aussi pris la chose.

Tout le manifeste de notre Ligue n'est d'ailleurs qu'une apothéose de l'instruction, charge d'État ; quiconque pourra le lire, s'en convaincre facilement.

Fixés sur le but de la Ligue canadienne, nous comprendrons combien est hypocrite cettte déclaration :

"La Ligue de l'Enseignement ne veut rien briser, rien démolir; tout au contraire, elle veut améliorer, perfectionner, compléter." ( Manifeste, p. 4^.)

Voltaire, le patron de la Ligue, ne doit-il pas sourire !

A l'inauguration d'un nouveau temple maçonnique, en 1867, Jean Macé buvait "Au cœur de Voltaire" ! !

"On ne parle que de l'esprit de Voltaire, s'écriait-il, et certes on a bien le droit d'en parler. Quant à moi,

c'est de son cœur seulement que je veux vous parler, c'est de la flamme ardente qui le dévorait et qu'on ne voit pas assez, parce qu'elle jaillit en pluie continuelle d'étincelles. C'est à Voltaire l'enthousiaste que je vous propose de boire... lui dont la vie n'a été qu'un combat "au service de l'humanité", et qui nous a laissé, avec son exemple à suivre, sa mémoire à'v^enger... {Monde Maçonnique, mai 1867, pp. 24 et 25.— Jean de Moussac : Hist. de la Ligue,^. 110.)

N'est-ce pas ce même Voltaire qui écrivait à La Chatelais (28 février 1763.) : "Je vous félicite de proscrire l'instruction chez les laboureurs"? {Œuvres complètes t. XVI, p. 516.)

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