DT RE
ira ai ner Rs D ets li à
Pourquoi s'il a cette erainte, a-t-il refusé de publier un article de notre confrère, M. Henri Bernard, sur la Ligue fran-
çaise de l'Enseignement ?
Les bons directeurs affectèrent même d'éloigner, des bureaux du Journal, M. Arthur Beauchesne. Le rédacteur-en-chef quitta done Montréal pour Ottawa. Seulement, ce fut en qualité de correspondant parlementaire de la même feuille ! Depuis, M. Arthur Beauchesne est rentré dans les bureaux de la digne feuille conservatrice, et dans les bonnes grâces de ses Directeurs!! Ainsi fini la petite comédie. N'est-ce pas que c'est charmant d’hypocrisie (1)!
Quand M. Godfroy Langlois fonda la Ligue, il était rédacteur-en-chef de la Patrie. I est devenu, depuis, directeur du Canada
Il est des hommes dont le nom seul vaut un programme: tel est M. Langlois; ses idées radicales sont connues. Aussi nos bons libéraux s'étonnent-ils justement que les chefs du pa : libéral aient mis, à :. tête du seul organe attitré qu'ils possèdent à Montréal, un homme dont l'esprit est si manifestement hostiles aux saines traditions catholiques.
L'ambition n'a pas de bornes; M. Langlois convoita dit-on, autrefois, un siège au Conseil de l’Instruc tion publique. I paraît qu'il en fut prestement frustré.
1) Nous devons dire cependant, pour rendre justice au Journal, qu'avec
M. Ulric Tremblav, 'e successeur de M. À. Beauchesne À 1n rédaction, les
s decette feuille se modifièrent pour le mieux. Elle publia même quelques
irticles contre la Ligue de l'Enseignement,
nn
Serait-ce la raison pour laquelle M. Langlois trouve au-
jourd’hui insuffisant le fonctionnement de notre système
scolaire, et incapables, les membres actuels du Conseil
de l’'Instruction publique ? 1 viserait-1l pas à capter l'attention et les faveurs du public, lui, une de ses glori-
fications désespérées dont nous a parlé /a Presse ?
Sinon, pourquoi cette persistance à imposer Sa personne à nos éducateurs ? à se pousser de l'avant pour se créer un rôle prédominant dans les choses de l’éducation? Pourquoi se faire le héros de la salle Poiré ? Pourquoi y emboucher la trompette à la gloire de “Tlinluence considérable” de la Ligue de l'Enseisnement de France? Pourquoi y jeter les fondements d'une ‘gue à l'instar de celle-là ?
On ne pouvait s’v tromper, les allures de notre journaliste étaient louches. Aussi personne ne fut dupe le l'admirable modestie avec laquelle M. Godfroy Lanvlois se déroba aux honneurs de la présidence, qu'il laissa à un bon marchand, pas du tout un Pic de la Mirandole, dont le nom inconnu ne pouvait éveiller les soupçons. Dans la pénombre de son fauteuil vice-présidentiel, le fondateur de la Ligue continua à en être l'âme. Puis, sous l'inspiration du grand réflormateur, In Patrie faisait une ardente réclame en faveur de la Ligue. Ainsi, on pouvait lire dans le numéro du 22 novembre l'appel suivant:
La Ligue de l'Enseignement est une association digne de
l'encouragement de tous les citoyens qui s'intéressent à la
cause de l'école.
Pour en faire partie, il sufht d'adresser une demande d'inscription et d'envoyer unecotisation d'une piastre à M. Valmore Lamarche, N.P., trésorier, 107, rue St-Jacques, Montréal.
La cotisation pour les membres du eorps enseignant n'est que de 50 centins.
Avec quelques centaines de membres, la Ligue aura des fonds sufhsants pour entreprendre la publication d'ouvrares de propagande.
L'hon. M. Tarte, l'hon. M. Dandurand, l'hon. M. Brodeur, l: maire Cochrane, l'hon. M. Rainville, plusieurs députés et
Que leur exemple soit imité!
Plus la Ligue comptera de membres, plus elle sera influente, plus elle pourra rendre de services.
«Patriotes, enrôlez-vous et envoyez votre souscription.»
Et cependant, personne ne savait encore, à part les initiés, le vrai but de la Ligue.
Mais ce qui acheva de readre suspecte la nouvelle Ligue, c'est l'appui et l'encouragement qu’elle recevait d'une misérable feuille de Montréal, honnie de tous les honnêtes gens et rédigée par un certain individu se disant français. Nous voulons parler, on le devine, des Débats, frappés d'interdiction, le 29 septembre 19053, et du triste sire, du nom de Charlier, qui figure dans la liste des membres de la Ligue.
Nous n'insistons pas. Par respect pour nos lecteurs, nous nous abstenons de citer quoi que ce soit de ce journal infect, qui a fait trop longtemps la honte de la ville de Montréal,
Ce trio de journalistes, prêcheurs de réformes scolaï-
res, n'était donc rien moins que rassurant. Si on ajoute
à cela les autres motifs de suspicion que nous avons déjà signalés, rien d'étonnant que Rodolphe Lefort ait écrit dans le Pionnier du 21 février 1903:
« Aux questions de M. l'abbé Baillargé, nous nous permettons d'ajouter celle-ci:
« La Ligue fondée à Montréal s’inspire-t-elle de la Contitution, du Règlement de la Ligue de l'Enseignement fondée en France par M. Jean Macé en 1866 ?
« Cette question, pensons-nous, prime celles de M. l'abbé Baillargé.»
Mais plus les vrais amis de l'éducation étaient impatients d'une réponse à cette dernière question, plus les promoteurs de la Ligue canadienne persistaient à se renfermer dans un mutisme obstiné.
Enfin, après plusieurs mois d'attente, vit le jour dans le silence et le mystère la fameuse brochure annoncée par le Journaldu 21 janvier 1903. Toutefois on ne la montre pas encore au public. Seuls, les adeptes et quelques rares indiscrets ont pu la lire. Nous avons l'honneur d'être un de ces derniers. Pourquoi, après avoir été tant annoncée, cette brochure n'est-elle pas livrée immédiatement au grand public ?
Chut! c'est le secret de la L...……
Voulant donner le change au publie, la Ligue fait la morte,
Avant eu le bonheur de lire cette brochure et même de la posséder, nous avons bien le droit de dire ce que nous en pensons, Le voici en peu de mots,
C'est un fin tissu d'hypocrisie, où, à l'abri de sen-
tences et de citations empruntées à des religieux, à
oE
d'éminents éducateurs, à des archevêques, des évêques, etc. les auteurs. MM. Godfroy Langlois et Arthur Beauchesne, qui n’ont pas cru devoir signer, mais dont /e Journal du 21 juin 1903 nous donne les noms, ont habilement fait l'apologie de l'école de l'État, c'est-à-dire de l'école gratuite, obligatoire, laïque.
On connaît aujourd'hui la valeur exacte de ces trois termes !
La brochure parlait encore de réformes qui peuvent se résumer À trois, SAVOIr :
1° Le salaire des institutrices est dérisoire ; il convient de le relever.
29 Un grand nombre d'institutrices ne possèdent pas les connaissances pédagogiques nécessaires : 1l leur faut une formation plus longue et plus en rapport avec les besoins modernes; conclusion sous-entendue : ayons pour elles des écoles normales exclusivement laïques.
3° Beaucoup d'institutrices sont trop jeunes pour exercer leur profession avec profit.
Seulement, on taisait une quatrième réforme à laquelle les Ligueurs tiennent beaucoup plus encore, la vraie celle-là : selon M. Langlois, nous l'avons vu précédemmert, le conseil actuel de l'instruction publique ne se réumit pas assez souvent, €t il n'est pas assez renseivné des détails de notre système scolaire ! Conclusion: renvoyons ces messieurs —évèques et séculiers —et remplaçons-les. Mais par qui? Par les officiers de la Ligue de l'Enseignement, cela va sans dire !
Et accentuons,en faveur de l'Etat, le monopole de
l'instruction publique !
CHAPr RE VI
À propos de la bibliothèque Carnevie
À mes de ceux qui ont combattu ou désap-
prouvé le projet de l'érection, à Montréal, d’une bibliothèque neutre, ne se doutent peut-être pas que ce projet a pris naissance dans le génial et très fécond cerveau de la ‘ Ligue de l'Enseignement.”
En effet, pour quiconque a voulu prêter un peu d’attention à cette lutte homérique, qui a tant occupé la presse du pays, il était facile de voir que plusieurs de ceux qui ont voulu doter, à tout prix, Montréal d'une bibliothèque à l'abri de toute censure efficace, ont l’honneur d'être inscrits en lettres d'or sur le grand livre de la Ligue de l'Enseignement.
Quel échevin, par exemple, a combattu avec plus d'acharnement en faveur du projet Carnegie que M. P.-G. Martineau, avocat? Or, le nom de ce monsieur, on l’a vu, brille parmi les officiers de la Ligue, Quel autre échevin fut plus âpre à la lutte en faveur de la bibli thèque neutre que le Dr Dagenais? Et cet échevin n’estil pas aussi de la Ligue ?
Il n'est pas difficile, non plus, de constater que les journaux qui se sont faits les défenseurs du projet Carnegie, sont aussi les organes et les défenseurs de la Ligue de l'Enseignement.
Quel journal, par exemple, appuya la fameuse bibliothèque, avec plus de zèle, et fit plus éclater sa fureur quand le projet eut échoué, que le Canada ? C'était véritablement de la frénésie. Or, le directeur du Canada était alors, comme il est encore, M.Godtroy Langlois, organisateur et modeste vice-président de la Ligue.
Et après le Canada, quel est le journal de Montréal qui se montra l'apôtre le plus ardent de la bibliothèque neutre ? Ce furent les Débats, condamnés depuis par Mer l’Archevêque.
Ici, qu'on me permette d'ouvrir une parenthèse pour signaler un fait très significatif.
Le procès Adam-Charlier a révélé que le nommé Charlier, qui d'abord ax ait fait enregistrer son nom comme directeur-propriétaire des Débats, substitua ensuite, au greffe de Montréal, une autre pièce.
Cette substitution, ayant pour but évident de soustraire maître Charlier aux poursuites de la justice, était piquante d'intérêt. Elle mentionnait les Débats comme passés aux mains d'une compagnie ainsi composée : Président : M. Gaspard DeSerres, capitaliste. Secrétaire: M. Philippe DeSerres.
cteurs : MM. Gonzalve Desaulniers, avocat: l'échevin P.-G. Martineau, avocat; Édouard Charlier, Alphonse Marcotte, J.-M. Wilson, marchand.
Or, presque tous ces noms figurent sur la liste des
Actionnaires-dire
membres de la Ligue.
Notons ici que ce temps auparavant, pour l'avoir accusé
M. Desaulniers est pourtant le
même qui, peu de
d'être mêlé aux Débats, poursuivait {4 Croix, de Montréal, et déclarait à ce journal “qu'il était absolument étranger à la rédaction des Débats. (La Croix, 19 juillet 1908,4ep.) On lisait encore dans la Presse du 13 juillet 1903 (8e page, 1re colonne): ‘“Rencontré par un reporter de /a Presse, M. Désaulniers a dit qu'il n'avait rien à faire avec es Débats, pas plus qu'avec les autres journaux de Montréal. Il est l'avocat de M. Charlier, et c'est tout.”
Ce qu'il y a d'hypocrisie dans cet “absolument étranger "
Le fait se passe de commentaires. !'ous le laissons aux méditations du lecteur.
Nous entrerons un peu plus loin dans la nature intime des rapports qui unissent la Ligu
e à : à bibliothèque Carnegie,
CHariTRE VII
Le voile du temple déchiré
OU
L'origine maçonnique de la Ligue
canadienne
VEC un peu d'attention, ilétait aisé de découvrir, dans la brochure Langlois-Beauchesne, certains indices révélateurs, d'une sympathie étroite entre la ligue du Canada et celle de France. Nous le constaterons au chapitre du Programme de la Ligue.
Nous n'avions pu cependant, y trouver d'aveu formel d'affiliation de la Ligue canadienne à la trop fameuse Ligue française. Cela était tout naturel !
Il n'y avait pas là de quoi perdre courage ; confiant dans le vieux proverbe : “Tout vient à point à qui sait attendre,’ nous avons continué nos recherches sans nous lasser.
En eflet, après dix mois de recherches, nous avons le plaisir de pouvoir répondre à tous ceux qui se demandaient : Qu'est-ce que la Ligue de l'Enseignement ?
Nous avons aujourd'hui mis la main sur l'extrait de naissance de la Ligue de l'Enseignement de Montréal.
Le voici :
‘La Correspondance hebdomadaire de la Ligue française de l'Enseignement, annonce dans son No 2, (14 décembre 1902, }que, à la séance du conseil général de la Ligue, le 18 du même mois, sera présentée l'adhésion d'une nouvelle société portant le No 2890, et désignée sous le rom de ‘CERCLE DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNE- MENT DE MONTRÉAL (CANADA ).”?
Le Bulletin trimestriel de la Ligue française de l'Enseionement, X XIIe année, No 204, (janvier, février, mars 1903), annonce en douzième page qu'à la séance du conseil général de la Ligue, tenue le 18 décembre 1902, l'adhésion du cercle de la Ligue de l'Enseignement de Montréal, (Canada) portant le No 2890 a été acceptée.
Mais pour montrer combien la Ligue française se réjouit de cette nouvelle adhésion, la Correspondance hebdomadaire, citée plus haut, donne, en troisième colonne, la petite note suivante qui nous prouve combien est grande l'affection que porte aux Canadiens celui que
l’on nomme ‘mon oncle Herbette. ” LA LIGUE Au CanApA (I)
C'EST GRACE AUX DÉMARCHES DE M. HERBETTE, MEMBRE DU CONSEIL GÉNÉRAL, QU'UN CEPCLE DE LA LIGUE À PU ÊTRE CONSTITUÉ À MoxTRÉAL. Nous Nous FÉLICITONS DE CETTE CRÉATION, ET NOUS SOMMES CON- VAINCUS QUE LA SECTION CANADIENNE OBTIENDRA BIEN- TÔT D'EXCELLENTS RÉSULTATS !
Nous voilà donc enfin renseignés d’une manière tout à fait satisfaisante, non seulement sur les origines de la
(1) Le Rappel de Montréal, du 19 juillet 1908.
oue (14 e la ion
née
Ligue canadienne de l'Enseignement, mais aussi sur le but du voyage au Canada de cet homme, de ce M. Herbette, ‘ Oncle des Canayens.”
N'est-ce pas que ce “notre Oncle” a bien joué la comédie ? En sa qualité de membre du Conseil général de la Ligue française, il a présidé et travaillé a la fabrication de toutes les lois laïcisatrices, des lois de persécution et d'expulsion des religieux et des maîtres chrétiens en France: au Canada, tout en travaillant, dans l'ombre et le silence des Loges maçonniques de Montréal, à la fondation d'une section de la Ligue française, il a trouvé moyen de se faire recevoir dans nos universités catholiques, dans nos collèges, nos couvents, nos écoles. Partout,en échange du pur encens d'Arabie qui lui a été brûlé, il a distribué force félicitations et iouanges aux hautes autorités, aux maitres, aux maîtresses et aux élèves, s'extasiant devant les sUCCÈS obtenus au prix de tant d'efforts, de tant de dévouement et de sacrifices ! !! L'hypocrite !
N'est-ce pas que tous ces ‘mon Oncle” qui de temps en temps nous viennent de la vieille France chargés d'une mission officielle ou au moins officieuse, sont d’une habileté consommée dans l’art de cacher leur petit jeu, de nous enmieller avec de belles paroles hypocrites et de nous émanciper sans que nous nous en apercevions, selon la fameuse parole prêtée à M. Herbette dans une de ces réunions si charmantes où, ‘mon Oncle” donne aux jeunes Canadiens, étudiant à Paris, l'occasion de se rencontrer !
Exactement renseignés sur les origines de la L'zue =
‘anadienne, il nous reste à faire plus ample connaissance avec la Ligue française, à nous renseigner sur son but,
ses moyens d'action, et ses résultats: chose facile, car
les documents abondent sur cette matière. Ainsi connaîtrons-nous mieux le motif qui a fait naître ia Ligue canadienne et le but qu'elle se propose.
Mais il importe auparavant de répondre aux dénégations du Canada, et d'ajouter certaines choses intéressantes à p-0pos de la fameuse bibliothèque Carnegie,
fruit prématuré de la Ligue.
rue nice ut, car on-
rue
néité-
rie,