LA SERBIE
dications rivales, ont trouvé la sympathie la plus marquée, et ont mené, en vue de l'avenir, la propagande la plus active : ce fait se traduit, dans le domaine de la librairie, par une abondance particulière de brochures françaises sur les Serbes et les Slaves du Sud '.
Histoire des Serbes.
Il fallait, pour développer les sympathies françaises en faveur de la Serbie, faire mieux connaître au public l'histoire et l'état présent du peuple serbe. C'est à quoi s'est employé l'un de nos meilleurs historiens :
La Grande Serbie, parE. Dexis. Paris, Delagrave, 191 5. In-i6, xvi-336 p., avec 2 cartes. — 3 fr. 50.
(Bibliothèque d'histoire et de politique.)
Ce livre est une histoire complète de la « Grande Serbie », c'està-dire delà nation sud-slave et non simplement de l'Etatserbe, réduit jusqu'ici à des limites trop étroites. 11 comprend une introduction géographique et un précis historique, particulièrement développé pour la période contem{X)raine, à partir de 1870. L'exposé se poursuit jusqu'au mois de mai 1915 : l'auteur donne, des pourparlers austro-serbes, un récit où l'extrême mauvaise foi de l'Autriche est mise en évidence, et résume les événements militaires dont la Serbie fut le théâtre en 1914. Dans le dernier chapitre^ M. Denis fait siennes les revendications des Serbes : il demande une Croatie délivrée du joug autrichien, et l'attribution aux Slaves, de la côte orientale de l'Adriatique. Trieste est slave: un plébiscite devra décider de son sort.
Lorsque l'on organisa dans toute la France, pour le mois de mars 1915, une « journée serbe » dont le produit
I. Deux périodiques de langue française ont été fondés par des Serbes : La Nouvelle Serbie, hebdomadaire, paraissant à partir du i" mai 1916 (en français et en serbe); La Serbie, \\çhdom3.diire, paraissante partir du 7 mai 1916.
4l6 LA GUERRE EN ORIENT
devait venir en aide à la population décimée par le typhus, il fut décidé que des conférences seraient prononcées dans chaque ville, des leçons faites dans chaque école sur la Serbie et son histoire. M. Victor Bérard fut chargé d'élaborer le programme de ces conférences et de prononcer la principale d'entre elles, ce qui fut l'occasion d'un opuscule riche et précis :
La Serbie et son histoire. Les victoires serbes. Le peuple serbe, par Victor Bérard. Avant-propos de Milan. R. Vesnitch. PariSf Colin, 1915. In-18,48 p. — o fr. 50.
— Les conférences furent donc toutes prononcées suivant un même modèle; fort souvent, elles furent aussi éditées en des brochures qui se vendaient « au profit de la journée ». Nous connaissons environ une dizaine de ces brochures ; mais leur originalité n'est pas grande, et leur importance, toute relative, ne semble pas exiger une mention. Nous ferons exception pour la suivante :
La Serbie et la guerre européenne. Conférence, par Albert Mathiez. Besançon, impr. de Millot frères, 191 >. In-i6, 36 p. — o fr. 50.
(Conférence faite à l'Université de Besançon, le 15 avril 1915, à l'occasion de la Journée serbe.)
Les auteurs des autres conférences et opuscules sont : MM. A. de Beaucorps (Le Mans), A. Magron (Nancy), A. de Nesselrode, A. Uhry (Paris), etc.
Comparer :
L'héroïque Serbie, par Henri Lorin. Paris, Blotid et Gay, 191 5. In-i6, 40 p. — o fr. 60.
(Pages actuelles, n° 6.)
Conférence donnée au Théâtre français de Bordeaux, le 28 novembre 1914, sous les auspices du Journal des Débats.
D'autres publications de propagande serbe, parmi lesquelles La Yougoslavie de .\1. Pierre de Lanux, seront analysées au chapitre Prt/.v.