‹ La littérature française au 19e; tableau généralChapitre 38 sur 90 · SONNET · texte numérisé non relu

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Ma vie a son secret, mon âme a son mystère, Un amour éternel en un moment conçu.

Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire. Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas I j'aurai passé près d'elle inaperçu. Toujours à ses côtés et pourtant solitaire. Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre, N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre. Elle ira son chemin, distraite, et sans entendre Ce murmure d'amour élevé sur ses pas.

A l'austère devoir pieusement fidèle.

Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :

« Quelle est donc cette femme ?» et ne comprendra pas.

Aloysius Bertrand I807-I84I

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