EPILOGUE
NOUS le demandons maintenant à ceux qui ont lu ces pages sur la Ligue française de l'Enseignement, avons-nous eu tort de dénoncer, comme nous l'avons fait, la section canadienne ?
La Ligue de l'Enseignement, fondée à Montréal en 1902 après les démarches de M. Herbette, conseiller d'État et membre du conseil général de la Ligue française, n'est qu'une succursale de celle-ci. Nous l'avons prouvé par un document dont l'authenticité est irrécusable, et dont les ligueurs canadiens ont par deux fois reconnu l'authenticité. (1)
La Ligue canadienne a donc été créée pour accomplir au Canada la même œuvre que la Ligue de France, pour poursuivre le même but par les mêmes moyens ; et elle aboutira fatalement aux mêmes résultats désastreux: déjà, nous l'avons vu, elle s'est mise à l'œuvre.
La conclusion est rigoureuse.
Oui, la Ligue, fidèle aux principes maçonniques, usera, ici comme en France, de tous les moyens pour arriver à son but. Elle emploiera tour à tour la ruse et la brutalité.
Le mensonge étant le plus ordinaire de ses instruments, elle niera devant le public, elle affirmera
(1) Le Canada, 21 juillet 1903.— te Canada, 4. février 1904,— ia Presse, 5 février 1904.
devant les adeptes. Aujourd'hui, elle dit, comme Jean Macé en 1866 :
«Nous ne voulons rien détruire, la Ligue ne servira les intérêts d'aucune politique.»
Demain elle dira, comme Jean Macé en 1885 :
«Autrefois, nous affirmions que la Ligue n'était ni une société politique ni une société religieuse. Aujourd'hui, il n'en est plus ainsi. Aujourd'hui, il faut affirmer que la Ligue est une société maçonnique. »
Nous savons déjà ce que valent ses promesses de ne rien détruire, mais d'améliorer seulement. Le loup rapace a eu beau se cacher sous la peau de l'agneau, il a laissé percer un bout de l'oreille.
C'est ainsi 1° que tout en promettant de respecter les droits de tous, elle déclare que " l'instruction publique est charge d'État", ce qui, dans le langage des laïcisateurs, veut dire la monopolisation de l'enseignement par l'État. Or, n'est-ce pas là, nous ne pouvons trop le redire, la violation des droits naturels et divins ? Tout homme a, de droit naturel, le pouvoir de faire instruire ses enfants où il veut et par qui il lui plaît. De droit naturel et de droit divin, le père et la mère ont le pouvoir de faire donner à leurs enfants l'instruction religieuse conforme à leurs croyances. L'arbitraire seul peut les priver de ces droits ; c'est ce qu'a fait la Ligue en France et ce que la Ligue canadienne annonce qu'elle fera (6e ligne de son programme, voir la brochure Langlois-Beauchesne ) .
2° Il est faux que le radical de l'ultramontain, selon la doctrine du secrétaire de la Ligue, puissent se coudoyer, sans danger, sur le terrain de l'éducation. Car les principes de l'éducation chrétienne sont absolument opposés à ceux qne professe le radical, c'est-à-dire l'athée, le libre-penseur, le franc-maçon.
L'éducation de l'ultramontain repose sur la morale chrétienne, tandis que celle du radical, a déclaré le F .'. Blatin, repose sur une morale tout opposée.
3° Comme la Ligue française à ses débuts, la Ligue canadienne ne demande aujourd'hui que l'école primaire gratuite, obligatoire. Demain, comme sa mère, elle imposera l'école neutre, c'est-à-dire laïque et maçonnique.
Nous en avons assez, pour conclure avec Mgr Dupanloup dénonçant la Ligue française :
"La Ligue canadienne de l'Enseignement, ce n'est pas une ligue pour l'enseignement, c'est une ligue contre la religion L'enseignement, c'est le masque ; l'irréligion, r antichristianisme, c'est le but. Mais le masque fait des dupes qui deviennent com^Dlices d'un détestable but.,"
A vous donc. Canadiens français, d'avoir l'œil au guet et de nepermettre jamais, pour l'honneur du Christ et de la patrie, que l'hydre maçonnique lève la tête et couvre notre pays de ruines, comme elle a fait pour la douce France.