SAINT BRUNO
Raymond de Capoue, et lui-même par son dévouement à l'Eglise, par la réforme de l'Ordre, rayonne et sur l'Eglise et sur l'Ordre. Son action vivifiante a survécu à bien des désastres. Et chaque fois que l'on veut restaurer dans l'Ordre une discipline plus grave, c’est sur Raymond de Capoue que le regard se fixe.
Ame très pure, très humble, pénétrée de l’esprit de saint Dominique, Raymond de Capoue reste pour l'Ordre comme l’image fidèle du Patriarche des Prêcheurs. Il faut lui demander, comme on demande à saint Dominique, l’amour ardent de l'Eglise.
Saint Bruno, Fondateur des Chartreux, Confesseur.
MESSE : Os justi, p. [18].
Oraison : « Seigneur, faites que nous soyons secourus par les prières de saint Bruno, votre Confesseur, afin que, gravement coupables envers votre majesté, nous obtenions par ses mérites et son intercession, le pardon de nos fautes ».
Bruno est de Cologne. Il se rendit à Paris pour suivre les cours de l’université. Devenu un maître célèbre, il reçut de l’évêque de Reims, le titre de chanoine. A cette époque, les randonnées des étudiants, qui sillonnaient toutes les routes d'Europe, étaient l’occasion de former de nom-
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breuses amitiés entre écoliers et maîtres de tous les pays. On venait de Cologne à Paris, comme Bruno, et au lieu de rentrer chez soi, on devenait chanoine de Reims ou d’ailleurs. Mais Dieu l’appelait plus haut qu’une stalle de chanoïne.
Epris de solitude, désireux d’une vie chrétienne plus intense, Bruno laissa sa stalle de Reims et en compagnie de six de ses familiers il alla trouver l’évêque de Grenoble, saint Hugues. Il lui exposa son projet de se retirer dans la solitude et son espoir de la trouver dans les montagnes de son diocèse. L’évêque l’écouta, et subitement il se rappelle un songe qu’il avait eu la nuit précédente : sept étoiles tombant à ses pieds. Elles étaient devant lui: Bruno et ses six compagnons. Hugues leur donna pour résidence les montagnes appelées Chartreuses, où, dans une vallée, Bruno construisit son monastère. L’évêque l’y accompagna. C’est ce que l’on appelle la Grande-Chartreuse, où tant d’âmes, désireuses de Dieu, se sont sanctifiées depuis dans la prière et la pénitence.
Bruno ne put en jouir selon son gré. Le Pape Urbain Il, qui l’avait eu pour maître à Paris, l’appela auprès de lui à Rome. Mais l'amour de la vie solitaire avec Dieu l’emporta et malgré toutes les instances, malgré l’offre de l’archevêché de Reggio, Bruno, aussi pauvre et aussi simple qu’à son arrivée à la cour romaine, se retira dans les montagnes de la Calabre. I y vécut en ermite, jusqu’à ce que, trouvé dans une caverne par le Comte Roger de Calabre, il reçût de lui un monastère où il vécut avec de nouveaux disciples. Vie très sainte qu’il acheva dans la paix en ce même monastère.
Qui a compris Dieu ne veut plus que lui. Si