LA LIGUE D'’ENSEICN EMENT
Il y a quelques jours, j'ai reçu la lettre suivante qui,
certes, mérite une réponse :
St-Huserr, Comté de Chambly, 21 janvier 1903 M. Beauchesne, rédacteur du Journal et secrétaire de la Ligue de l'Enseignement.
Monsieur,
Je suis invité à faire partie de la Ligue; vous êtes le secrétaire de cette Ligue, et vous devez par conséquent connaître son programme,
1° La Ligue est-elle en faveur de l’uniformité des livres ?
2° Est-elle en faveur de l’école gratuite ?
PS, Lt
3° Est-elle en faveur de l’école obligatoire ?
4° Est-elle en faveur de l’abolition de la taxe mensuelle ?
5° Est-elle en faveur de l'abolition du Conseil de l’Instruction publique ?
6° Est-elle en faveur de la création d’un ministère de l’Instruction publique ?
7° Cette Ligue est-elle convaincue que la province de Québec a fait ‘ peu de chose” pour l'instruction publique depuis 50 ans ?
8° Sous quels rapports la Ligue veut-elle améliorer notre système d'éducation ?
9° Comment se fait-il que des 400 membres enthousiastes dont se compose la Ligue, il n’y en ait que 150 qui soient en règle pour leur souscription ?
Une réponse, dans le Journal, obligera beaucoup.
Il faut encourager tout ce qui s’appelle le bien, à condition cependant de ne pas marcher dans l'inconnu.
J'ai l'honneur d’être, Monsieur, Votre tout dévoué serviteur, F. A. BAILLARGÉ,
Ptre, curé.
Les questions étaient nettement posées. On pouvait s'attendre à une réponse nette et sans ambages, à des explications franches et précises. Les fondateurs dela Ligue n’avaient pas dû agir en
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aveugles. En créant cette société nouvelle, ils devaient avoir un dessein arrêté. Au reste, depuis près de quatre mois qu’elle existait et se recrutait partout des adhérents, ils avaient eu le temps de déterminer un programme.
Or, voici la réponse dont M. Arthur Beauchesne fit suivre la lettre de M. le curé de St-Hubert :
Le Ligue d'enseignement dont je suis le secrétairecorrespondant, ne s'étant pas prononcée sur les huit premières questions que me pose M. l'abbé Baillargé, je ne saurais dire ce qu’elle en pense.
Quant à la neuvième, je puis répondre qu'elle est très exagérée et que, si certains membres n’ont pas encore payé leur contribution, il ne faut pas en conclure qu'ils
refusent de faire partie de la Ligue d'Enseignement.
Cette dernière n’a pas été fondée dans un but de destruction. Elle n’a pas l'intention, que je sache, de faire la guerre aux patriotes qui, jusqu’à présent, se sont dévoués pour l'instruction chez les Canadiens français, Elle a été fondée par plusieurs personnes avides de se rendre utiles au pays et ouvre ses portes à tous les citoyens qui désirent perfectionner notre système d’éducation. Le radical ou l’ultramontain peut en faire partie ; le conservateur peut y coudoyer le libéral.
C'est certainement le meilleur moyen de dégager de l'influence des partis politiques la cause sacrée de l’éducation.
Si quelque membre de ceite ligue est en faveur de l’uniformité des livres, il aura le loisir de faire à ce sujet une