CHAPITRE TROISIÈME L'AVENIR
Il est naturel que l'on pense beaucoup à l'avenir pendant la guerre, puisque c'est en vue de l'avenir, pour assurer à ceux qui viendront après nous une vie libre et pacifique, que luttent les armées et que souffre la nation. Il est naturel aussi qu'au milieu des douleurs présentes, on souhaite les temps qui suivront la paix pleins de bonheur et de prospérité. Mais un traité de paix ne suffit pas à créer le bonheur : et en ce qui nous concerne, nous Français, « après avoir vaincu l'Allemagne, il nous faudra nous vaincre nous-mêmes », triompher de nos défauts d'avant la guerre et acquérir les qualités que nous négligions. On affirme cette nécessité en des ouvrages nombreux et divers : on a pu même juger ces productions trop nombreuses, et accuser ces abondantes paroles d'être nuisibles à l'action, par leur abondance même qui donne l'illusion d'agir. D'autre part, ces publications ne sont parfois que des œuvres de parti, où, sous couvert de préparer le bien de la France, l'auteur essaie de faire prévaloir exclusivement un système personnel ou les théories d'un groupe.
Remarque.
Lorsque l'on envisage l'avenir, on s'occupe peu de l'étranger ; après la guerre, chaque nation reprendra dans la paix sa vie individuelle. Dans les publications d'ensemble relatives à tel ou tel État,
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il est parfois fait une place à l'avenir *. Il en est de même dans les ouvrages relatifs aux nations que reconstituera le traité de paix : on y recherche ce que pourra être la vie indépendante des peuples jusqu'ici soumis au joug étranger ^.
La Belgique.
Les Wallons essaient de déterminer les conditions d'un avenir prospère pour leur pays reconstitué :
L'Avenir de la Belgique, par L. Dumont-Wilden. Revue bleue du 26 juin 191 5.
L'Armée belge et la neutralité de la Belgique, par Ë.
de Keyser. Mercure de France du i^"" mai 19 16.
Pour se garantir désormais contre l'Allemagne, la Belgique devra posséder une armée forte, et être unie par des alliances aux puissances occidentales.
La Belgique industrielle et commerciale de demain,
par Robert Billiard. Préface de Henri La Foxtaine. Paris, Berger-Levraull, ^91 5- In-8, xxiv-27é p. — 4 fr.
Cet important ouvrage documentaire expose de façon très complète, en tirant parti de l'exemple qu'a donné l'Allemagne, un plan de réorganisation économique pour la Belgique.
On affirme qu'une féconde union entre la France et la Belgique sera la conséquence de la guerre actuelle :
De l'avenir de la coopération franco-belge, par H. Joly.
Correspondant du 25 octobre 191 5.
1. Voir par exemple Lii Riissif et la guerre de M. G. Alcxinsky; Angleterre et France de Sir Thomas Barclay, etc.
2. Se reporter au chapitre précédent. — A signaler également un article anonyme paru dans la Revue de Parts du i$ janvier 1916 sur Visïam après la guerre (sur les directions que devra suivre l'cfFort français de colonisation en pays islamiques).