‹ La littérature catholique et nationaleChapitre 94 sur 161 · Bibl. Nat. , fr · texte numérisé non relu

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5. Il ne faut pas oublier que ces niaiseries dangereuses se trouvent surtout dans nos chansons les moins antiques. C'est dans nos versions en prose qu'elles foisonnent le plus.

i82 l'idée religieuse

superstitions et d'erreurs dans notre poésie épique: ce sont les fausses légendes des premiers temps du christianisme, et notamment celles des Évangiles apocryphes. Un de ces prétendus miracles est celui qui est pieusement rappelé par Ogier dans sa prière avant la mort du géant Brehus... Les mages disent à Hérode que le roi des Juifs est né. Hérode leur montre un chapon qu'il se dispose à manger, et leur dit : « Je ne vous croirai point si ce chapon ne reprend ses plumes et ne va en chantant se remettre à sa perche. » Et voici qu'alors Dieu fit un grand miracle : le chapon reprit ses plumes et ses ailes. Il redevint vivant, s'élança hors du plat et s'en alla sur sa perche en chantant (^). »

A côté de ces superstitions qui nous paraissent, faut-il le dire, beaucoup moins dangereuses que les superstitions d'origine romaine ou celtique, il importe de signaler la place qu'occupent dans nos poèmes les vieilles traditions du magisme oriental étrangement mêlées avec les légendes celtiques ; la magie, puissance terrible, puissance occulte, puissance infernale, contre-partie du plan divin. Les magiciens sont presque aussi nombreux que les fées dans les Chansons de gestes : les uns et les autre n'apparaissent que dans les poèmes de la deuxième ou de la troisième époque. Le principal personnage de ye'//cï// é^fe Lanson est le magicien Basin de Gènes qui lutte avec un autre enchanteur du nom de Malaquin. Ce Malaquin fait tomber soudain les plus fortes armures et pénètre dans les places les mieux gardées. Il a l'audace de couper les grenons de Basin et d'escamoter les épées des douze pairs. Quant à Basin, il a un privilège qui lui est commun avec les mauvais livres : il endort. Il jette un sortilège sur son adversaire qui se croit transporté dans un palais enflammé : l'infortuné sent déjà le pétillement affreux de l'incendie qui le consume ; il va brûler, il brûle... mais ce n'est qu'un enchantement.

Orable, la fiancée de Thibaut l'Arabe, celle qui sera un jour, sous le nom de Guibourc la femme de Guillaume au court nez, est une magicienne aussi redoutable. Pour empêcher son mariage avec Thibaut, elle a recours aux plus bizarres

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