‹ La littérature SyriaqueChapitre 72 sur 214 · Syriac Literature, 2« éd., p. iOD · texte numérisé non relu

Syriac Literature, 2« éd., p. iOD

sie (ou Jean d'Éphèse) écrivit dans la seconde moitié du VP siècle. Jean avait divisé son ouvrage, comme il nous l'apprend lui-même, en trois parties : les deux premières, comprenant chacune six livres, s'étendaient depuis Jules César jusqu'à la VII® année de Justin II (572) ; la troisième partie, également en six livres, s'arrêtait à l'année 585. La vie de l'auteur ne dut pas se prolonger beaucoup après cette dernière année, car Jean était alors âgé de quatre-vingts ans.

La première partie est malheureusement perdue en entier. D'importants fragments de la seconde partie sont conservés dans deux ms. du Musée britannique, Add. 14647, daté de 688, et Add, 14650, daté de 875; ils ont été publiés par M. Land dans le deuxième volume de ses Anecdota syriaca^ p. 289-329 et 385-391, avec un petit fragment, p. 363, tiré du ms. Add, 12154. D'un autre côté, l'auteur de la chronique attribuée à Denys de Tellmahré déclarait avoir composé la troisième partie de son ouvrage avec la seconde partie de l'histoire de Jean d'Asie; mais on supposait que cette compilation postérieure ne fournirait rien de plus que les fragments conservés dans les ms. de Londres, et qu'il n'y avait aucun intérêt à éditer cette troisième partie de Denys. M. l'Abbé Nau a montré qu'il en était autrement, et il est arrivé à la conclusion que le Pseudo- Denys de Tellmahré avait transcrit littéralement dans sa compilation toute la seconde partie de Jean d'Asie dont on ne croyait posséder que des fragments. M. Nau a reconnu en effet que les fragments publiés par Land se retrouvent tout entiers dans cette compilation et en meilleur état ; il suppose que le surplus de la seconde partie de Jean y est également reproduit intégralement ^

i. Bulletin critique^ 35 août 1896; Journal asiatique^ 1896, 9« série,

La troisième partie de Thistoire de Jean d'Asie est conservée , avec de nombreuses et importantes lacunes/ dans le ms. Add. 14640, du VII* siècle et probablement de la même main que le ms. Add, 14647, qui renferme des fragments de la seconde partie. Cette troisième partie a été publiée par Cureton à Oxford en 1853, sous le titre de The third part of the ecclesiastical history of John bishop of Ephesus, Elle a été traduite en anglais par Payne Smith en 1860, et en allemand par Schœnfelder en 1862. Elle commence en 571 sous la persécution de Justin II contre les Monophysites. Jean, un ardent défenseur de la nouvelle secte jacobite , souffrit durement de cette persécution ; jeté en prison ou obligé de fuir de lieu en lieu et de se cacher , il écrivait à la hâte des feuillets de son histoire qu'il devait mettre en lieu sûr; de là le désordre qui règne dans cette composition et , sans doute aussi , un certain nombre des lacunes qui s'y rencontrent. L'auteur s'en excuse dans le chapitre 50 du second livre * : « Il arrive que des personnes instruites , en lisant ces histoires , blâment l'auteur au sujet de la confusion qui règne dans le récit d'un même événement, mêlé et dispersé dans plusieurs chapitres. Mais, à propos des chapitres exposés à ce blâme, il faut savoir que beaucoup d'articles ont été écrits au temps de la persécution et sous la contrainte de toutes les adversités. Les cahiers où se trouvaient ces articles devaient nécessairement être mis à l'abri avec d'autres papiers et livres dans différents endroits, et être cachés dans plusieurs lieux, parfois pendant deux ou trois ans. Lorsqu'il se présentait des faits dont

t. vni, p. 346 et suiv. ; Analyse des parties inédiles de la chronique attribuée à Denys de Tellmahré, 1898, extrait du Supplément de VOrient chrétien, 1897. Dans ce dernier travail, p. 33 et suiv., M. Nac a donné une analyse de la seconde partie de Jean d'Asie. 1. Éd. Cureton, p. 140.

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iU HISTOIRE GENERALE.

il voulait conserver par écrit la mémoire , et dont i! avait déjà fait mention dans des chapitres rédigés précédemment, l'auteur, n'ayant pas sous ses yeux ses premiers écrits , ne se rappelait pas en avoir déjà traité, et les rapportait de nouveau. Telle est la. cause de la répétition des mêmes faits dans plusieurs chapitres. Plus tard les loisirs ont manqué pour qu'il soit fait facilement et à Taise une harmonie des récits. » On peut attribuer aussi aux temps troublés dans lesquels Jean vivait, les défauts de composition, l'exubérance d'un style peu châtié , plein d'héllénismes et de mots grecs. Il faut ajouter que les différents livres n'ont pas été écrits d'une manière suivie selon l'ordre des faits, mais ils ont été composés de morceaux détachés réunis ensuite en un recueil ; les dates fournies par cette dernière partie sont ^ : 581 dans le ch. 39 du livre I ; 577 dans le ch. 15 du livre II ; 582 dans le ch. 22 du livre III; 575, 576, 580 et 585 dans les ch. 13, 19, 53 et 61 du livre IV; et 584 dans le ch. 25 du livre VI.

Les historiens trouveront dans ce qui nous reste de l'œuvre de Jean d'Asie des informations précises sur les crises que l'Eglise monophysite traversa pendant le VI® siècle. Jean se défend de partialité ; il se plaint amèrement , il est vrai , des souffrances endurées par ses coreligionnaires , tandis que les calamités qui assaillirent ses adversaires le laissent froid ou méritent son approbation . mais c'est un historien véridique et original , dont l'œuvre domine de haut les compilations historiques que la Syrie nous a laissées.

Les çles des Bienheureux orientaux écrites par Jean d'Asie et réunies par lui en un recueil vers 569 complètent r histoire ecclésiastique de cet auteur et offrent

1. Voir Land, Johannes Bischof von Ephesos^ der erste syrische Kirchenhisloriker, Leide, 1856, p. 82.

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un intérêt presque égal à celle-ci. Nous renvoyons le lecteur à ce que nous en ayons dit plus haut, p. 162.

Vers la même année (569), un Syrien jacobite rédigea une compilation historique dans laquelle il fit entrer une grande partie de l'histoire ecclésiastique que Zacharie le Rhéteur, évêque de Mitylène , composa vers le milieu du VP siècle et dont l'original grec est aujourd'hui perdu ^ . Cette compilation , divisée en douze livres , nous est parvenue dans un ms. du Musée britannique , Add, 17202, de la fin du VP siècle ou du commencement du VIP siècle. Dans ce ms. , les derniers chapitres du livre X et le livre XI entier manquent ; en outre le livre XII est incomplet au commencement et à la fin. Le texte syriaque a été édité, d'après ce ms. , par M. Land dans le troisième volume de ses Anecdota syriaca. L'histoire de Zacharie occupe dans la compilation syriaque les livres III-VI ; les autres livres I-II et VII-XII proviennent de différents sources. M. Land a donné dans l'introduction du troisième volume des Anecdota syriaca, p. xvii-xxiii, une brève analyse du contenu des chapitres de chaque livre. Nous lui empruntons quelques citations qui donneront une idée du genre de cette œuvre :

Livre I , ch. vi , Histoire de Joseph et Asenath (voir ci-dessus p. 92).

Livre I, ch. vu, Les actes de saint SHvestre, document important pour l'étude des actes légendaires de

1. Land, Anecdota syriaca^ ni, p. S, l.penulL; le compilateur ditqu*il a conduit son histoire jusqu'à l'année 880 (569 de J.-C). Land , ibid., p. xii, croyait que Zacharie écrivait avant 519, mais M. Nau, Journal asiatique, 1897, 9« série, t. IX, p. 527, a établi que l'histoire de Zacharie s'étendait au delà de 544. Land a le premier, dans Johannes Bischof von Ephesos, p. 35-37 , montré que cet ouvrage n'était pas l'histoire syriaque d'un Zacharie de Mélitène, comme Assémani et d'autres après lui l'admettaient, mais la version de l'histoire écrite en grec par Zacharie de Mitylène.

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saint Silvestre et du baptême de Constantin; les ms. grecs et latins qui renferment ces actes n'ont pas l'antiquité de la version syriaque. Cette version remonterait au moins au commencement du VP siècle si l'homélie syriaque sur le baptême de Constantin est réellement de Jacques de Saroug ^

Livre II, chap. 1, Les sept dormants d'Éphèse (voir ci-dessus, p. 147).

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