LES EFFETS DU BLOCUS
Le Blocus et le commerce allemand, discours prononcé à la Chambre des Communes le 26 janvier 1916, par Sir Edward Grey. Paris, Payot, 1916. In-8, 36 p. — o fr. 20.
On considère le ravitaillement de l'Allemagne comme impossible ; la famine est prochaine ; l'Allemagne manquera de pain et de munitions ' :
Le Ravitaillement de 1" Allemagne, par J. Lescure.
Revue de Paris du i^"" février 19x5.
Le Ravitaillement de l'Allemagne, par G. Blondel. Nature du 18 septembre 191 5.
L'Allemagne et la famine, par Victor Boret. Nouvelle revue du i"' mars 191 5.
La Disette en Allemagne, par J. Lortel. Revue {Ancieune Revue des revues) du 15 juin-i'-''' juillet 191 5.
La Crise intérieure de l'Allemagne. Alimentation et q^uestions diverses, Correspoudiwt du 25 janvier 1916.
La Vie chère chez nos ennemis, par le \^'^ G. d'Avenel. Revue des deux luoudes du 15 mai 191 6.
Ce dernier article reconnaît que notre blocus provoque en Allemagne une simple gêne, et non la disette.
L'Allemagne manquera-t-elle de munitions ?, par L. de Launay. Revue des deux mondes du i^'' février 191 5.
Mais vers la fin de 191 5 une autre tendance se fait jour. Sans abandonner les prévisions optimistes, on cherche à savoir et à comprendre comment l'Allemagne a s'organise » pour résister aux difficultés que le blocus fait naître. Peu de temps après, on tirera de ces recherches un enseignement :
I. Nous relevons dans la Réforme économique du i"" janvier içi^ un article de M. J. Domergue : L Allemagne acculée dans trois mois à la capitulation !
50é LES EMPIRES CENTRAUX ET LA GUERRE
Les Effets du blocus économique de l'Allemagne. L'organisation du commerce et de l'industrie allemands pendant la guerre, par André-E. Sayous. Paris, Payot, 1915. In-ié, 147 p. — 2 fr. 50.
« Cette étude, dit l'Introduction, a pour but d'indiquer les principaux effets du blocus économique sur le commerce et l'industrie allemands ; de montrer quelles atteintes l'Allemagne a eu à supporter du fait des mesures prises par les Alliés pour l'isoler, et comment elle a organisé sa production, sa répartition et la défense de ses intérêts depuis le début d'août 1914. » Pour la seconde des deux questions, l'examen est de beaucoup plus développé. L'auteur passe en revue les multiples organisations officielles ou officieuses: Commissions, Comités, Ligues, Associations de toutes sortes qui ont été fondées dans un objet de réglementation '.
Comparer :
La Taxation des vivres en Allemagne d'après un auteur anglais, par E. d'EiCHTHAL. Revue des sciences politiques du 15 février 191 6.
A propos de la taxation des vivres en Allemagne, par A. -M. Revue des sciefices politiques du 15 avril 1916.
Les Prisonniers de guerre en Allemagne et en Autriche Hongrie.
Il n'existe pas d'ouvrage d'ensemble sur les camps de prisonniers dans les Empires centraux ^. Presque toute la littérature de langue française relative aux prisonniers de guerre est l'œuvre propre de ceux-ci. Les impressions de visiteurs, les études particulières sont l'exception :
1. L'ouvrage de l'Allemand Ch. Riesscr sur « la Conduite financière d'une guerre » est analysé dans notre Troisième Panie.
2. Voir au chapitre Coméqueuces présentes de la guerre les rapports du Comité international de la Croix-Rouge sur les camps de prisonniers.
Les Camps de prisonniers français, par Louise Weiss. Revue de Paris du 1 5 mai et du ler juin 191 5.
Recueil de documents sur « la vie sociale » dans les divers camps de prisonniers de guerre en Allemagne.
L'Esprit d'initiative chez nos prisonniers en Allemagne, par E. Beaupix. Correspotidant du 25 avril 1916.
En Autriche-Hongrie. Les camps de prisonniers et d'internés civils, par Gustave Krafft. Liiusanue, Rouge, 191 5. In-8, 1V-41 p. — o fr. 75.
L'auteur est « délègue pour la Suisse française » dans la « mission officielle des pays neutres ».
Le gouvernement britannique a publié divers rapports sur les épidémies de typhus qui, favorisées par une négligence criminelle, ravagèrent en 1915 les camps de prisonniers anglais en Allemagne. L'un de ces rapports a été traduit en français :
Rapport officiel sur l'épidémie de typhas an camp de Wittenberg. Londres, Darling et fils, 1916. In-ié, 30 p.
Rapport delà Commission instituée par le gouvernement britannique pour étudier le traitement des prisonniers de guerre britanniques par l'ennemi pendant le printemps et l'été de 191 5. (Signé du président de la commission, Mr. Younger.)
Il existe un recueil choisi des lettres de prisonniers en Allemagne :
En captivité ! La vie que nous y menons. Lettres et récits de soldats français, belges et anglais, prisonniers en Allemagne, recueillis par J. Montvert. Paris, Payot, 1915. In-ié, 158 p. avec fac-similé. — 2 fr.
Ce recueil, dont les matériaux ont été fournis presque exclusivement par la presse quotidienne, se compose de « lettres apportées en France par des évacués, de récits d'hommes libérés, et surtout de missives ayant échappé .i la censure allemande ». Ces documents, au nombre d'une cinquantaine, et dont la plupart sont fort courts, donnent des précisions surles mauvais traitements et les rationnements excessifs dont nos prisonniers sont victimes en Allemagne.
5o8 LES EMPIRES CENTRAUX ET LA GUERRE
Les mémoires de prisonniers, qui sont publiés en si grand nombre depuis la fin de 191 5, doivent être rangés en plusieurs catégories selon leur origine, — suivant qu'ils proviennent de Français ou d'étrangers, de militaires ou de civils, de « malades » ou de « grands blessés » :
1° Les soldats — combattants ou ambulanciers — qui ont subi dans les camps le régime commun, et qui ont été rapatriés, soit pour maladie, soit comme appartenant au personnel sanitaire :
Journal d'un simple soldat. Guerre. Captivité, 1914-15,
par Gaston Riou. Préface de Edouard Herriot. Dessins de Jean Hélès. Paris, Hachette, 1916. In-i6, xxvii-251 p. — 3 fr. 50.
Ce livre, cclcbre dès son apparition, est dû à un jeune écrivain dont un ouvrage précédent. Aux écoutes de la France qui vient, avait, à la veille du conflit, révélé le talent. Le Journal est présenté comme écrit en captivité, au Fort Off, près d'Ingolstadt, du 2 septembre 1914 au 51 juillet 1915. Les premières pages, qui forment Introduction, donnent les « Ressouvenirs d'un autre voyage» que l'auteur fit à travers l'Allemagne en 191 5. AL Riou — qui était infirmier sur le front — tantôt décrit et raconte la captivité, tantôt rappelle, d'après ses souvenirs personnels et les récits de ses compagnons, des épisodes de guerre. Ce qui fait la grande valeur de l'ouvrage est qu'il n'est point conçu comme un livre de circonstance, livre d'anecdotes ou de « révélations », mais que l'auteur, observateur perspicace et sympathiquedeceuxqui l'entourent — camarades français, soldats russes, gardiens allemands, « petit peuple » bavarois — sait pénétrer jusqu'au fond de ces âmes simples, et reconstituer, avec une grande intensité de vie, les épisodes où elles se révèlent dans leurs traits caractéristiques et essentiels.
Prisonnier de guerre. Notes et croquis rapportés d'Allemagne, par André Warxod. Paris, Fasquellc, 1915. In- 16, 188 p., avec 60 dessins de l'auteur. — 3 fr. 50.
L'auteur, qui appartenait au service sanitaire, fut iait prisonnier dans le Nord, et c'est au camp de Mcrseburg que s'écoula sa captivité. Ses souvenirs, qui furent parmi les premiers \ paraître, sont
écrits d'un style alerte, avec bonne humeur : ils forment un tableau instructif et pittoresque à la fois.
Le Livre des jours monotones. Pages de captivité, par
Jean Trarieux. Paris^ Êmile-Paiil^ 19 16. In- 16, 103 p. — 3 fr. 50.
C'est le 30 octobre 1914, à Vailly-sur-Aisne, que l'auteur a été fa't prisonnier, et au camp de Gùstrow, dans le Mecklembourg, qu'il a passé ses deux cent cinquante-deux jours d'exil, il ne cherche pas à faire un livre complet : ses notes, en prose et en vers, expriment, sods une forme fragmentaire, des vues morales et « philosophiques ».
— M. Renaud de La Frégeolièrb, pilote militaire, consacre à ses « Souvenirs de prisonnier » la seconde partie de son livre A tire d'ailes '. Fait prisonnier aux premiers jours d'octobre 1914, c'est en juillet 191 5 qu'il a été rapatrié comme malade. Ce qu'exprime de préférence son journal, écrit au camp de Merseburg, dans le? baraques ou à l'infirmerie, ce sont les impatiences des prisonniers devant la lenteur des journées de souffrance, les illusions de ces exilés qui s'obstinent à espérer, pour le mois qui suivra, la victoire et le retour au foyer.
De Longwy au camp de X. Souvenirs de guerre et de capiivité, 31 juillet 1914-24 juillet 1915, par A. X., instituteur. Naucy, Impr. Lorraine, 1916. In-8, 59 p., pi.
Déposition intéressante par son impartialité.
Prisonniers de guerre, par E. Zavie. Mercure de France du i^"" octobre, du i*^'' i-tovembre, du i^*" décembre et du T" janvier 1916.
L'auteur, infirmier, a vécu son exil dans le camp de Niedcrzwehren, près Cassel, lequel fut ravagé par le typhus.
Onze mois de captivité en Allemagne Souvenirs d'un ambulancier. Le sanatorium de Tannenberg. Le dépôt de Bautzen, par A. Augustin-Thierry. Revue des deux mondes des 15 février et i'='' mars 191e.
2^ Les prêtres, soit infirmiers militaires, soit ministres du culte dans les diocèses envahis, qui bénéficièrent du régime des officiers :