RIEN
Le peuple ne gagne plus rien, Les soldats ne combattent rien, La sainte Eglise n'a plus rien, Les hérétiques ne peuvent rien.
(1) Le Itoi de Navarre.
Le roi aussi n'entend à rien,
Le Guieard se trouble de rien, Les princes n'y perdront rien, Le cardinal est bon à rien, Le roi d'Espagne n'y aura rien.
Mais on ne peut pas tout citer.
L'édit de Nemours contenait une véritable déclaration d'hostilités ; la guerre reprit presque aussitôt avec l'aide des forces nouvelles que les deux partis venaient de recevoir.
Le roi, qui avait voulu s'y attribuer le beau rôle^ en sortit diminué. Joyeuse, son favori, s'était laissé attirer à Coutras et s'y était fait battre. Le duc de Guise, au contraire, avec une armée peu nombreuse, avait réussi cà diviser la troupe des reîtres allemands et l'avait décimée. En vers et en prose, on chanta sa gloire. C'était un second David, un nouveau Moïse, le libérateur des catholiques, la colonne et l'appui de la sainte Ligue. Alors que des libelles insidieux déversaient lo ridicule et le mépris sur la personne du roi et faisaient appel à la haine contie ses mignons, la chaire exaltait les vertus, même les miracles du nouveau Gédéon, du nouveau Macchabée, venu au monde pour le salut "du peuple. Quand il rentra dans Paris, contre la volonté du roi, le peuple, en délire, voulut le porter en triomphe.
Une telle poussée d'admiration commandée devait avoir sa conlre-parfie en satires et en pamphlets. Ils apparurent nombreux et violents; la haine du Balafré
unit pour un moment le parti de la Cour et celui des protestants. On l'injuria, on le conspua en français et eu latin, en prose comme en vers.