LA TURQUIE PENDANT I.A GUEKRK
Journal d'nn habitant de Constantinople, 1914-1915, par Emile Edwahds. Paris, Plon-Mourrit, 191 5. In-i6, 258 p. — 3 fr. 50.
C'est l'histoire d'un Français converti par imourà k religion de Mahomet- Il vit heureux auprès de sa femme turque : et lorsque la guerre éclate, le souvenir de la patrie n'est pas assez fort pour vaincre l'amour et l'habitude. Mais à la suite de tragiques aventures, la jeune femme meurt ; et son mari, que rien ne retient plus, parvient à regagner la Frauce. L'ouvrage donne un curieux tableau de r« état d'esprit » de la population turque, à Constantinople, pendant les premiers mois de la guerre.
Notes de M. le conseiller Fritz Klick sur la guerre en
Turquie, par Stéphane Petitnicolas. PrtriV, G. Crès, 1916.
In-8, V111-112 p., illustré. — 3 fr. 50.
Cet ouvrage humoristique est formé des lettres qu'on Allemand, qui réalise le parfait type du r< Boche », adresse i sa femme depuis Constantinople, où il a été envoyé officiellement, en compagnie de nombreux compatriotes, pour prendre possession de la nouvelle colonie. De pareilles lettres, si elles étaient réelles, seraient assnréraent fort piquantes. l'ictives, elles sont d'une ironie agréable, et il est henreusement tiré parti des ressources, qu'offrait un aussi divertissant sujet.
Grâce à son alliance avec la Turquie, l'Allemagne parachève son emprise, par le réseau de chemins de fer qui en avait été un premier instrument :
Les Voies ferrées en Âsie-Mineure et le Bagdad- Berlin,
par Sylvestre Mauperthuis (ancien agent consulaire de l rance en Syrie). Jji Science et la vie de février-mars 19 16.
— Voir au chapitre 2 de la l" partie (p. 86) l'indication de l'ouvrage antérieur à la guerre : Le clyemin de fer de Bagdad; et com^:iTCT, dans h Revue des dntx mondes dn 15 décembre 1915, Les chemins de fer balkanique!, par Henri Lorin.
L'Arménie pendant la guerre. Les massacres.
La guerre a en Arménie la plus terrible des répercussions : le gouvernement turc, pour supprimer la ques-
tion arménienne, décide d'exterminer les Arméniens soumis à son joug. Les massacres en masse qu'il provoque dans ce but soulèvent l'indignation universelle. Quelques textes français témoignent de l'émotion manifestée à l'étranger, soit en pays neutres, Etats-Unis et Suisse, soit en Angleterre :
Quelques documents sur le sort des Arméniens en 1915.
Genève, Société générale d'imprimerie, 1915. ln-8, 72 p. — ifr.
Publié par le Comité d'Union de secours aux Arméniens.
Rapport au comité américain de New-York sur les atrocités commises en Arménie. Traduit de l'anglais (octobre 1915). Paris, impr.deH. DurviUe, 1916. In-i6, 64 p.
Les Derniers massacres d'Arménie. Les responsabilités, par Herbert-Adams Gibbons. Traduit de l'anglais. Paris, Berger-Levraiill, 1916. In-ié,48 p. — o fr. 40.
(Pages d'histoire n°92.)
Court et vigoureux réquisitoire. L'auteur connaît l'Arménie, qu'il a habitée.
Les Massacres arméniens, par Arnold J. Toynbee. Préface de lord Bryce. Paris, Payot, 1916. In-i6, 158 p.
Cet ouvrage d'ensemble, précédé du discours prononcé par lord Bryce à la Chambre des Lords le 6 octobre 191 5, est publié par le service anglais de propagande. Il se fonde sur les récits des missionnaires allemands et neutres, les rapports des consuls, les lettres particulières, les dépositions recueillies par la commission américaine. 11 est riche en détails sur les épisodes les plus dramatiques. Il conclut que la Turquie a atteint son but, le seul espoir de la nation arménienne reposant sur les deux cent cinquante mille Arméniens qui ont pu franchir la frontière russe. Comme le précédent, ce livre conclut à la responsabilité de l'Allemagne, qui, si elle n'a pas provoqué le crime, a favorisé, par un consentement tacite, des mesures qui lui profitaient.
En France, où la sympathie pour l'Arménie est de tra-
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dition, l'émotion est considérable. Protestants et catholiques expriment toute leur pitié pour une nation chrétienne victime des infidèles :
L'Arménie, les massacres et la question d'Orient, par
Emile DouMERGUE. Paris, Foi et vie, 1916. ln-8. — 2 fr. 50.
Ce livre, écrit avec la collaboration de M. Macler, professeur d'arménien à l'Ecole des langues orientales vivantes, est un manuel d'ensemble sur la question arménienne ; il comprend des documents sur les derniers massacres et un dossier historique, géographique et économique.
Une victime du pangermanisme, rArménie martyre^
par l'abbé Eug. Griselle. Paris, Bloud et Gay, 19 16. In- 16, 128 p. — I fr. 20.
(Pages actuelles, n"' 83 et 84.)
Nombreux sont les opuscules, conférences, articles de documentation ou de protestation :
L'Arménie sous le joug turc (conférence), par Archag TcnoBANiAN. Allocution de M. Paul Doumer. Paris,
Plon-Noiirrit, 1915. In-i6, 40 p. — o fr. 25.
(Editions du Foyer.)
Le conférencier rappelle de façon générale toutes les souflfrances endurées sous la domination turque par ses compatriotes arméniens.
L'Arménie qui agonise, par Joanny Bricaud. PariSy Chacornac, 1916. In-i6. — o fr. 50.
Comparer :
Comment un drapeau sauva quatre mille Arméniens.
Paris, Fischhacher, 1916. In- 16, 15 p.
Récit du pasteur Dikran Andreasian.
L'auteur raconte l'histoire héroïque, à laquelle il a pris part, deshabitants des six villages de Mousa Dagh, montagne voisine d'Antioche. Ces Arméniens, décidant de résister à Tordre de bannissement proclamé le 15 juillet 191 5, se réfugièrent sur les hauteurs, combattirent contre les Turcs pendant cinquante-trois jours, furent enfin sauvés par le vaisseau français Guicben et transportés à Port- Saïd.
Articles.
L'Anéantissement de l'Arménie, par Louis Martin. Xoiivelle revue du i^"" novembre 191 5.
La Nouvelle question d'Arménie, par G. Lecarpentier. Revue des sciences politiques du 15 décembre 1915.
L'Effort arménien, par F. Macler. Revue hebdomadaire du 22 mai 1915.
L'auteur traite de « l'effort » des Arméniens en Turquie, en Russie, à l'étranger.
— Dans la même revue, le 15 mars 1916, voirie compte rendu d'une manifestation faite à la Sorbonne en faveur de rArmcnie,
Les Arméniens, par J. de Morgan. Revue de Paris du i^mai 1916.
Etude démographique ^
C'est sur l'Allemagne, toute-puissante en Turquie, que la plupart des écrits ci-dessus cités s'accordent à faire retomber la responsabilité des massacres officiellement organisés par les Turcs. L'accusation fait Tobjet systématique de la brochure qui suit :
La Suppression des Arméniens. Méthode allemande. Travail turc, par René Pinon. Paris, Perriu, 1916. In- 16, 75 p. — I fr.
Après avoir exposé les menées politiques des Allemands en Orient, et montré comment les Arméniais étaient un obstacle à ces menées, l'auteur donne les détails les plus précis sur l'odieux « travail » de massacre auquel se sont livrés en Arménie les Turcs, soumis aux ordres de rÂllemagne.
Les Opérations militaires contre la Turquie.
Le vaste empire ottoman doit faire face à la guerre sur quatre « fronts a dift'érents : Caucase, Mésopotamie,
r. Le journal Annmia^ organe de la colonie annénicnnc, paraissant à .Marseille en langue française, publie de nombreux documents sur les massacres.