LA PATRIE ET L'ÉDUCATION
«Dans le fameux supplément dela Patrie, il ya un écrit sur l'instruction publique signé « PauL-G. MarTINEAU ». Nous ne connaissons pas M. Martineau; mais il nous paraît avoir des idées extrémement avancées, s’il faut en juger par la phrase suivante: (NON-SEULEMENT IL NOUS FAUT L'INSTRUCTION OBLI- GATOIRE, IL NOUS FAUT AUSSI L'INSTRUCTION GRATUITE.»
«Nous livrons cette phrase à l'Électeur, qui nous avouait naguère que l'instruction obligatoire donnée par l'État, est condamnée par l’Église. »
«Assurément notre confrère de la rue Saint-Joseph, l'Électeur, ne prétendra pas que M. Martineau parle d'une autre
instruction obligatoire que celle qui est donnée par l'État.
Nous l'invitons donc à nous dire ce qu'il pense de son ami de la Patrie.»
«Non seulement M. Martineau veut l'instruction obligatoire et gratuite, 1l la veut aussi /aïque; le mot n’y est pas tout à fait, mais la chose y est indubitablement. Il dit:
«Que nos législateurs oublient donc leurs querelles qui n'intéressent qu'eux seuls; qu'ils consacrent une partie de leur temps à étudier le système scolaire des pays étrangers; qu'ils dépensent moins d'argent en spéculations plus où moins honnêtes et qu'ils rétribuent davantage les instituteurs; qu'ils multiplient les écoles et s'assurent les services d'inspecteurs fidèles, capables et intelligents; et, si jene craignais d'aller trop loin, j'ajouterais que NOTRE SYSTÈME D'INSTRUCTION DEVRAIT ÊTRE LE MÊME DANS TOUTES LES PROVINCES ET SOUS UNE DIREC- TION UNIQUE ET COMMUNE.
«Comme nous ne pouvons espérer que les autres provinces changeront leur système d'éducation pour adopter le nôtre, il faut en conclure nécessairement que la « direction unique et
commune» après laquelle M. Martineau soupire, c’est la direction de l'Etat...n
Or, ce M. P.-G. Martineau, qui en 1882, demandait l'école GRATUITE, OBLIGATOIRE ET LAIQUE est-il autre que M. P.-G. Martineau inscrit parmi les membres du bureau de direction de la Ligue de l'Enseignement ?
Ce M. P.-G. Martineau est il autre que celui qui a été nommé par le gouvernement Marchand à la Commissic: ;Ccolaire CATHOLIQUE ?
N'est-ce pas le même M. P.-G. Martineau, qui demande actuellement à grands cris au moins la gratuité des livres, puisqu'ilne peut obtenirla gratuité complète ?
Ce