‹ La Ligue de l'enseignement [microforme]Chapitre 17 sur 40 · LE: LÉ · texte numérisé non relu

LE: LÉ

AMEL:

lieu le 18 du même mois, sera présentée l'adhésion d’une nouvelle société portant le No. 2890 et désignée sous le nom de Cercle de la Ligue de l'Enseignement de Montréal, Canada.

Le Bulletin trimestriel de la Ligue française de l Enseignement, XXIIe année, No. 204, (janvier, février, mars 1903,) annonce en 12e page qu'à la séance du conseil général de la Ligue tenue le 18 décembre 1902, l'adhésion du cercle de la Ligue, de l'Enseignement de Montréal, Canada portant le No. 2890 a été acceptée.

La Correspondance hebdomadaire, citée plus haut, donne,

en troisième colonne, la note suivante:

“La LiGuE Au CANADA

«C'est grâce aux démarches de M. Herbette, membre du Conseil général, qu'un cercle de la Ligue a pu être constitué à Montréal. Nous nous félicitons de cette création et nous sommes convaincus que la section canadienne obtiendra bientôt d'excellents résultats!»

Nous le répétons, c'est le 19 juillet 1903, que ces documents révélateurs et accusateurs ont été publiés, pour la première fois, dans Je Rappel, de Montréal.

C'était alors qu'il fallait protester et désavouer !

Mais la Ligue a préféré garder le silence pendant plus de six mois ; car c'est «ces jours derniers,» nous dit le Canada du t février, que le bureau de direction s'est réuni pour protester et désavouer ! Trop tard! bien trop tard! Ces choses-là se font tout de suite, ou bien ne se font pas du tout.

En publiant cette délibération du bureau de direction, /e Canada, c'est-à-dire M. Langlois, l'a fait précéder des observa tions que voici:

« Le bureau de direction, de la Ligue de l'Enseignement s'est réuni ces jours derniers pour protester contre l'afhliation non

autorisée de cette société à la Ligve de l'Enseignement en

= — France et pour désavouer M. Herbette qui a fait cette démarche de son propre chef.

«Le bureau de direction n'avait pas jugé à propos de répondre aux attaques et aux dénonciations malveillantes de certains publicistes, convaincu que la dénégation formelle publiée il y a quelques mois dans Je Canada par M. G. Langlois, vice-président de la Ligue, aurait suffi pour mettre fin à cette légende. Mais comme certains individus croient devoir continuer à spéculer sur cet incident et faire des affirmations à l'encontre de cette dénégation, le bureau de direction a pensé qu'il valait mieux, devant tant de mauvaise foi, faire un acte officiel. »

Pourquoi parler de légende et de mauvaise foi !

L'accusation portée contre la Ligue de l'Enseignement de Montréal repose sur des documents dont la Ligue elle-même est obligée d'admettrel'authenticité! Il n’y a rien de la légende dans une affirmation basée sur de pareilles pièces; et la bonne foi de ceux qui, s'appuyant sur ces pièces authentiques, ont proclamé l'afiliation de la Ligue de Montréal à la Ligue française, est manifeste,

Pour détruire ces pièces authentiques, il aurait fallu immédiatement, autre chose qu'une simple dénégation vague de la part de M. Langlois qui n'était nullement autorisé à parler au nom de la Ligue,

Le bureau de direction, en face de ces documents authentiques et accusateurs, a gardé le silence pendant plus de six

mois, C'est trop tard, aujourd'hui, pour ce même bureau de

venir protester et désavouer, avec quelque chance d'être pris

au sérieux, Un silence de six mois en face de documents authentiques qui proclament l'afhliation de la Ligue à une société maçonni-

à L que de France!

Un silence de six mois! C'est un silence de plus d’un an qu'il faudrait dire.

En effet, la Ligue montréalaise a été fondée le 10 octobre 1902. Or, dès le 15 novembre de la même année, et plus d'une fois, subséquemment, la Vérité a invité, a engagé la Ligue de l'Enseignement de Montréal à déclarer si, oui ou non, elle avait quelque rapport avec la Ligue de L'Enseignement en France.

Les promoteurs de la Ligue de Montréal ne peuvent pas dire qu'il n'y avait pas lieu de s'occuper des écrits de Ja Vérité ; ils s'en sont occupés, à plusieurs reprises, et de diverses manières : ils s'en sont plaints; mais ils n'ont jamais répondu à notre question; ils n'ont jamais déclaré qu'il n'existait aucun lien entre leur société et la Ligue de France.

Si l'on avait été sincère, c'était alors que la Ligue de Montréal aurait protesté contre l'idée qu'elle pouvait avoir quelque rapport avec la Ligue de France; c'est alors qu'elle aurait désavoué toute intention d'en faire une succursale de la société maçonnique de là-bas.

N'étant pas sincère, désirant travailler dans l'ombre, voulant faire autant de dupes que possible, on a gardé le silence pendant plus d'un an. On n'a ni désavoué toute connivence avec la Ligue maçonnique de France, ni jugé prudent de se réclamer d'elle. Par cette manœuvre habile, on espérait, sans doute, conserver l'appui et les sympathies des frères et anis de là-bas, tout en évitant de se compromettre trop ici.

Aujourd'hui, on parle, parce que l'on constate que les affaires de la Ligue se gâtent. Le grand coryphée du /aïcisme, M. Martineau, vient d'être battu aux récentes élections municipales à Montréal. Il faut tenter un effort pour remettre la pauvre Ligue un peu sur pied. De là cette délibération du bureau de direction, venue plus d'un an trop tard pour que les gens sérieux puissent y attacher la moindre importance.

Non pas que nous soupçonnions tous les membres du bureau de direction d'avoir délibérément menti en votant cette «résolution.» Au contraire, nous sommes convaincu que

plusieurs d'entre eux n’ont réellement pas eu connaissance de

cette affiliation à la Ligue française,

Pour bien faire fonctionner les machines maçonniques du genre dela Ligue de l'Enseignement, il faut toujours un certain nombre de dupes. Plus il y en a, mieux ça marche.

Mais nous prétendons qu'il n'est pas raisonnable de croire que la Ligue française se soit affilié la Ligue de Montréal sans que celle-ci, par l'entremise de quelqu'un d'autorisé, en ait fait la demande,

Le secrétaire-correspondant de la Ligue de Montréal doit «s’enquérir des faits qui ont pu induire la Ligue française à s'afhlier celle de Montréal. »

Nous sommes prêt à parier que le dit secretaire-correspon-

dant ne fera pas part au public du résultat de ses recherches!

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