‹ La littérature italienne d'aujourd'huiChapitre 1 sur 44 · La littérature italienne d'aujourd'hui · texte numérisé non relu

La littérature italienne d'aujourd'hui

La plupart des études recueillies dans ce livre ont f'tf' publit'os onlre le mois de décembre 1002 et le mois de iiov(>ml)ro !'.)().") dans le Journal des Dé/jals, la Ht'vitc, la lirrur li/rui', la licviie In/inc, la Hrnaissn/irr /a/inr. A dclautd»' mérites [)lus «'datants, elles représentent, du moins, une somme de lectures étendues et un elîort proloni^é d'impartiale critique. Je me plais à espérer qu'elles su|)porteront d'être réunies en volume. Les lettres italiennes comptent en pays français des amis dont le nombre augmente sans cesse. Un veut croire que ce petit livre sur un grand sujet leur sera de quelque utilité.

Je dois à mes confrères italiens une vive gratitude pour l'intérAt qu'ils ont marqué à mon entreprise. La Nuova Aiito/of/ia, le Marzocco, le Giornale (Vltalia, le FanfiiUa délia dnmenica^ d'autres encore, voulurent bien rendre leurs lecteurs attentifs à mes modestes travaux. A mesure qu'ils paraissaient, les chapitres de ce volume étaient analysés et commentés avec une extrême indulgence. Ces encouragements venus d'outre-monts

VIH PRÉFACE

m'ont été précieux. Je leur dois d'avoir poursuivi pendant quatre ans ces promenades en zigzag à travers le jardin lleuri et trop négligé de la littérature italienne contemporaine.

On l'a maintes fois observé et avec raison: l'Enrope n'eslime pas encore à sa jnste valeur la jeune nation italienne. Peu à peu, toutefois, sa fâcheuse ignorance se dissipe. Si fermés qu'ils soient — et de parti pris — a toutes impressions modernes, les touristes que la belle saison déchaîne à travers la péninsule n'ont pas pu ne pas voir la renaissance économique dont l'Italie est le théâtre — dans sa partie septentrionale surtout. Ne serait-ce qu'à constater d'année en année l'abaissement progressif du taux du change, ils ont compris que les finances italiennes allaient s'améliorant, que le commerce s'étendait, que l'industrie devenait plus prospère; mais ils continuent d'ignorer à peu près totalement les artistes, les savants, les poètes du (( hrl paese)), du beau pays où ils n'aperçoivent qu'un musée. Une demi-douzaine de noms et deux douzaines d'oeuvres, voilà tout ce que le public européen connaît des lettres italiennes de ce temps. Alors que la pensée d'Ibsen, de Tolstoï, de Kipling lui est familière, il n'a pas lu cinquante vers de Giosuè Carducci. C'est grand dommage, en vérité. Et j'aurais atteint mon but si je pouvais contribuer à faire mieux connaître, à faire rtiieux aimer la « littérature italienne d'aujourd'hui». Non point que je me laisse aller à

i'R[:face IX

surfaire l'objet principal i\o mes ('t iules pentlant les quati'e années écoulées. L'aniilié italienne ne m'emj)èehera point de eonsfaler qu'il s'est produit elle/ nos voisins d'onlre-nionts le même phénomène qu'en AlliMua^nc Dans ci'S deux pays, l'unité' |ttditi((n(' enlin cduquiM', l'unité- piditique si lavoralile à l'essor ctimmercial de Milan et de Gènes, de Berlin cl de llaniliourji', n'a pas j)rovoquc le renouveau littéraire souhaité et prévu. l*our ce (jui est de l'Italie, il semhle même que la réalisation de son unité lui ait nui iiilellecliicl- Icmciil en ce (|u'clle ahniil cette coniiiiiiii.nili' de pensi'e et d'ins[)iralion (|iii lit aux aiit<'iir> du risorf^i/itr/ili) wur âme identi(jiie, ardenimenl nalionale. Avouons-le, puis(ju'aii>>i hicii le> ltalieii> eiix-mêmi's en conviennent ; les contemporains nOntrien produit encore de comparable aux Fidiicrs d'Alessandro Man/oni et aux |)oèmes de (iiaconio Léo pardi.

Mais si les très grands auteurs font dédaut à l'Italie d(M'e temps, si le j:i^énie mênu' de M. d'Aiinuiizi(» j)arait à certains critiques contestable, quidle riche lloraison, en revanche, dans tous les domaines, d'o'uvres intéressantes et distinguées ! En Italie comme partout, sile génie souverain (!st rare, rintelligence avisée se manifeste aujourd'hui dans tous les genres... I/àmelittérairede l'Italie moderne est essentiellement lyrique. Sous ce rap[»ort et du consentement universel, la première place lui revient de droit. Depuis la mort de Victor Hugo,

Page 1