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LE SIAMOIS

nier également, le système des intonations joue un rôle capital ; il distingue, comme en chinois, des mots dont la prononciation serait absolument la même, bien que leur sens soit tout à fait différent. Les intonations annamites sont au nombre de six : ton aigu, fort difficile à décrire ; ton interrogatif ; ton ascendant ou remontant, assez peu différent du ton interrogatif ; ton descendant ; ton grave ; ton égal.

L'écriture annamite est figurative, c'est-à-dire idéographique, et a été empruntée anciennement aux Chinois ; elle a subi, d'ailleurs, des modifications sensibles, et par la suite des temps l'on y a joint de nouveaux signes.

La langue annamite, au surplus, a fait.au vocabulaire chinois des emprunts considérables, notamment au dialecte méridional ; ce fait a induit en erreur certains auteurs qui ont voulu comparer les deux idiomes et leur donner une origine commune. Le nombre, quel qu'il soit, de ces mots d'emprunt n'a rien à faire avec le fond même de la langue, avec ses racines propres ; celles-ci, fussentelles même beaucoup moins nombreuses encore, suffiraient à établir l'originalité incontestable et l'indépendance de la langue annamite.

§ 3. Le siamois.

Le siamois occupe la région située au nord du golfe de Siam, assez avant dans l'intérieur du pays, et la côte occidentale de ce golfe. A l'est, il confine au cambodgien, idiome bien peu connu ; à l'ouest, il confine au birman, qui, lui aussi, est une langue monosyllabique.

On peut consulter sur les limites du siamois la carte annexée par M- Cust à son ouvrage A Sketch of the modem Languages of the East Indies.

Le nom de siamois, ou thaï (ou taï), est propre à une certaine population, dont le nombre d'individus ne dépasse guère le chiffre de 2 millions ou 2 millions et demi. La ville principale de ce domaine est Bangkok. Mais à côté du siamois proprement dit, on peut placer certains autres idiomes formant avec lui une famille linguistique.

C'est d'abord la langue des Laos, sujets de Siam, habitant les rives du fleuve Mékong (au nord-est du siamois proprement dit), et dont le nombre est évalué approximativement à 1 million.

Plus au nord, la langue des Shans, qui a reçu de l'ouest l'influence du birman.

Le khamti est parlé plus au nord encore, tout à l'extrémité nord-orientale du territoire de langue hindoue (assami) et isolé de toutes parts d'avec les autres idiomes de la famille siamoise. Le territoire d'Assam a été envahi au treizième siècle par des conquérants siamois, mais ceux-ci y perdirent bientôt leur langue et adoptèrent celle du pays qu'ils occupaient, l'assaini.

On rattache également au siamois la langue des Miaotsé, qui habitent dans quelques régions montagneuses de la Chine méridionale (1).

La phonétique du siamois est des plus riches ; on y rencontre notamment un grand nombre de consonnes aspirées et de sifflantes. L'alphabet est d'origine hindoue.

Quant à la structure même de la langue, elle est franchement monosyllabique ; la racine' même constitue le mot. Les pronoms ne sont que des racines comme les autres, que l'usage affecte à leur rôle spécial. Il y a cinq tons différents, cinq façons d'accentuer les monosyllabes pour les diversifier. Comme en birman, comme en annamite, le système de numération est décimal.

(1) Edkins, The Miau-tsi tribes, Foochow, 1870.

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