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quelle façon les i-stituteurs entendaient la laïcisation, avait demandé leur sentiment par une sorte d'enquête et qu'il avait été épouvanté des négations morales auxquelles beaucoup avaient abouti,
« En même temps que l'idéal religieux, tout autre idéal a disparu. Les sans-patrie sont de même souche que les sans-Dieu.
«Si le mal n'est pas plus grand, c’est grâce aux écoles libres qui ont conservé à la France un noyau d'hommes craignant et servant Dieu.”’
(Second témoignage de M. Adolphe Guillot, à l'enquête du Figaro, 19 août 1896.)
Le Figaro (19 août 1896) dit à son tour:
« L'augmentation de la criminalité des jeunes coïncide d’une manière mathématique avec l'avènement de la laïcisation.
« En 1881, date de la loi scolaire, le chiffre des délinquants de moins de 16 ans est de 7,151. En 1888, alors que l’école laïque porte ses premiers fruits, ce chiffre s'élève à 8,488. En 1890 il atteint 8,666, et depuis cinq ans, cette même courbe lamentable se poursuit. ”
Répondant aux questions posées par le Figaro sur “ L'école et la criminalité”, M. Georges Boujean, juge au tribunal de la Seine et fondateur de l’admirable colonie d'Orgeville pourl’enfance abandonnée ou coupable, dit :
«C'est un monde, c'est tout au moins la vie ou la
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mort nationale que votre question soulève. Il n'y a pas, à mon avis, de sujet plus urgent. La France s'en va aux abîmes avec ses générations successives dont chacune est plus vaniteuse, plus paresseuse et plus révoltée que la précédente. L'éducation irréligieuse est évidemment le principal facteur de cette dégénérescence.» (G. Goyau, L'école d'aujourd hui, p. 336.)
« Nous sommes présentement en passe — je dis cela humblement, mais enfin je crois devoir le dire — d’échouer dans la grande entreprise qui a été faite de faire l'éducation de la démocratie en France, et nous échouerons par la raison qu’on vise le savoir et non la conduite. Voilà la source de ces enfants qu'il faut plus tard envoyer en correction paternelle... (Paroles de M. Gaufrès à la Société des Prisons, citées par Jacques Bonzon, Le Crime et l'École, p. 71.)
À son tour M. Jacques Bonzon, avocat à la Cour d’Appel de Paris et grand partisan de la laïque, dans son ouvrage “Le Crime et l’École ”, après avoir fait un lamentable tableau de la criminalité en France, et surtout touchant l'enfance, dit :
« L'école d'aujourd'hui, !:s programmes de ses cours et de ses leçons, l'esprit qui les imprègne, non, tout cela n’a pas créé la criminalité montante de l'enfance. Mais elle devait l’enrayer, elle nous promettait de lui barrer le
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chemin et de réaliser enfin le mieux si longtemps attendu.» (1)
« Au lieu de cela qu’a-t-elle fait? A-t-elle jeté dans les âmes une semence féconde de vertu et de bonté, a-t-elle inspiré à tous ces jeunes esprits malléables un amour du bien assez fort pour triompher, chez la plupart, de leurs passions et de leurs désirs mauvais ? Je ne le crois point, et nul observateur sincère ne le peut croire lui-même, sans s’abandonner à un pessimisme exagéré, sans renoncer d'avance à toute amélioration, à tout remède, quand au contraire plusieurs modifications à l'esprit de l’instruction populaire sont dès aujourd’hui réalisables, ilfaut reconnaître courageusement que l’école n’a pas produit les résultats qu’on en espérait. Elle n’a pas aidé à la diminution de la criminalité enfantine, Elle ne l’a pas empêché de croître. Elle a même contribué à la rendre plus grande.
« La preuve, dit M. Bonzon, la voici: En 1880, 3,174 garçons étaient poursuivis pour vol; en 1888, nous en trouvons 3,919. »
« Le résumé statistique des résultats de la justice criminelle de 1826 à 1880, tout en indiquant un accroisse-
(1) M.J. Bonson fait ici allusion à ce que Jules Ferry écrivait à tous les instituteurs de France le 17 novembre 1883, pour leur recommander l’enseignement de la morale maçonnique :
«Quand les populations vous auront vus à l’œuvre... Quand elles remarqueront que vos leçons de MORALE commencent À produire de l'effet, que leurs enfants rapportent de votre classe de meilleures habitudes, des manières plus douces et plus respectueuses, enfin tous les signes d’une incessante «amélioration morale, » alors la cause de l’6. cole laïque sera gagnée,
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ment continu dans la criminalité de l'enfance, donnait encore la priorité aux adultes. L'augmentation pour les Barçons correspondait à 139p. c., pour les filles à 117p.c. Les adultes, au contraire, voyaient leurs délits tripler, passer de 100 à 400. L'augm. :.. tion cependant était déjà très grande pour l'enfance, :: ' 5n songe que de tout temps la population enfantine, de 7 à 16 ans, a été bien inférieure à la Population adulte: cette augmentation de la criminalité enfantine n'a fait que s’accentuer depuis 1880, et maintenant ELLE pépaese presque du double celle des adultes. En 1882, 174,815 majeurs prévenus; en 1892, 203,855; en 1882, 5,805 enfants poursuivis; en 1892, 7,148. Aussi, pour les adultes une augmentation correspondant au neuvième du nombre primitif; pour les enfants, elle atteint presque le quart:
« En 1880, on trouvait déjà 55 suicides d'enfants. La Progression est depuis lors Constante, elle était de 62 en 1886 et de 87 en 1892.» (J. Bonzon, Le Crime et l'Écok, pages 32, 40, 43.)
Plus tard, la Correspondance générale de l'instruction primaire portait à plus de 100 le nombre des suicides d'enfants.
Citons encore le témoignage d’un philosophe éminent, un des esprits les plus dégagés de ce temps, M. Fouillée :
« C'est pour avoir systématiquement exclu de l'enseignement primaire, ces deux facteurs primordiaux (la
morale et les idées religieuses) qu'en dépit de centaines de millions dépensés, les résultats d’une expérience mal conduite ont été si médiocres et si incomplets. aussi bien au point de vue pédagogique qu’au point de vue social. » (Reproduit de / Economiste français, 1er janvier 1898.)
Le même écrivain avait dit l’année précédente, 1897, dans la Revue des Deux-Mondes, t. 1, p. 425- 431:
“Non moins délicate est l'interprétation purement statistique de la différence entre les écoles laïques et les écoles religieuses. A Paris, sur 100 enfants poursuivis, on en trouve 2 à peine qui soient sortis d’une école religieuse. Sur 100 enfants détenus à la Petite-Roquette l’école congréganiste n’en fournit que 13, l’école laïque 87.»
Et cependant la population de l’école laïque est à peine le double de la Population de l’école religieuse,
En face de tels résultats, une des feuilles les plus ardentes dans la lutte contre la religion catholique faisait cet aveu en 1895:
«L'école sans Dieu nous a fabriqué une génération de décadence, Tout craque dans la société, en proie à l'anarchie, et si les enfants de l'avenir sont élevés comme ceux d'il y a dix et quinze ans, la France est condamnée à une effroyable catastrophe. »
La Revue de l'Instruction Publique, organe de
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