‹ La littérature française au 19e; tableau généralChapitre 52 sur 90 · LA NOURRICE · texte numérisé non relu

LA NOURRICE

Lucrèce, écoutez-moi; car vous n'oubliez pas Que je vous ai longtemps portée entre mes bras : Votre mère mourut quand vous veniez de naître. Je vous donnai mon lait sur l'ordre de mon maître; Je ne vous quittai plus; je bénis le destin Lorsqu'il vous fit entrer au lit de Collatin. C'est pourquoi laissez-moi parler. — Que vos esclaves Filent pour votre époux les robes laticlaves , Je les ferai veiller jusqu'au chant de l'oiseau De qui la voix sacrée annonce un jour nouveau. Mais vous, ma chère enfant, suspendez votre tâche : Vous la reprendrez mieux après quelque relâche. Faut-il donc que vos yeux s'usent, toujours baissés, A suivre dans vos doigts le fil que vous tressez ? Pourquoi vous imposer tant de pénibles veilles ? Cherchez à vous distraire; imitez vos pareilles; Et que, de temps en temps, des danses, des concerts. Ramènent la gaîté dans vos foyers déserts.

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