SATION POUR AFFILIATION. — M. HERBETTE DÉSAVOUÉ
Le bureau de direction de la Ligue de l'Enseignement s'est réuni ces jours derniers pour protester contre l'afiliation non autorisée de cette société à la Ligue de l'Enseignement en France, et pour désavouer M. Herbett: qui a fait cette démarche de son propre chef.
Le bureau de direction n'avait pas jugé à propos de répondreaux attaquesetaux dénonciations malveillantesde certains publicistes, convaincu que la dénégation formelle publiée il y a quelques mois dans /e Canada par M.G. Langlois, (1) vice-président de la Ligue, aurait sufñ pour mettre fin à cette légende.
(1) Un secret échappé. Cet article du Canada n'était pas signé, mais nous sommes heureux d'apprendre que M. G Langlois en était l'auteur.
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Mais comme certains individus croient devoir continuer À
Spécuier sur cet incident et faire des affirmations à l'encontre
de cette dénégation, le bureau de direction a pensé qu'il valait mieux, devant tant de mauvaise foi, faire un acte officiel.
Voici le texte de la résolution qui a été adopté à cette réunion :
Proposé par M. Robert Rocher, et M Godfroy Langlois, secondé par MM. Joseph Fortier et Dr J.-L. Warren.
Résolu :
‘Que la Ligue proteste contre toute démarche qui a pu être faite dans le but de l'afilier à la Ligue francaise de l'Lnseigriement,
‘Que l'adhésion mentionnée au No 204 du Bulletin trimestriel de la Ligue française de l'Enseignement a été faite à l'insu de la Ligue de Montréal :
“Que cette adhésion, qui aurait été accordée sans avoir été recherchée, est refusée Téspectueusement par la Ligue de l'Enseilgnement de Montréal! :
‘Que le secrétaire-correspondant soit autorisé À s'enquérit des faits qui ont pu inc ire la Ligue française à s'afilier celle de Montréal :
‘Que M. Louis Herbette, de Paris, n'aété lié en aucune manière à la Ligue de l'Enseignement de Montréal :
‘Que copie des présentes soit adressée à la Ligue française de l'Enseignement, à M. Louis Herbette et à la presse cana-
dienne -française,
La Ligue canadienne de l'Enseignement a donc, une Lois encore, renié son affiliation à la Ligue française, et jeté notre oncle Herbette par-dessus bord !
Que Voltaire doit sourire !
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Rien de plus naturel, en effet, qu'un vaisseau qui se voit découvert par l'ennemi, jette à la mer une partie de sa cargaison, pour rendre sa course plus rapide et se sauver.
Pauvre oncle Herbette! s’il n'avait appris à nager à l’école de Jean Macé, il serait bien à plaindre, et il courrait fort le risque de boire plus d'eau salée, qu'il n'a jamais bu de champagne à la santé de ses neveux, et ne leur en a fait boire dans son beau château de Pornic !
Mais non, nous n'avons rien à craindre pour notre bon Oncle, car, en admettant qu'il n'en ait pas luimême suggéré l'idée et même la formule, ces désaveux de la Ligue lui seront au contraire une preuve qu'il a déjà réussi à décrasser, déniaiser et émanciper quelques-uns de ses neveux, (selon ses propres paroles),
Il n’en reste pas moins vrai pour tout cela, que les dénégations de la Ligue canadienne ne font que confirmer nos propres déclarations, chacune ‘de ses dénégations confirmant l'existence des documents : r lesquels repose toute notre étude sur cette Ligue,
En effet, dans Je Canada du 21 juillet 1903, M. Langlois reconnaît que 11 Correspondance hebdomadaire de la Ligue française annonce l'afiliation de la Ligue canadienne à celle de France.
Dans le Canada du 4 février 1904, M. Langlois, M. Rocher, M. Jos. Fortier et M. le Dr [-L. Warren, au nom de la Ligue, déclarent que : le No 204 du Bulletin trimestriel de la Ligue française de l'Enseignement confirme cette afhliation de la Ligue canadienne à la Ligue française.
Voilà, qui est aussi clair que catégorique, et qui prouvera, d'une manière indiscutable l'authenticité de ces documents
Comment donc les ligueurs peuvent-ils accuser, d'être de
mauvaise foi, ceux qui :.c publié ces documents, puisqu'ils en
reconnaissent eux-mêmes l'existence, et leur ont donné une publicité à laquelle nous ne pouvions atteindre ?
Le ton plus que hautain dont ces ligueurs se servent pour se justifier, ne les condamne-t-il pas davantage ?
Et maintenani, sommes-nous obligés de croire les déné-
gations de M, Langlois et compa;rnie, de préférence aux afhr-
mations réitérées des ligueurs de France ?
La Ligue de France n'ayant rien à craindre, et ne pensant pas que ses bulletins tomberaient aussi vite entre nos mains, pouvait parler franchement : c’est ce qu'elle a fait.
La Ligue canadienne, au contraire, a tout intérêt à cacher son origine, son esprit et son but, Il est donc tout naturel que, comme jadis Jean Macé niait l'origine maçonnique de sa Ligue, la Ligue canadienne nie son affiliation à la Ligue de Jean Macé,
Et même en y mettant toute notre bonne volonté, pourrions-nous croire, que la Ligue française ait annoncé que c'était M. Herbette qui avait fondé la Ligue canadienne. et qu'elle l'ait portée dans ses registres et lui ait fixé le No 2890, sans que celle-ci en ait eu connaissance ?
Allons! c'est plus que de la naïveté, c'est de l'absurdité ou plutôt du cynisme !
Non, ce n'est pas en accusant les autres de mauvaise foi, alors que l'on déclare soi-même l'authenticité de leurs preuves, que l’on fait valoir ses droits.
Pareille défense sent le Jean Macé à dix heues à la ronde et remet en mémoire ces paroles qu'il prononçait à Lille, au cinquième congrès de la Ligue (12, 13, 14, 15 avril 1885
‘Autrefois nous afirmions que la Ligue de l'Enseignement “n'était pas une société politique et religieuse, Aujourd'hui il ‘n'en est plus ainsi, Aujourd'hui il faut aflirmer que la Ligue
est une société maçonnique,
Ainsi fait, et fera, notre Ligue canadienne.
N'en déplaise donc au grand prophète G, Langlois, à tous ses désaveux, à tous ses reniements et à tous ceux de ses collègues, nous préférons les déclarations réitérées de la Ligue française; car, comme le dit M. Eugène Tavernier: «son triomphe lui a permis de se payer enfin le luxe de la franchise» ; ce que fera plus tard la Ligue canadienne,
Nous verrons d'ailleurs, dans les chapitres suivants, que non seulement la Ligue canadienne a pris le nom de la Ligne française, mais qu'elle en a aussi pris la chose.
Tressaillez donc, à mânes de Jean Macé !