‹ La Ligue de l'enseignement [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 39 · PAR · texte numérisé non relu

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Mais cequi acheva de rendre suspecte la nouvelle Ligue, c’est l'appui et l’encouragement qu’elle recevait d’une misérable feuille de Montréal, honnie de tous les honnêtes gens et rédigée par un certain Français échoué onnesait comment sur nos bords. Je veux parler, on le devine, des Débats frappés d'interdiction, le 29 septembre 1903, et du triste sire, du nom de Charlier, qui figure dans la liste des membres de la Ligue.

Je n’insiste pas. Par respect pour mes lecteurs, je m’abstiens de citer quoi que ce soit de ce journal infect qui a fait trop longtemps la honte de la ville de Montréal.

Ce trio de journalistes, frères-prêcheurs de réformes scolaires, n’était donc rien moins que rassurant. Sion ajoute à cela les autres motifs de suspicion dont nous avons déjà parlé, rien d’étonnant que Rodolphe Lefort ait écrit dans le Pionnier du 21 février 1903:

« Aux questions de M. l’abbé Baillargé, nous nous permettons d'ajouter celle-ci :

« La Ligue fondée à Montréal s’inspire-t-elle de la Constitution, du Règlement de la Ligue de l’Enseignement fondée en France par M. Jean Macé, vers 1866 ? ”

« Cette question, pensons-nous, prime celle de M. l'abbé Baillargé. »

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Les vrais amis del’Instruction publique étaient impatients d’une réponse à cette dernière question. Mais les promoteurs dela Ligue canadienne persistaient à se renfermer dans un mutisme obstiné.

Enfin, après plusieurs mois d’attente, naquit, on ne sait au juste quel jour, dans le silence et le mystère, la fameuse brochure annoncée par le Journal du 21 janvier 1903. Mais le public est encore à l’attendre. Seuls, les adeptes et quelques rares indiscrets ont pu la lire. — J'ai l'honneur d’être de ce nombre. Pourquoi, après avoir été tant annoncée, cette brochure n’est-elle pas livrée au grand public ?

Chut! c’est le secret de la L

La Ligue fait la morte pour donner le change au public.

Puisque j'ai eu le bonheur de lire cette brochure, j'ai bien le droit de dire ce que j'en pense. Le voici en peu de mots.

Un fin tissu d’hypocrisie où, à l'abri de sentences et de citations empruntées à des religieux, éminents éducateurs, à des archevêques, des évéques, etc., les auteurs, MM. Godfroy Langlois et Arthur Beauchesne, qui n’ont pas cru devoir signer mais dont Le Journal du 21 juin 1903 nous donne les noms, ont habilement fait l'apologie de l’école laïque, obligatoire et gratuite.

On connaît la valeur exacte de ces trois termes !

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